‹ L'école des ménages comédie en cinq actes, en versChapitre 42 sur 52 · DURAND, MÉLANIE, ADRIEN · texte numérisé non relu

DURAND, MÉLANIE, ADRIEN

ADRIEN, «-utroot par le fool, k Mrltnte.

Je pensais vous trouver seule... car il faudrait Que ce dont nous avons à causer fût secret.

MELANIE.

Non.... et n’espérez pas qu’en cela je transige : Vous craignez un témoin, eh bien! moi, je l’exige. Afin qu'il soit loyal et sacré le contrat Qui de notre entretien, monsieur, résultera.

ADRIEN, fa».

Songez donc....

MÉLANIE

Ah! voilà le moment difficile; Votre orgueil, à son tour, vh faire l'indocile,

Et n’acceptera pas, sans un cruel émoi.

Celte expiation que j’ai soufferte, moi.

Ah ! c’est que vous croyez qu’une faute se cache. Qu’on porte inaperçue, h l’honneur, une tache,

Et au'on voit, traversant le monde impunément, La femme mariée au bras de son amant.

Jusqu'à l'heure où la mère, en elle, se réveille Pour donner à sa fille un amant de la veille.

ADRIEN

Mais....

MÉLANIE

Oui... cela se voit.... et l'on trouve des gens Faibles ou vils au point de rester indulgents;

Mais s'il est, par malheur, des impudiques mères Qui boivent, sans dégoût, à ces coupes amères.

Il en est qui, prenant comme gage un témoin,

Sur la pente diront : * Je n'irai pas plus loin! i*

Si donc, en votre cœur, que je croyais connaître,

Le projet insensé que j’apprends a pu naître;

Si, voulant vous venger de moi, vous avez dit : - « Je l i prendrai sa fille! »

ADRIEN

Oh!

MÉLANIE

Lo crime est hardi.

J’en conviens... Mais un trait semblable... il faut qu’il lue S’il Messe seulement.... un instant abattue,

La mère se relève, et, plus forte, défend Le seul bien qui lui reste au inonde: son enfant!

C’est à vous maintenant de voir si celle lutte Entre nous deux, monsieur, vous plaît ou vous rebute. Au-devant du danger, moi, femme, j’ai couru,...

Que ferez-vous?... Parlez....

ADRIEN

Ainsi, vous l'avez cru?

Vous m’avez supposé celle pensée impie?

Ah ! vous avez raison, toute faute s’expie!

En mon honneur, à moi, pouvait-on se fier?

Non ! — El je suis contra ml à me justifier.

Mais je lie m'en plains pas.... vos souffrances sont telle» Que uics propres douleurs se taisent devant elles.

MELANIE.

Vous ne me trompez pas? . cela n’est (tas un jeu.

Et voue me le jurez devant Dieu?

L'ECOLE DLS MENACES.

ADRIEN

Devant Dieu!

■t la tue.

Cli' pardon... J'ai pu croire... ch bien! oui... jetais lotie. Mais il ne m'a fallu de vous qu’une pirotc.

— Je suis brisée !...

DURAND, la Mnttnael «t U fal«anl ««voir à (»Kbe.

Hélas! tout est encor péril,

Et vous aurez besoin d’un courage viril :

Tour un danger de moins, que d’autres vont renaître!

MÊLA N 1 E , «B r.jrk’.

Lesquels?

DURAND

A Dubuisson , moins docile peut-être,

De quel air ferez-vous admettre ce refus Sans que la vérité parle en vos yeux confus?

MÊLA NIC

Oui, ce 1 , le tâcte est rude !

DURAND

Ob! je sais qu’il en coûte!...

Mais sengez aux malheurs que feraient naître un doute.

A A*rl«.

Aussi, ne laissez pas grandir chez Dubuisson Un espoir qui déçu, deviendrait un soupçon.

A N«i»ie.

Et vous, auprès d'Emma...

MÉLAME, ip«n«(nt tmmi.

Dieu! c’est elle.»

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