ACTE IV, SCÈNE I
HORTENSE
Voilà le dernier coup qui m’était réservé.
Madame SINCLAIR.
Quand on part de bonne heure , on passe , on se faufde ; Mais avec sa voiture , engagé dans la file ,
On gèle, on se dépite, et l’on n’avance pas.;
Peut-être dans la rue est-il encore au pas ?
HORTENSE
Fatigué, malheureux, après un long voyage...
Chaque mot que j’entends me fait perdre courage.
A travers ce chaos que l’on appelle un bal ^
Il va pour nous trouver se donner tant de mal !
Rencontrant dans la foule obstacle sur obstacle
Madame SINCLAIR.
Oui , l’on étouffe un peu , mais c’est un beau spectacle ! Il ne le connaît point ; ma fille , espérons mieux,
Le plaisir qu’il aura va t’absoudre à ses yeux.
HORTENSE
Je le voudrais.
Dis donc , as-tu vu la princesse ,
Et ce vieux chevalier qu’on nous vantait sans cesse? J’avais fait dans ma tète, et je voulais lancer
n4 L’ÉCOLE DES VIEILLARDS,
Deux ou trois petits mots que je n’ai pu placer. Personne....
HORTENSE
Je le vois , le Duc est seul coupable.
Madame SINCLAIR.
11 ne t’a pas quittée.
HORTENSE
11 est pourtant aimable.
Madame SINCLAIR.
Le ministre t’a fait un excellent accueil;
Tu n’as pas remarqué qu’il nous suivait de l’œil? HORTENSE.
Si fait.
Madame SINCLAIR.
Avec mystère il semblait nous sourire.
Je le sais.
Madame SINCLAIR.
A Danvillc, ô Dieu ! s’il allait dire...
HORTENSE
Qu’il est nommé?... mais non, non, je ne croîs plus rien. Le Duc pour m’entraîner a saisi ce moyen.
Danville est là sans guide ; il ne connaît personne ;
Kl comment voulez-vous, mon Dieu, qu’on l’y soupçonne?