‹ L'école des marisChapitre 6 sur 60 · ARISTE, SGANARELLE, LÉONOR, LISETTE · texte numérisé non relu

ARISTE, SGANARELLE, LÉONOR, LISETTE

ARISTE. Je veux m'abandonner à la foi de ma femme,

Et prétends toujours vivre ainsi que j'ai vécu. SGANARELLE. Que j'aurai de plaisir quand il sera cocu! ARISTE. J'ignore pour quel sort mon astre m'a fait naître :

Mais je sais que pour vous, si vous manquez de l'être,

On ne vous en doit point imputer le défaut ;

Car vos soins pour cela font bien tout ce qu'il faut. SGANARELLE. Riez donc, beau rieur. Oh! que cela doit plaire

De voir un goguenard presque sexagénaire !

LÉONOR. Du sort dont vous parlez je le garantis, moi,

S'il faut que par l'hymen il reçoive ma foi ;

Il s'en peut assurer : mais sachez que mon âme

Ne répondrait de rien si j'étais votre femme. LISETTE. C'est conscience à ceux qui s'assurent en nous ;

Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous. SGANARELLE. Allez, langue maudite et des plus malapprises. ARISTE. Vous vous êtes, mon frère, attiré ces sottises.

Adieu. Changez d'humeur, et soyez averti

Que renfermer sa femme est un mauvais parti.

Je suis votre valet.

SGANARELLE. Je ne suis pas le vôtre.

Page 1