‹ L'école des ménages comédie en cinq actes, en versChapitre 12 sur 52 · F. VI HA · texte numérisé non relu

F. VI HA

Vraiment?

CÉCILE, «Vint pr«ndr« une ch,i>« prèv de U table, A* foui à droit* •L l'apportant prtndr U cbatM qui r*t A la d'vil* du U granit Mil*.

Car mon secret.

Si je le conservais longtemps, m'étoufferait.

EMMA, atili* prêt Un la |r»nii* table.

Eh bien?

CÉCILE, l'twiint.

Monsieur Oscar m'a fait des vers... il m’aime.

Il vient do me le dire, ù l’instant, ict-mème.

EMMA

Mais...

CÉCILE

Et je gage, moi, qu'avant qu’il soit demain,

A monsieur mon tuteur il demande ma inain!

Comprends-tu mou bon lieu r !.. Mariée !.. Ali! j’espère Qu’à t'établir cela fera songer tou père.

EMMA , nfCn dwA*. -

Moi?

CÉCILE

Vuiiuerais-lu pas sortir «le cet état Où toute peccadille est presque tin attentat?

Être un peu ta maîtresse, avoir le droit de lire

l'ont Walter Scott; pouvuir, quand on comprend, sourire;

Se serrer à sa puise... aller au bal... valser J...

— Ne pas étudier son piano' — casser,

Et, sans craindre un sermon , perdre une aiguille unique; Aller parfois ailleurs qu à l'Opera-Comique...

Sortir seule! ne pas su tenir «Iroite-.. et puis Savoir les vérités qu'on cache au fond du puits!

Cela ne te dit rien?

EMMA

Non!... car elle est bien douce i.a mute où mon pied trouve un lit profond de mousse, Et j'aime à parcourir ces faciles chemins Où nos parents, pour nou-, ont déchiré leurs mains;

Ils ont tout prévu... tout «•onrourt à ce bien-être Qu'ils ont rêvé longtemps avant de nous connaître,

El, quand nous arrivons, exigeants, morfondus,

T« ui ost prêt, comme pour des bêles attendus.

Nous n'uvons qui« jouir. — î>i, plus lard, leur tutelle Semble peser sur nous pour quelque bigptetli.

C'est qu'ils songent au point d'où nous sommes partis: Quoique grands, nous restons, pour eux, toujours petits.

(rjl«* •* la»**l loo;et (Sms.)

CÉCILE

Donc, comme Cendrillon, mal mise et mal coiffée.

Ton «vis est qu’il faut attendre qu’une fée,

En touchant notre front du sa baguette d’or.

Nous fasse rencontrer un prince MirliOor?

CÉCILE

Cependant, si moi, te me marie, Pourquoi n’irions-nous nas ensemble & la mairie? — Tiens... monsieuf Anrieu...

EMMA, innbUa. -

Lui?...

CÉCILE

J’ai pensé souvent

Que tu l'épouserais, en sortant du couvent;

Et, toi-même, une fois...

EMMA, Ire»— robarretaX*.

Moi? ., mais, quelle chimère!..

Mon Dieu, je m'en remets i\ mon père, h ma mère. CÉCILE.

Oh! ta mère... est bien bonne,! coup sûr... mais j*vurquoi N est-elle pus plus douce cl plus tendre avec toi?

C’est sou humeur... chacun a la sienne.

CÉCILE

Sans doute.

Oui... mais au lieu d'aimer les gens, on les redoute.

EMMA-

Oh! ne dis pas cela... Depuis quelque temps, j'ai Démarqué, qu’avec moi , son air était changé:

Elle m a, ce malin, tendrement embrassée.

Et j'ai senti ma main par la sienne pressée.

CÉCILE

C’est tout simple.

EMMA

C'était pour la première fois Depuis l'âge où je lia ma communion.

CÉCILE

Vois!

Hein! quelle différence avec ton père!

EMMA

Écoute,

A prondïicor entre etix, crois le bien... il mon coûte!... C’est un amour égal qu’à tous denx je devrais,

Et je me gronde assez du mes penchants secrets...

Je trouverais si bon de les traiter de même,

, Et de dire, tout liant, à ma mère; « Je t aime! »

Ne le semble-t-il pas que ce serait bien doux Ces longs épanchements que je rêve entre nous?

Au couvent, lu le sais, je n'ai guère «I amies,

Si bien que mon esprit fait des économies :

J’ai lè mille «mets, mille riens Importants,

Et je dis J» mon cœur qui veut parler . « Attends! »

Il se tait... je souris... mais cela n’est qu'un leurre: Aussitôt que je suis toute seule... je pleure!

CÉCILE

Emma!...

EMMA

Que je vomirais, mon Dieu, MVoiv j>ouiqiioi Cette froideur existe entre rna mère et moi !

Suis-je un de ces enfants «lent la triste nature,

Pour l'orgueil maternel, devient une torture?

Suis-je... laide?... voyons, dis-le-moi franchement. CÉCILE.

Demande à ton miroir.

EMMA

Je le crois, par moment.

Ai-je l’esprit... tardif?... suis-je sotte?... vulgaire? . Dis-moi tous mes défauts, je leur ferai la guerre.

Mai* à quoi bon ?... tien*... va,croin-rool, n en parlons plus, Tous mes efforts seraient sans «toute superflu*,

El' * ■••‘N « iVlIlé r» <*f lire.

Maman ne m'aime pas : c’ist une antipathie huit rite n'a jamais triomphé qu en partie.

Dieu souvent, je l’ai vue , elle seinblait chercher l u prétexte, un lien qui pût nous rapprocher :

Elle venait à moi; vive, joyeuse, alerte,

J attendais un baiser de si» bouche entr’ou verte;

Mais soudain , sou regard reprenait s» froideur,

Su bouche, te dédain; son maintien, la raideur;

Quelque parole alors tentenu'iit prononcée Tombait sur moi, pareille h la brume glacée,

El je vovais s'enfuir, comme un rêve charmant,

L'autre figure d'auge entrevue un moment.

CECILE, «p»ic«v»al Mêlants.

Chut! U mère!...

Eli; KKfJii » i t«m?ol .«'Emou el »» prnn Ire an livre wr ta tabU è iretre .

EMMA, A pari y .* tomt.

Aurait-elle entendu?

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