SCÈNE YI
M-^e GUILBERT, VALENTINE.
M'oe GUILBERT, OU foïid du théâtre.
Valentine !
VALENTINE, entendant sa voix.
Ah!...
M™" GUILBERT
Comme elle est émue! Qu'est-il donc arrivé? mon Dieu! quelle pâleur! Pour elle nos ennuis ne sont pas un malheur, Non, quelque autre chagrin la menace ou l'agite. Elle fuit mes regards... toujours... elle m'évite... Valentine !
VALENTIXE.
Ah ! c'est vous !... Je veux vous demander...
M™« GUILBERT
Eh bien ! parle ; est-ce moi qui dois t'intimider?
VALENTIXE.
J'ai déjà confié ce projet à mon père,
Et vous l'approuverez comme lui, je l'espère.
Nous voulons marier ma sœur...
M^e GUILBERT.
Si promptement!
Ah! vous vous passerez de mon consentement. Son absence aujourd'hui serait trop douloureuse.
valextint:.
J'ai le droit d'exiger que ma sœur soit heureuse.
M™e GUILBERT.
Envers-toi, Valentine, ai-je donc quelques torts?
valentine.
On se croit innocent quand on est sans remords.
M"'" GUILBERT
Si je te fais souffrir, ma fille, ose te plaindre, Ce n'est pas avec moi que tu peux te contraindre. Pourquoi trembler ainsi... pâlir à mon aspect? Parle, cette froideur...
Est encor du respect?
De mes ressentimens je crains la violence. Ah ! ne me forcez pas à rompre le silence.
M™'' GUILBERT
Je ne puis supporter cette position ;
Je demande, j'attends une explication :
D'où vient ce désespoir, cette parole amère?...
VALENTINE
Vous m'avez mariée à votre amant, ma mère; Vous-même avez formé cet indigne lien !
M™" GUILBEKT.
IMa fille, écoute-moi.