‹ L'école historique de Jérome Bolsec (volume 2)Chapitre 4 sur 5 · LA COLLECTION GALIFFE. DD · texte numérisé non relu

LA COLLECTION GALIFFE. DD

du duc de Savoye, pour les ambassadeurs de l'évêque et de la ville de Genève envoyés à Berne et à Fribourg ; scelle de leurs sceaux, le 6 fevrier 1526.

— Deux reçus de la main de Théodore de Bèze ; avec sa signature du 20 décembre 1563 et du 3 avril 1577, le premier de 100 florins (1,200 francs) pour un quartier de ses gages ainsi augmentés après la mort de Calvin.

— Un recu de la main et avec la signature de Mathurin Cordier, grand ami de Calvin avec lequel il avoit ête expulse et qui le ramena à Genève où il fut régent au collège ; 21 décembre 1563.

— Lettre de Jean Bohain, médecin, zelé protestant, à un de ses amis, le sire Vincent M. à Genève, datée de Basle ; le 19 janvier 1558.

— Deux recus du ministre Mathieu Malisié, 1546.

— Lettre de Claude Bernard, un des premiers et des plus fougueux protestants calvinistes, à Genève vers 1536 à 40.

— Reçu du ministre Michel Cop; 1555.

— Deux lignes et la signature d'Amy Perrin, le plus zelé des partisans de Calvin qui lui dut son rappel, et dont il fut ensuite l'une des victimes, pour n'avoir pas voulu lui sacrifier sa femme et sa famille.

— Long mémoire du célèbre imprimeur Robert Estienne, grand ami de Calvin, pour faire inquieter un rival, Nicolas Barbier et Thomas Courteau ; 1558.

— Deposition de Conrad Badius, autre célèbre imprimeur, contre un protonotaire apostolique non-nommé, parlant d'un évêque de la maison de Bonnivet ; 1551.

— Lettre de C. Morel, autre imprimeur à Basle, à Rene Haudouin, imprimeur à Genève, demandant des nouvelles des tmprimeurs et d'une abbesse de Vitry, refugiée à Genève avec trois de ses religieuses dont il voudrait épouser l'une sans les avoir vues. Il y parle du docteur Boin (Bohain) ; donc ce doit être vers 1555.

— Déposition de Benoit Tixier, espion de Calvin, contre Henry de la Mar, ministre, qui lui avait dit que Calvin étoit un peu bien sujet à ses affections, homime impatient, haineux et vindicatif : Quand il a la dent sur quelqu'un, ce n’est jamais fait. Déjà quand il demeuroit à Strasbourg, il en fut repris, même quand il vint demeurer en cette ville; aucuns de ses amis le prièrent de se déporter de telles affections et lui dirent que s’il vouloit continuer en cela, il ne lui en prendroit pas comme à Strasbourg, vu la nature du peuple avec qui il avoit à demeurer. — Calvin n’eut point de repos qu'il n’eût fait casser et chasser ce ministre ; 1546 (Voyez Notices généal.).

— Déposition de Jean du Perril, ministre, contre un de ses paroïssiens qui ne vouloit pas assister à ses sermons.

— Deux écrits de la main du malheureux Jaques Gruet, citoyen de Genève, torturé soir et matin et enfin décapité en 1547 pour son opposition aux ministres et surtout à Calvin. L'histoire de ce procès est insérée dans Particle Gruet, au 3me vol. des Not. généalogiques.

— Déposition de Jean Porral, secretaire du Consistoire à Genève, sur la découverte d'un manuscrit de ce même Gruet, trois ans après sa mort. Calvin le fit brûler par la main du bourreau. J'ai l'avis qu'il donna à ce sujet de sa propre main au Conseil (1550).

— Lettre contenant une profession de foi écrite et signée par Jean Paul d'Alciat, célèbre protestant que Calvin voulait faire perir comme Servet, et qui se sauva par la fuite. I avait prié Te procureur général de la présenter de sa part au Conseil; mais celui-ci n'osa le faire. La profession de foi n’y est pas. ; 1559.

— Profession de foi du célèbre Valentin Gentilis sur la Trinité. Calvin le poursuivit à mort (le tout de sa main) ; 1558.

— Lettre de Pierre Vandel, l'un des premiers et des plus puissants sectateurs et appuis de Calvin à Genève ; poursuivi à mort par lui et sauvé par la fuite.

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— Avis juridique sur le procès intenté à Toussaint Heu pour avoir cité l'Ecri-

ture contre le dogme de la prédestination, approuvé les'livres de Castillon et blämé ceux de Calvin. I fut condamné à faire réparation, en chemise, la torche au poing et banni à perpétuité sous peine de la potence en 4558. Le procès entier existe.

— Supplication des frères Bandières, dont le père avait été l'un des plus fermes appuis de Calvin à Genève, et de leur sœur, fenvme de François-Daniel Berthelier en faveur de celui-ci. I fut exécuté en 1555, sous prétexte d’une sédition entreprise pour empêcher l'admission illimitée de nouveaux bourgeois, mais de fait comme frère de Philibert Berthelier, contre lequel Calvin nourrissait la haine la plus implacable et qui ne se sauva que par la fuite, quoique fils de ce Philibert Berthelier qui avait péri sur l’échafaud pour l'indépendance de Genève.

— Pièces relatives à la détention arbitraire d'un jeune orphelin Anglois, de l'illustre

famille de Stafford, réclamé par sa famille et par sa mère et refusé par Calvin sous prétexte qu'étant son parrain il avoit à répondre de son instruction religieuse. Ces pièces sont :

10 La supplique signée par Sir Wülliam Stafford, en vertu de laquelle il fut reçu habitant le 9 mars 1555.

20 Lettre de Robert Stafford, frère du défunt, au conseiller Louis Franc, menaçant de représailles.

30 Lettre de la veuve au Conseil, appostillée au dos avec l'opposition de Calvin.

Lo Déposition de quatre calvinistes Anglois : Thomas Lover, William Whitingham, Tho. Wood et Christophe Goodman, certifiant que le défunt voulait que sa famille restüt à Genève.

— Lettre de Franc. Champion, seigneur de la Bastie, à un Mr Dupuis, prisonnier à Genève vers 1540 ; de la famille de l'évêque Antoine Champion.

— Letire du seigneur d'Avully, de la famille de St-Michel, au baron d'Hermance, gouverneur de Chablais, alors prisonnier à Genève.

— Lettre de Pierre de la Baume, dernier évêque de Genève, ensuite archevêque de Bezançon et Cardinal, mais alors seulement abbé de St-Claude, à la duchesse de Savoye, concernant un Genevois qui menaçait la Savoye ; 1496.

— Proclamation et excommunication contre les premiers protestants luthériens par ordre du dit comme évêque ; 1535.

— Deux brouillons de lettres écrites par le baron d'Hermance pendant sa captivité à Genève, au seigneur d'Avully son beau-frère ; l'une sur une lettre du président Lambert.

— Lettre d'Etienne Dada, un des auteurs de l'indépendance Genevoise, contenant des nouvelles de Berne et de Fribourg ; 1538.

— Billet à ordre de la main de Bezançon Hugues, chef des indépendants genevois et nommé en Suisse le père de la Patrie ; signé par lui et par Jean Baux, son beau-frère et coopérateur pour les besoins de la ville. l

— Lettre du fameux Guy Furbity, moine qui préchait contre la réformation à Genève et qui y.fut emprisonné à la demande des Bernois pour avoir mal parlé des Suisses.

— Lettre de Nicot de Prato (du Prat) procureur fiscal du dernier évêque et l'un des plus ardents catholiques à Genève ; 1535.

— Lettre du chanoine Guillaume de Vegio, aussi zélé pour le parti ducal et catholique, au chapitre de Genève ; 1535.

— Lettre de Michel Guilliet, seigneur de Monthouz, chef du même parti et conseiller de la ville.

— Reçu de Pierre de Moreys, écuyer de cuisine de l'évêque Jean de Savoye; 1517.

— Avis pour prendre un voleur, par le docteur Grossi (Gros), fameux dans l'his”

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toire de Genève par une plaisanterie faite sur sa mule morte, ayant occasionné la révolution.

— Lettre de Jean de Chalon, prince d'Orange à la duchesse-régente de Savoye, sur le fait de ce Genevois Louis Festi qui s'était retiré en Bourgogne et menaçoit la Savoye d'œuvres de fait.

— Lettres d'Ami Girard, trésorier de la ville de Genève dès 152%, envoyé à Fribourg pour pousser les Fribourgeois à la querre contre le duc de Savoye. Ce fut l’un des principaux fondateurs de l'indépendance genevoise, et ces lettres contiennent des détails fort curieux; elles sont adressées à Robert Vandel, secrétaire de l’évêque Pierre de la Baume sur lequel on comptait encore pour maintenir l'alliance avec les Suisses ; 1527 à 1530.

— Lettre au dit Vandel par Michel Sept, l'un des premiers protestants et des plus zélés Calvinistes dans la suite, mais dont les fils n’en furent pas moins au nombre des victimes de Calvin. La lettre est relative à un procès entre particuliers ; 1529.

— Lettre au dit Vandel par Claude Savoye ; aussi l’un des premiers et des plus zélés Calvinistes qui fut même fortement vexé pour la cause de Calvin, étant soupçonné de vouloir livrer la ville aux Français.

— Reçu de Jean Balard, auteur d'une Chronique inédite, et l'un des premiers protestants ; 1540.

— Lettre à Robert Vandel de son frère Thomas, prêtre, qui fut des premiers Lutheriens vers 1528. Elle parle d’une négociation de Bonivard avec Ducis, agent du duc de Savoye, pour son prieuré de St-Victor.

— Lettre de Jean de la Maisonneuve à son père Baudichon de la Maisonneuve, ardent protestant et d'un très mauvais caractère ; relative à des achats de bled en Auvergne et ailleurs pour le compte de la ville de Genève. La lettre contient des nouvelles du temps ; 24 mars 1544. Jean de la Maisonneuve fut un des plus zélés satellites de Calvin et détesté des Genevois qu’il contribua puissamment à lui soumettre.

— Avis juridique de l'avocat Colladon (Germain) et de son collègue Spifame: recommandant de torturer des Genevois jusqu'à ce qu'ils confessent une prétendue conspiration contre les François. Notez ces paroles : « Torturer l’un pour le faire accuser l’autre, afin qu'il y ait plus grande occasion de réitérer la torture qui avoit été commencée contre Levet, et sera bon de les avertir qu'ils ne s’assurent point d'échapper sous ombre de soutenir jusques à trois estrapades ; car vu les charges et grandes souspecions qui sont contre eux sera passé outre, jusqu'à ce qu'ils confessent vérité ; » 1555.

— Lettre adressée au syndic Girardin de la Rive par Franç. Chevallier, satellite de Calvin dont il servit toutes les entreprises contre Genève, sa patrie.

— Obligation de l'évêque Jean de Savoye, avec sa signature. Ce fut ce prélat sanguinaire qui fit assassiner juridiquement plusieurs Genevois, entre autres Navis, Blanchet et Berthellier.

— Différents reçus de quelques-uns de ses pensionnaires: entre autres de Guicharde Chavanel, hotesse du Bœuf pour le logement d'un des commissaires amenes pour juger Berthellier, et un autre de Guillaume de Maubec, chanoine et reférendaire de Vienne en Dauphiné, rempli de fautes de grammaire latine ; 1518.

— Partage d'une somme entre les chanoines de St-Pierre de Genève, tous signés au nombre de seize ; 1506.

— Reçu du chanoine L. de Arlo; 1518.

— Mandat d'arrestation lancé contre Philibert Bertellier par l'évêque Jean de Savoye, daté de son château de Jussy, 28 juillet A517, et signé par son vicaire Pierre Gruet.

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— Reçus de Guillaume Duduc, principal agent de :Savoye à Genève de 1518 à 1530, et du secrétaire Albaleste.

— Quatre lettres de quatre ministres collèques de Calvin : Joachim de Coignac, Jean Pinault, Mathieu de Genestons et Antoine Champereau ; 1545 à 1558. — La première, adressée au ministre Raimond Chauvet, au sujet d’un garçon et d’une fille; la seconde relative à l’effroyable usure d’un particulier; la troisième relative à un suicide, et la quatrième à une simple annonce de mariage.

— Lettre écrite en allemand et en français par Dominique Varembert, riche négociant de Genève ; vers 1500.

— Convention très curieuse entre les Syndics de Genève et maître Jean de la Pierre, physicien et astroloque qui se charge de trouver et d'amener de l'eau de source en quantité suffisante pour la ville et la banlieue ; 167.

— Lettre de Michel Quisard, Chatelain de Nyon, à Pre Antoine de la Rive, Chatelain de Céligny, au sujet de deux hommes accusés d’avoir volontairement répandu la peste ; 1569 ; avec son sceau.

— Fondation et rénovation de la Confrairie de St-Pierre à Genève, pendant la vacance du siège épiscopal : 1491.

— Billet de Girardin Bergeyron, Syndic de Genève en 1526, au seigneur d'Allamogne de la maison de Viry.

— Extrait d'un journal calviniste de Genève 1535.

— Déposition du ministre Jean Ferron sur les propos qu'un autre ministre, Henry de la Mar, lui à tenu sur le compte de Calvin. Ce même Ferron fut ensuite cassé lui-même pour avoir itérativement essayé de séduire sa servante en 1549. Sa déposition contient des détails curieux sur la vie de Calvin, sur la mésintelligence qu'il avait créée entre Berne et Genève et sur son manque de courage.

— Fragments littéraires.

—— Épitre amoureuse adressée par Pierre de la Mar à Mille Rachel de la Bottière, fille de l'ancien prevost de Clugny, dénoncée au Consistoire, 7 déc. 156%.

— Chansons Genevoises chantées par des Veveysans au chäteau de Troches en Chablais, et dénoncées comme dignes de chätiments sévères ; 1553.

— Autres chansons contre les moines.

— Autres chansons où complaintes.

— Extrait du procès d'une femme, brûlée vive, le 21 may 1562, comme sorcière, pour avoir fait hommage au diable Murquet qui lui apparut sous la forme d'un chien noir et lui donna des poudres, de la graisse et un bâton empoisonné, etc. ; il'en recevait une poule par an de tribut. — Il y a le sommaire du procès, l'avis juridique de l'avocat Colladon (stide de Calvin) recommandant de n'avoir aucun égard aux témoins de son innocence et de la torturer, puis de la torturer encore, puis de la brûler vive. Et la sentence finale.

— Pétition de Guillaume Dubois, insulte et présenté par Calvin pour avoir répète à Genève la nouvelle que Calvin, pendant son séjour à Strasbourg, avait rétracté un de ses écrits. — Elle est fort curieuse par les détails qu'elle contient sur la conduite de Calvin en Consistoire; 4546. Ce malheureux outragé et insulté en plein Consistoire par Calvin voulut lui répondre; il fut emprisonné ; mais le ministre Morand, ennemi de Calvin, lui composa cette pétition sur laquelle il fut libéré et renvoyé au Consistoire avec remontrances. Il erut avoir triomphé et ne se conduisit point avee la soumission abjecte qu'on attendait de lui: Sur quoi le Consistoire envoya de nouvelles plaintes et il fut remis en prison le 3 Janvier 1547. Calvin était absent et l'on voulut attendre son retour. Il vint le 13 janvier, se plaignit amèrement, demanda justice et déclara ne vouloir prêcher ni aller en Consistoire jusqu’à ce

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qu'il eût été purgé des crimes à lui imputés par Dubois. Celui-ei interrogé de nouveau ayant persisté dans ses réponses, on examina le Consistoire (c’est-à-dire sa partie accusatrice) et on le mit dans un étroit cachot « jusqu'à ce qu'il voulût confesser la vérité. » Après huit jours de ce régime inhumain, il succomba et écrivit une pétition où il avouait les propos et demandait merci. On le tint au cachot encore cinq jours et enfin le er février on l’en retira et on le fit marcher, pieds nus en chemise la torche au poing, de la prison (l'évêché) à l'hôtel de ville où il demanda pardon à Dieu et à la justice et fut banni pour un an.

— Mandat signé en français par le fameux Jean de Savoye, Évêque de Genève ; 517. C'est un ordre à son trésorier ou receveur de faire amener à son château de Jussy le bled et le vin qui lui étaient dus par ceux qui lui devoient les voitures.

— Proclamation du dit évêque pour ordonner d'aller à la rencontre du duc de Savoye et de se préparer à loger ses gens. Sans date.

— Avis juridiques d'Aymé Dupan et de Joly, jurisconsultes Genevois, blimant l'excès et l'abus de la torture ; ils ne furent plus consultés.

— L'avis du jurisconsulte Genevois Jean-Louis Blecheret sur le prétendu empoisonnement de Viret par le chanoine Hugonin d'Orsières qu'on avait mis à la torture et qu'on voulait torturer encore. — L'avis de Dupan est aussi relatif à ce même procès conduit avec tout l’acharnement imaginable par le parti des nouveaux réformés, et après lequel le chanoïne fut absous. Ce qui n'empêche pas les Calvinistes de nos jours de l’accuser encore de cet empoisonnement imaginaire. Il faut observer qu'il n’était accusé que par deux personnes : un méchant prêtre qui ne l’accusa que sous la torture et la servante de Claude Bernard, ami de Viret, qui avait fait le métier d’empoisonneuse en France et trafiquait du reste de ses charmes à Genève dans la maison et famille du plus zélé des nouveaux protestants ; 1535.

— Avis du dit en faveur d'Aymonet Mugnier que Calvin voulait faire périr comme ayant tenu le parti de Jean Philippe neuf ans auparavant. — On voit qu'on prenait pour témoins les êtres les plus abjects et les plus déshonorés. L'avis de Joly est relatif à un malheureux auquel on voulait arracher des aveux accusatoires à force de torture; je crois qu'il se rapporte à un réfugié contre lequel un magistrat avait ourdi un guet-à-pends pour le prendre en flagrant délit. Dans ce cas il arriva sous le règne de Théodore de Bèze.

— Certificat de deux, médecin et chirurgien, Genevois : Louis Beljaquet et Pierre Tissot, du 15 sept. 1356, relatif à un enfant blesse.

— Ditos de quatre médecins et chirurgiens : Philibert Sarrazin, Guillaume Senourry, Pierre Tissot et Franc. du Piotay, sur l'autopsie du cadavre d'un enfant cru mort de la peste.

— Protestation portée le 9 janvier 1520 au vicaire de Genève Pierre Gruet, par Bezançon Hugues à la tête de son parti contre les usurpations et actes tyranniques de Jean de Savoye, évéque de Genève ; le vicaire s'excuse et proteste vouloir observer et respecter les franchises de la ville.

— Avis juridique non signé sur le tranfert de Jean Pecollat que l'évêque voulait faire enlever des prisons de Genève pour l'amener dans son château de Thés et le torturer à loisir pour lui faire compromettre Philibert Bertellier, ce qui eut lieu

effectivement. — L'évêque prétendait pouvoir le juger seul, le disant clerc. Le jurisconsulte dit que sa qualité de clerc ne saurait le dépouiller de ses droits de citoyen et que les franchises de Genève ont été approuvées et confirmées par le pape. Pécollat était alors déjà transféré à Thiés, dont l'avis est de 1517. Sur une question du Conseil de la ville.

— Minute (ou copie) de la main de Bezançon Hugues de la protestation présentée au Conseil par les parents et amis des citoyens que le duc de Savoye voulait faire

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périr et qui s'étaient sauvés en Suisse (publié dans mes matériaux, volume IL, page 326) ; 1526.

— Copie notariée des instructions données par le roi Louis XI à Guill. de Varic et Humbert de Varey, chargés de négocier avec le duc de Savoye, l'évêque et les habitants de Genève au sujet des foires de Genève et de Lyon.

— Copie faite dans le temps (peut-être minute) de quatre lettres relatives au même objet : 10, 20 et 30 de l'évêque Jean-Louis de Savoye au roi Louis XI; au comte de Baugé (son frère) ; au fameux connétable de France, Louis de Luxembourg comte de St-Paul, alors tout puissant ; 40 de la comtesse de Genevois au dit connétable son père ; 1465.

— Lettre de Claude de Châteauneuf, ambassadeur de Genève à Rome, 1497, qui dit qu'il a fallu promettre des présents au chancellier de Savoye.

— Mandat des Syndics de Genève pour une partie des frais à la réception de la duchesse de Savoye ; 1485.

— Mandat des Syndics de Genève pour les frais d'une ambassade au duc de Savoye sur ses prétentions : 1432.

— Mandat des Syndics pour des présents faits aux favoris de l'évêque Jean-Louis de Savoye, pour en obtenir par leur moyen la révocation de certaines commissions contraires aux libertés et franchises de la ville (MM. de Monchenu et de Lornay) ; 1474.

— Mandat des Syndics de 1502 en faveur des huissiers pour la pulsation de la grosse Cloche et pour la procession qui avait lieu tous les mercredis. — La première signature est celle de Pierre Levrier, courageux adversaire de la maison de Savoye qui le persécuta pour la manière hardie dont il défendit les franchises de la ville. Il était père du célèbre Amy Levrier que le duc fit assassiner en 1524.

— Lettre d'Amy de Chapeaurouge, à son nom et de Jean Coquet, à Robert Vandel alors ambassadeur à Berne; relative à un procès pour les biens d'un citoyen du parti Ducal qui avait été banni. — On y voit que dans les causes qui concernaient la ville comme partie intéressée, on envoyait consulter en pays étranger pour éviter toute partialité. Elle contient en outre des nouvelles du temps sur la querelle avec la Savoye, 15 août 1538. Cet Amy de Chapeaurouge fut des Syndics qui firent expulser Calvin en 1538 et dont la proscription signala son retour en 1540.

— Lettre d'Amy Porral, secrétaire du Conseil, à Jean Bau£ sur les affaires du temps. — Elle est remplie de nouvelles de toute l’Europe et écrite au fort de la guerre de religion en Suisse. Cet Amy Porral, fort zélé pour l'indépendance de Genève, se laissa ensuite entraîner par Calvin et fut un de ses plus ardents sectateurs.

— Vidimus aux armes de Savoye des sauf-conduits du duc Charles III, du 20 avril, et du comte de Challant du 5 mai 1530, en faveur du fameux Bonivard, qui n'en fut pas moins arrêté et conduit à Ghillon cette année. — Ce vidimus est done une pièce fort importante de l’histoire de sa captivité.

— Minute d'une lettre adressée par le petit Conseil de Genève au Doge de Venise pour lui demander le maintien de l'alliance qui existait de temps immémorial entre les deux villes. — Genève avait une alliance pareille avec celle de Cologne. On ignore entièrement la date de l’une et de l’autre, mais elles furent citées comme preuve irréfragable du droit de faire de semblables alliances lors de la Combourgeoisie avec Berne et Fribourg. Cette lettre doit avoir été écrite à l’époque où le changement de religion éloigna les Vénitiens.

— Indulgences et formules d'absolution en 1519, renouvelées en 1541. (Vieil imprimé du temps avec le sceau.)

— Constitutions Synodales publiées en 1513 à Genève, par ordre de l'évêque Jean

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de Savoye à son avènement, formant un livre petit in-40 de 26 feuillets, curieux pour l'histoire de la Réformation.

— Avis de quatre jurisconsultes sur le procès de Jean Goule, magistrat Calviniste des plus ardents, accusé d'avoir battu sa mère pour la faire aller au sermon, brutalisé des paysans en sa charge de Chatelain, engrossé une fille, et de plusieurs autres excès. — Les jurisconsultes, tous Genevois, opinent tous en sa faveur et contre la torture, quoique du parti contraire. À son retour à Genève Calvin le fit nommer lieutenant, c’est-à-dire chef de la justice, par son parti; mais ses brutalités continuelles le forcèrent enfin à l’abandonner.

— Lettre de bourgeoisie du père de ce Jean Goule, qu’il rendit au Conseil lors de l'expulsion de Calvin en 1538 ; sur parchemin.

— Acte d'autorité souveraine de l'évêque de Genève Jean de Bertrand, qui fit enlever un Genevois ancien syndic, dans les franchises, le fit décapiter à Jussy et ne le rendit que mort à ses compatriotes. On ignore la cause de cette violence ; AW7.

— Accord des magistrats de Genève avec les négociants de Milan pour le transit et transport des marchandises, 14 mai 1355 ; en minute.

— Lettre de Jean Portier à sa femme. Elle doit être des environs de 1526 à 1530. — Ce Jean Potier avait été secrétaire de l’évêque Jean de Savoye et le fut aussi de Pierre de la Baume son successeur, dernier évêque. Il était vendu au duc de Savoye et fit tous ses efforts pour perdre la ville qui le fit pendre en 1535. Cette lettre est curieuse par son style et par son contenu.

— Lettre d'Etienne Biolleys, secrétaire du Conseil, à Etienne Marcheret, secrétaire épiscopal, vers 153% à 35. — Cet Etienne Biolleys était vendu au duc de Savoye et trahit la ville pendant tout le temps de sa charge.

— Plusieurs lettres historiques.

10 de M. de Prepya, agent du duc Charles IIT de Savoye à l'évêque Pierre de la Baume, sur la réconciliation des deux princes ; 1528 (autographe.).

20 Trois lettres d'Aymon Brochu, citoyen de Genève mais catholique, datées de Rome en 1545, contenant des nouvelles (copies prises dans le temps sur les originaux

interceptés).

30 Deux lettres de Bernard Boulet, trésorier de Genève, au sire Barthelemy de Crosa à Genève ; 1525. — Ce trésorier, traduit par un Syndic en Conseil, se retira

en Savoye et fit son possible pour perdre la ville à laquelle il intenta un procès devant le sénat de Chambéry (Copies prises dans le temps).

40 et 59 Deux lettres adressees l'une à Guillaume Pensabin, l'autre à Amy Girard, successeur de Boulet, par Antoine de Ville, procureur pour Genève dans ce proces. (autographe).

60 Patentes du Conseil du duc Charles IIT de Savoye, relatives à cette affaire (original avec le sceau ; 1525).

— Lettre d'Antoine d'Argillières au sire Jean Levrart, apothicaire à Mâcon. — Ce malheureux fut torturé à plusieurs reprises et enfin décapité à Genève, le 2 janvier 1562, pour avoir blâmé Calvin en France plus de huit ans auparavant, à l’occasion de la mort de Michel Servet. La lettre écrite en 1555 est curieuse par les détails sur l'état de la religion en France et plus spécialement par le pressentiment qu'il paraît avoir eu de son sort (M, Galiffe possède le procès complet de cet infortuné).

— Avis de trois jurisconsultes français, et un Genevois vendu à Calvin, contre un malheureux citoyen, François Comparet le jeune, torturé et écartelé pour avoir voulu s'opposer à la création illimitée de nouveaux bourgeois en 1555.

— Avis des quatre mêmes jurisconsultes contre Claude Genève, autre citoyen torturé et exécuté pour le même sujet.

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— Avis dictée par Calvin au Conseil contre son bienfaiteur Amy Perrin ; 1547.

— Mémoire donné à MM. de Berne pour les Genevois du parti catholique, qui s'étaient retirés dans le château de Peney et s'y maintinrent longtemps pour la défense de l'autorité épiscopale ; 1535. — 2. Fragment d'un autre memoire des Peneizans. — Ces pièces sont d’un grand intérêt pour l’histoire de la Réformation à Genève.

— Lettre autographe de François du Crest, exile pour le même parti ; 1535; fort intéressante.

— Procédure contre André Philippe, fils de Jean Philippe, exécuté par les Calvinistes en 1540. — Ce jeune homme fut arrêté par les Peneizans en revenant d'un voyage, en 1535, et mené prisonnier au château de Peney.

— Reconnaissance des libertes et franchises de Genève par le duc Charles IL et ses prédécesseurs de 1465 à 1513; imprime de cette année signé à la main par deux de ses secrelaires Bouret et Du Duc.

— Ploclamation annuelle de la part de l'évêque et de la Ville pour la fixation du priæ du vin, signée par le vicaire Aymon .de Gingin, personnage qui a joué un rôle dans l'histoire de Genève. — I] avait été élu évêque; mais le due de Savoye le fit renoncer à l’épiscopat, et ce fut la première cause de la Réformation à Genève.

— Appel au peuple contre la tyrannie du Petit Conseil par la mère de Jean Goule ; 1542.

— Une lettre d'habitation accordée par le Conseil de Genève à Thomas Alexandre, de Bologne, fouetté et banni pour avoir démenti Pierre Viret pendant son sermon, le 3 août 1599.

— Avis du jurisconsulte Guilletat sur le procès de Raoul Monet, exécuté pour blasphèmes et avoir écrit un livre obscène ; 1549. — Ce Raoul Monet avait été nommé secrétaire de la justice par le parti Calviniste qui fut enfin obligé de le sacrifier à cause de ses dérèglements trop patents.

— Testimoniales prises « de là les monts » par les espions de Calvin sur les paroles, proferées contre le parti français à Genève par Franc. de Locatel, condammé le 18 septembre 1545 à porter la torche nud par toute la ville et banni sous peine de la vie.

— Aggravation par l'empereur Charles-Quint de la sentence portée par l'empereur Maximilien Ier contre George Auf-der-F lue et ses adhérents. Imprimé, 1524, avec un reste du sceau impérial en cire rouge (en allemand).

— Billet de Janin Maillet, l'un des Genevois proscrits par Calvin en 1555, à sa femme restée à Genève ; 6 août 1557. — Il espérait pouvoir y rentrer le dimanche suivant, mais l’entreprise manqua.

— Tableau de Genève à l'époque de l'Escalade, 1602 ; gravure du temps, curieuse sous d'autres rapports.

— Dernier testament du syndic Philibert Blondel exécuté, sans preuves suffisantes, le 4er septembre 1606, comme complice des Savoyards, lors de cette entreprise en 1602.

— Absolution des Syndics de Genève pour les fêtes de Päques 1534; accordée et signée par le vicaire Aymé Gingin. — Ils avaient été excommuniés par l’évêque comme fauteurs des Luthériens, et ce fut l’année suivante qu’ils embrassèrent ouvertement le Luthérianisme.

— Proclamation pour ordonner des réjouissances publiques à l'occasion du mariage de Charles IIT, duc de Savoye, avec Béatrix de Portugal ; 1524.

— Excommunication lancée contre les syndics de 1535 et leurs adhérents Luthériens, par l'évêque Pierre de la Baume alors résident en son prieuré d’Arbois, et scellée de son sceau.

— Depositions autographes de quelques ministres en faveur de leurs collègues Calvin |

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et Viret. — Ceux-ci, sous prétexte de consoler les prisonniers qu'ils faisaient juridiquement assassiner, allaient les voir dans la prison et leur suggéraient d’accuser des absents, en leur faisant entendre que si la faute pouvait être rejetée sur des absents plus puissants qu'eux et qui d’ailleurs n’en souffriraient pas, ils seraient sûrement absous ou quittes pour une peine bien moindre que la mort. Il n’y a pas de doute que Calvin n'ait été capable de cette manœuvre pour perdre Amy Perrin son premier bienfaiteur, auquel il avait juré une haine irréconciliable, et Pierre Vandel également l'un de ses premiers el principaux appuis, qu'il haïssait pour la même raison, parce qu'ils n'avaient pas voulu lui sacrifier leurs parents et amis et qu'ils voulaient rester Genevois et libres. Ils intentèrent ensuite un procès à Viret à .Lauzanne et ils l’accusèrent de cette subornation de témoins contre eux, en la personne d’un homme du peuple nommé Claude Genève, membre du Conseil des Deux- Cents, cependant exécuté pour la prétendue conspiration de 1555. Germain Colladon, instrument de Calvin, dressa l'extrait du procès de Claude Genève, qui est à la feuille suivante, et trois ministres déposèrent que le condamné n'avait rien dit contre leurs collègues.

— Extrait du procès de Claude Genève de la main de Germain Colladon, séide de Calvin à Genève.

— Autographe de Jaques Meraud, de Lyon, qualifié anabaptiste, persécute et torturé comme tel pendant le séjour de Calvin à Genève en septembre 1537. — Ce malheureux fut livré pour le convertir à Antoine Froment, chez lequel il devint fou, le 29 du même mois. On le remit à un de ses parents qui le réclama pour en prendre soin.

— Dispute publique entre un réfugie, Claude Grolier, et le ministre Jacques Bernard, au sujet du divorce.

— Factum du dit Grolier, de sa main.

— Factum du dit Bernard, aussi de sa main, avec les conclusions de son avocat.

— Curieux interrogatoire d'un refugié francais, Jean Chappron, de Tours, qui avait accusé plusieurs ministres de fautes plus où moins graves, et que l’on interrogea aussi sur les plaisanteries que le costume et les manières des magistrats Calvinistes suggéraient à quelques réfugiés. — On y voit que le premier Syndic de 1543 portait un grand bonnet rouge qui lui donnait un air coquet comme son nom, un autre un bonnet à la cocarde ; que le seul d’entre eux qui passât pour bel homme avait l'air d’un cardeur de laine et qu'ils ne pouvaient en général soutenir la comparaison des Bernois dont la beauté frappait les Français. Item que la fille du Lieutenant de police Jean Lambert, le plus fugueux des Calvinistes, s’enivrait et jouait jusqu’à ses pseaumes avec des laquais. Ce cahier contient des autographes : 49 de maître Abel Pouppin, ministre odieux aux Genevois ; 20 de ce Jean Chappron qu'il fit emprisonner pour avoir dit du mal de lui. On voit de plus par les lettres du dernier que les magistrats de Genève se laissaient donner les titres de magnifiques princes et vos majesiés. On voit encore que lorsqu'il s’agit d'aller consoler les pestiférés, les ministres déclarèrent tous qu'ils iraient plutôt au gibet ou au diable, excepté Calvin, qui eut soin de se faire défendre cette fonction par le Conseil, Mathieu de Geneston et le célèbre Sebastien Castillon qui fut ensuite, à cause de ses grandes lumières, l'une des victimes de Calvin.

— Copie faite dans le temps de plusieurs lettres adressées à quelques grands seigneurs de Savoye sur les affaires du pays de France et de Genève.

— Supplique et confession générale de Raoul Monet qui avait été nommé secrétaire de la justice comme adhérent dévoué au parti de Calvin, quoique des mœurs les plus dépravées. — Il avait été repris de justice pour ses débordements, mais toujours

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maintenu ; enfin il en fit tant qu'il fut décapité le 22 novembre 1549. Cette pièce est fort curieuse par les détails qu’elle fournit sur les mœurs de ces premiers Calvinistes et sur l’orgueil et l’arrogance que leur inspirait le pouvoir de leur patron.

— Autographe de Raimond Chauvet, le plus méchant de tous les ministres après Calvin, et souvent battu et vilipendé par les Genevois qui l'avoient surnommé Tors-Col où Torti-Col parce qu'il avoit le cou de travers.

— Une lettre du célèbre prisonnier de Chillon, François Bonivard. Signée le prieur de St-Victor.

— La réponse du célèbre Spifame, seigneur de Passy, au mémoire que la reine de Navarre avait envoyé contre lui à Théodore de Bèze.

— Correspondance sur le procès de Michel Servet entre le pasteur et professeur Jacob Vernet (docteur en théologie) qui vouloit le voir pour y chercher la justification de Calvin et le syndic Jean-Louis Calandrini, célèbre professeur de mathématiques, qui le lui refuse de la part du Conseil en lui disant qu’il est inexcusable. La lettre de M. Calandrini a été publiée dans le 3e volume des notices historiques sur les familles genevoises à l'article de Servet. Celles du professeur Vernet sont inédites.

— Lettre de Mr de Buzanval, président à Londres, sur la position de l'Angleterre après l'exécution de la reyne Marie Stuart.

— Un paquet d'opinions officielles de jurisconsultes du 16e siècle.

— Un paquet de poésies du même siècle.

— Instructions données par les Syndics de Genève en 1492 à un ambassadeur, fort intéressantes pour l'histoire de ce temps-là. — Ils disent qu’il ne leur appartient point de donner la possession de l'évêché, que c’est au chapitre, qui en est le légitime possesseur pendant toute vaccance et au quel ils obéissent alors comme à leur prince. La duchesse de Savoye les avait sommés de jetter hors de leur ville le Seigneur de Villeneuve qui était venu prendre possession pour son frère compétiteur du chancelier de Savoye, Antoine Champion. Ils répondent que la ville est neutre et marchande et ne peut rien faire de pareil; qu'il y a plus d'étrangers que de natifs et que tout le monde l’abandonnerait si elle ne conservait pas la paix, ete. Voyez plus haut la lettre de l’évêque Antoine Champion, dont le style est expliqué par cette pièce, car on y dit qu’il ne sera point aimé à Genève.

— Mémoire des Syndics concernant l'affaire du trésorier Bernard Boulet, qui s'était mis sous la protection de la Savoye pour un coup de baton reçu du premier Syndic en 1524.

— Reglements et ordonnances concernant les bouchers accompagnés de la relation curieuse d'une révolte de leur part au commencement du 16e siècle.

— Minute d'une proclamation ordonnant une procession générale de tous les Genevois, avec leurs enfants habillés de blanc, pour la prospérité de la maison de Savoye pendant l'oppression de la ville sous l'évêque Jean de Savoye ;: 1521.

— Interrogatoire d'Etienne Dadaz, noble et citoyen de Genève, persécuté et condammné par les calvinistes en 1537 avec confiscation de ses biens. — Pièce intéressante parce que ce fut la première persécution bien connue suggérée par Calvin et qu’elle porte déjà un caractère tout politique et ennemi de la liberté. On lui fit un crime d’avoir été mis en élection pour la place de Capitaine général de la ville (autrement dit abbé) que Calvin avait résolu de supprimer et qu'il poursuivit avec acharnement dans tous ceux qui en furent pourvus jusqu’à son abolition. L'abbé commandait toute la milice et avait une grande influence sur la jeunesse genevoise.

— Déposition du ministre Pierre de l'Ecluse sur des propos tenus par Aymé Mégret, autre ministre, contre l'ambition de Calvin et ses intrigues politiques. Aussi le prit-il en haine irréconciliable pour cela ; 1545.

Pme

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— Procès complet de François Comparet le jeune, torturé, décapité et écartelé pour avoir voulu s'opposer à l'admission illimitée des français réfugiés à lu bourgeoisie. Tous les témoins étaient français, le procès fut instruit et conduit par un français et aucune défense ne fut admise. Exécuté le 3 juillet 1555.

— Procès complet de Francois Comparet le vieux, frère du précédent, exécute pour les mêmes causes ; 28 juin 1599.

— Procès complet de Thivent (Etienne) Papaz, aussi décapité pour les mêmes raisons, le 28 août 1999, comme adhérent des proscrits.

— Procès complet d'Antoine d'Argillières sus mentionné, décapité le 2 Janvier

1562, pour avoir parlé mal de Galoin huit ans auparavant, en France. 24

— Procès complet de François-Daniel Bertellier, exécuté pour les mêmes causes ”

que les Comparet, mais surtout à cause de la haine que Galvin portait à son frère Philibert. — Ils étaient fils de celui qui mourut pour la liberté. Philibert se sauva par la suite. François-Daniel fut exécuté le 41 septembre 1555.

— Procès complet de Nycod Duchesne, décapité le 12 août 1557, comme adhérent des proscrits de 1555.

— Extrait fait à la requête de Pierre Viret, réformateur, du procès de Claude Geneve, exécuté comme les autres de 1555.

— Procès de Jean Philippin (1558), condamne à 509 écus (plus de 20,000 francs) d'amende pour avoir achete le bien d'un proscrit ; mais en réalité pour avoir parle contre les ministres dix ans auparavant.

— Diverses pièces du procès de Jean Phlippe, exécuté en 1540 (pour son opposition à Calvin et comme l'un des principaux auteurs de son expulsion), sous pretexte d'une émeute. Entre autres un long poème racontant toute cette histoire.

— Procès d'une femme, Claude Poncet, brülee vive pour sorcellerie ; 1562.

— Dito d’une autre, Henriette de Rya, brülee le 27 juillet 4565, pour sorcellerie ; accusée d'avoir baisé la cuisse du Diable Murguet et d'avoir converse avec lui sous la forme d'un chien noir.

— Dito de Toussaint MAsquin, condamne à por ter la torche et banni à perpétuité, sous peine de fouet, pour opinion contraire à la prédestination. /

— Procès de Girard Thomas, Claude Gallois, Claude Jacquemod, trois Déneiote, condamnés à la torche, au carcun et à la prison perpétuelle dans la ville, pour avoir pris de parole le parti des Genevois contre Calvin et ses satelhtes.

— Emprisonnement de plusieurs dames genevoises, femmes des proscrits, pour avoir dit hautement qu'ils étaient gens de bien quand on les proclamait traîtres.

— Procès de Jean Favre, mis à la torture en 1542 sous divers vains prétextes, mais en réalité parce qu'it était bâtard de la famille Favre que Calvin haissait et poursuivait à outrance.

— Informations prises sur le tumulte qu'il y eut au Conseil général tenu le 15 novembre 1556, pour l'élection des auditeurs que les Français firent nommer à leur choix. — On voulut y faire passer des édits contre les blasphémateurs, les paillards et les adultères ; mais on n’y réussit pas cette fois. Il s'agissait de coudre les femmes adultères dans un sac et de les noyer, ce qui fut adopté plus tard. Le parti calviniste y mettait tant de rage qu'un citoyen fut arrêté et interrogé pour avoir branlé la tête, et un autre pour avoir dit: Touchez-là, vous avez bien parle, à un magistrat qui s’opposait à ces édits.

— Informations sur le bruit qu'il y eut dans le Conseil général du 22 avril 1556, où un grand nombre de citoyens refusèrent de voter. — Quelques-uns dirent qu’ils aimeraient mieux mourir que de consentir à la destruction des frinchises ; un noble, qu'il fallait couper la tête à ceux qui voulaient les détruire. Le secrétaire (Michel

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Roset, instrument de Calvin) fut soupçonné de n'avoir pas justement compté les voix.

— Enquête sur des propos tenus en mars 1538 par des Français qui disaient : « Qu'on avait voulu chasser la fine fleur de la ville comme Français, mais qu'ils « demeureraient et que ce serait les autres qui s'en iraient, » prophétisant ce qui arriva en effet.

— Procès complet d'une femme ‘de très bonne famille, fouettée et bannie sous peine de mort, pour adultère, 12 mars 1561. — Curieux par les détails qu'il contient sur les mœurs du temps. Elle fut mise à la torture, suivant l’avis de Germain Colladon sur un seul témoignage intéressé et sans confrontation préalable, et convaincue par ses aveux dans les tourments.

— Un très gros cahier d'enquêtes faites de 1564 à 1568 sur les propos et faits des proscrits accusés de trahison et complots contre la ville pour y rentrer.

— Déposition d'un des satellites de Calvin contre Philibert Bertellier, qui l'avait insulté comme l'un des assassins de son frère. — L'intérêt de cette pièce est de montrer un échantillon des scènes qui se renouvelèrent chaque jour pendant des années, entre les proscrits et leurs adversaires, sur le pont d’Arve, qui formait la limite du territoire de Genève.

— Déposition de noble Louis Dufour sur ce qu'il a vu dans son voyage comme ambassadeur à Berne, en avril 1556. — Servant à montrer le système d'espionnage universel établi par Calvin et son parti. Ce Louis Dufour est le même qui avait été nommé pour chercher Calvin en 1540.

— 10 Sentence de deux malfaiteurs accusés d'avoir répandu la peste et condamnés à être tenaillés et mutiles avant de subir le dernier supplice ; chose tout à fait inouwie à Genève, avant le règne de Calvin ; 28 mars 1545.

20 Opinion d'un jurisconsulte qui ne les trouve point convaincus, quoique plusieurs fois tortures. |

— Procès fait à un prêtre en 1519 ; très curieux pour les détails sur les mœurs du clergé Genevois avant la Réformation.

— Interrogatoires du ministre Louis Trippereau, accusé d'avoir mal parlé des magistrats de Genève, en 1544.

— Procès de Monet Duvillard, pour sorcellerie. — Il fut en prison pendant plusieurs mois et enfin absous (parce qu'il était proche parent d’un des satellites de Calvin) le 4 août 1557, mais ses accusateurs affranchis de tous dommages et intérêts. Très curieux pour les opinions de Calvin et de ses collègues qui croyaient que le Diable prenait souvent la forme d’une bête pour séduire les incrédules; non moins curieux pour largumentation barbare des jurisconsultes de ce parti qui mettent au nombre des plus forts indices contre lui, que son neveu a dit: « qu'il était accusé, mais qu'il n’a point fait de mal. »

— Aveux de ceux qui n'avaient pas voulu communier le jour de Noël 1538, à cause de l'expulsion de Calvin et de ses collègues. — Pièce curieuse pour l'histoire de la Réformation et des premiers Calvinistes. On voit que les adhérents de Calvin étaient en fort petit nombre et aucun d'eux disposé à souffrir pour lui; seulement sept étrangers condamnés à quitter la ville dans dix jours, parce qu'ils n’affirment pas vouloir se soumettre aux ordonnances.

— Procès de Jean Favre, boucher condamné à faire réparation d'honneur à la justice pour avoir cédé à Philibert Bertellier une vache qu'il avait achetée à Bonne, et pour lui avoir parlé et avoir bu à la même table. — C’est un échantillon de l’atroce intolérance du parti calviniste qui, non content d’avoir privé les proscrits de leur patrie et de tous leurs biens, ne voulaient permettre à aucun Genevois de leur parler. Il y eut une multitude de procès de ce genre.

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— Une lasse de procès intentés à des femmes de la première société de Genève, pour avoir dansé, chanté et pour avoir parlé à leurs plus proches parents proscrits. — On les emprisonnait quelquefois pendant plusieurs jours et on ne les relâchait qu'après leur avoir fait demander pardon à genoux et donner caution pécuniaire » de se représenter à la première sommation.

— Indices pour arrêter et interroger 52 personnes, entre lesquelles sont des femmes compromises par les dépositions faites à la torture par des condamnés, ou par les propos de faux témoins employés pour prendre ceux-ci. — On faisait une accusation de l'acte d’avoir parlé pour l'honneur de Dieu et de Genève, contre la fabrication de nouveaux bourgeois et le projet de livrer la ville aux Français.

— Informations prises contre les citoyens qui avaient chanté en tenant fièrement la tête haute, lorsque Mr Calvinus passa près d'eux avec d'autres ; dans le nombre de ces rebelles sont deux fils de Bezanson Hugues, le père de la patrie ; A7 juil. 1542.

— Réponses d'une folle qui croyait avoir des visions et que le Saint-Esprit voulait qu'elle fut femme ou chambrière de M. Calvin. — II l'accusa d’avoir voulu l'embrasser comme il descendait de chaire (ee qu'elle nie), et elle fut fouettée en l'évêché et bannie, sous peine d’être fouettée en public; le 29 juillet 4564.

— Procès d'un citoyen emprisonné pendant trois semaines pour avoir joué aux dez et pour n'en avoir pas dénoncé un autre (Jèan Goule, le protégé de Calvin et membre du Petit Conseil), qui l'avait forcé de jouer. Emprisonné, 22 décembre 1542 ; libéré, 12 janvier 1543, après avoir demandé pardon et payé une amende pour chaque faute.

— Avis juridique du Dr Jean-Louis Loys sur le procès de Claude Savoye, Syndic de Genève, accusé d'avoir conspiré avec M. de Montchenu pour livrer la ville au roi de France, de concert avec Michel Sept son collègue. — Ces deux magistrats étaient des adhérents de Calvin, et Claude Savoye fut longtemps en prison pour cette affaire pendant la réaction qui eut lieu de 4538 à 1540. Pièce importante à comparer avec les avis de Germain Colladon, séide de Calvin.

— Déposition contre le ministre Ferron qui voulut qu'on donnât aux ministres tous les biens de l'ancien Clergé; comme il dit que faire grâce était faire justice, à propos d'un homme exécuté, son collèque Champoreau se bouchait les oreilles comme s'il avait blasphémé ; 40 août 1544.

— Procès de Pierre Bernard, citoyen de Genève, pour avoir parlé contre les édits que Calvin avait voulu faire passer en Conseil général, 15 novembre 1556, — et avoir dit que si la majorité les avait adoptés, il se serait bien trouvé deux cents citoyens qui auraient tiré l'épée même contre les Syndics. Comme il élait frère de Jean- François Bernard et celui-ci beau-frère de Michel Roset, tous deux séides de Calvin, fils du fameux Claude Bernard, et neveu de Jacques et Louis, tous amis de Calvin, il en fut quitte pour trois jours de prison au pain et à l’eau et crier merci à genoux. On eut soin de mettre dans la sentence qu'on lui faisait grâce par égard pour ses parents, et effectivement il avait fait beaucoup plus que ceux qu’on avait décapité l’année précédente. Exemple de l’impartialité des calvinistes.

— Interrogatoire de Guillaume Guerod, accusé d'avoir tenu des propos sur Calvin en mars 1549; — fort intéressant pour montrer l’idée qu’on avait alors de Calvin et qu'on ne croyait pas encore capable de se rendre entièrement maître de la République, quoiqu'il eût fait exécuter Gruet dont la plaie saignait encore. Suivant le prévenu, on lui fit un crime d’avoir dit que Genève était partagée en deux bandes dont les chefs étaient Amy Perrin et Calvin. On voit par ce procès que les ministres et Calvin tout le premier avaient comparé l’espin français nommé Megret et surnommé le magnifique à Jésus-Christ, demeuré en prison, tandis que Barrabas était

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dehors (Amy Perrin que Megret et Calvin avaient voulu faire exécuter comme traître).

— Interrogatoires de Pierre Sermod dit Veyron, accusé d'avoir : 19 bu au même flacon que les proscrits de 1540 et salué l'un d'eux, Jean Lullin ; 20 coupé des chandelles et des pots d'étain avec son sabre dans un banquet : 30 été présent quand on dit d'un espion : « Celui-ci est des fidèles. » 40 Ri de la plaisanterie qui avait dit : Nous voici cinq qui serons bien bons pour les quatre syndics et le sautier, parce qu'ils avaient des culottes de même couleur. — 1 fut en prison du 17 mars au 5 mai 1542 et menacé de la torture pour lui faire avouer ses crimes, comme complice de Jean Goule, autrefois l’un des chéris de Calvin, maintenant dans sa disgrâce.

— Procès de Jean Philibert Bonne, auditeur cassé le 6 février 1556, après trois mois de prison. — II avait commis des malversations dans son office, où il avait été placé comme frère cadet de Pierre Bonne, l’un des plus fervents sectateurs de Calvin ; mais son véritable crime était d’avoir pris le parti des citoyens contre celui de Calvin, en 4555. On lui fait un erime d’avoir été chez Amy Perrin, après sa fuite mais avant sa condamnation. Son frère le Syndic, irrité de cette condamnation, abandonna le parti de Calvin, se déclara contre ses édits en cette année 1556 et fut ensuite persécuté à son tour pour cette défection.

— Procès défensionnel d’Aymonet Mugnier, accusé d’avoir communiqué avec les Peneysans en 1535 ; trouvé et déclaré innocent, et néanmoins condamné à tous les dépens ; mars 1549.

— Procès du syndic Pierre Bonne, pour brutalité envers une femme qu’il menaçait de traîner par les cheveux, en dépit de la justice, l'appelant Bourgognote étrangère. — Notez que c'était un des principaux appuis de Calvin à cette époque; 1543. Aussi n’en fut-il point puni, mais on le fit encore Syndic en 1557.

— Procès de Jean Goule, autre ardent calviniste, encore plus brutal que Bonne, qui avait renoncé à la bourgeoisie en 1539, après son expulsion. — Il fut fait Lieutenant de la justice après son retour, quoique déshonoré par tous les vices; 4544 ; mais enfin arrêté et longtemps emprisonné pour ivrognerie, impiété et débordements de toute espèce en 1542.

— Informations prises sur une violente rixe entre les Genevois et les réfugiés Français, arrivée le dimanche 28 juillet 1549, au soir. — Pièce très intéressante sous le rapport des mœurs et opinions de ce temps-là. Philibert Bertellier fut arrêté comme chef des Genevois. Il se trouve parmi les interrogatoires celui de Trolliet qui dit que Calvin a déclaré que + pour rendre le peuple obéissant, il fallait le tenir pauvre, et que le Conseil général était un abus qu'il fallait abolir. »

— Informations prises contre Daniel-Francois Bertellier, pour avoir dit en parlant des édits (au commencement de janvier 1544) : les deux édits, c'est M. Calvin qui les a faits et ils ne valent rien. » — Propos qui lui coûta la vie onze ans plus tard. Ici encore sont répétés les propos de Calvin contre le peuple qu'il faut tenir pauvre, le Conseil général qu'il faut abolir, ete. Notez que le premier délateur est Amy Perrin, alors encore fanatique pour Calvin.

— Procès du sautier Louis Tissot, pour avoir laissé traverser la ville à une fiancée en cheveux. — Condamné à trois jours de prison au pain et à l’eau et à crier merci à genoux; 3 juin 1561. Notez que n'étant point Genevoise, mais fille d'un noble Savoyard, les édits ne la regardaient point.

— Diverses pièces du procès de Raoul Monet, secrétaire de la justice, décapité le 22 novembre 1549, pour libertinage et blasphèmes, ayant appelé un livre ordurier son testament. — Notez qu'il avait été placé par le parti de Calvin, comme un de ses fidèles sectateurs, et maintenu jusqu'alors, quoique arrêté dès 1542 pour ses débordements.

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— Procès de Jean Gene ou Jené, qui avait été Syndic en 1558, comme l'un des instruments de Calvin, cassé pour avoir voulu élire au syndicat Jag. des Arts, autre satellite de Calvin ; mais alors en disgräce. — I s'était précédemment fort mal conduit comme geôlier et avait été repris de justice ; mais avait néanmoins été promu au syndicat comme dévoué au parti de Calvin.

— Réponses hardies d'Andre Embler, citoyen de Genève, persécuté pour ses opinions religieuses favorables & Carol que Calvin avait fait bannir. — On y voit que le parti calviniste avait agi illégalement en nommant pour secrétaire ce Raoul Monnet, le libertin le plus déhonté de son époque, exécuté quelques années plus tard pour d'incroyables blasphèmes. Ceei était en 1543. — N. B. Pierre Caroli préchait à Metz en Lorraine et nommait Calvin et les autres ministres de Genève hérétiques. En juin de cette année, comme la peste régnait à Genève, Calvin se fit donner une mission pour aller disputer contre lui avec Farel, mais la dispute n’eut point lieu et la ville en fut pour ses frais.

— Procès du malheureux Jacques Morand, de Lyon, qu'on rendit fou par la torture et la prison, pour des opinions religieuses, en 1537.

— Réponses de Roland Taccon, citoyen de Genève, emprisonné jour avoir dit à Calvin : « Monsieur, ne me démentez pas; » celui-ci ayant dit: « Ce n'est pas vrai, » sur une affirmation très veritable ; et pour avoir branlé la tête pendant une remontrance du ministre Raymond Chauvet, en Consistoire, ce dernier lui ayant refusé la communion devant toute la congrégation ; 1550.

— Înterrogatoire et procès de Antoine Nabert, ouvrier imprimeur, réfugié à Genève, emprisonné et condamné à avoir la langue percée avec un fer chaud pour des propos contre les ministres et le Consistoire et contre les prières ; 1561. — L'avis de Colladon qui y est, est pour la peine de mort mitigée en fouet public, parce qu'il était ivre. Il fut banni sous peine d’être décapité.

— Procès de Claude Testu, chatelain de Jussy, 1561; — par lequel on voit qu'il profitait de sa place pour s'enrichir aux dépens des autres; mais comme c'était un satellite de Calvin, il ne fut point puni.

— Réponses de Jacques-Nicolas Vulliet, citoyen, excommunié pour emportement et pour s'être plaint de faux témoins ; emprisonné par ordre du Conseil ; 1545.

— Réponses de Jean-Louis Ramel, citoyen, emprisonné et persécuté pour avoir voulu se faire rendre pur Antoine Calvin, frère de Jean, la dot de la femme divorcée qu'il avait épousée. — On prétendait qu'elle avait été déclarée coupable d’adultère sur de faux témoignages, uniquement parce que son dit mari Antoine Calvin voulait se défaire d’elle et garder sa dot, et les magistrats Bernois avaient jugé dans ce sens. Ramel ayant été arrêté, on ne le relâcha que sous caution de la valeur de 10 à 12,000 francs. Le père de cette femme, Nicolas Lefer, ami intime de Jean Calvin, était un banqueroutier frauduleux qui, après avoir apporté à Genève le fruit de ses escroqueries, et son admission à la bourgeoisie ayant indigné les Genevois, fut la principale cause de leurs désastres et de leur ruine, en:1555, Le procès est de 1564.

— Extrait des registres du Consistoire sur plusieurs cas ; septembre 1556.

— Procès de Nicolas Fabius, réfugié convaincu d'usure excessive ; 1561. — Comme c'était un des faux témoins et espions au service de Calvin, il ne fut point puni.

— Procès de Claude Nicolas dit Grimaud, tenaillé et brûlé vif pour sorcellerie et engraissement de peste; 16 décembre 1568. Sa femme avait été exécutée l'avantveille.

— Une pièce du procès de Claude Savoye, emprisonné en 1538, sous la prévention d'avoir voulu livrer la ville au Roi, avec d'autres Calvinistes.

70 *-LA COLLECTION GALIFFE.

— Informations prises en 1547 contre le procureur général Lambert qui avait insullé les Syndics à l'occasion du procès de Laurent Meigret.

— Sentence d'un homme et de sa femme, condamnés à réparation pour avoir accusé la femme de Laurent Meigret d'adultère avec M. de la Brosse ; 1545 ; avec la plainte du dit La Brosse.

— Informations prises en 1563 contre Pierre Symon dit le Picard qui avait quitté la ville. — Sa mère, sa femme et son frère obligés de déposer contre lui.

— Informations contre et réponses de femmes accusces d'avoir mal parlé des réfugtés et prédicateurs français ; 1545-1556. |

— Informations prises contre les proscrits pour noter leurs propos contre les condamnateurs, 1557, deux ans après leur condamnation, et plus tard encore ils furent l'objet de l'espionnage perpétuel du Conseil et du Consistoire. Pièce d'espionnage, 1545, contre un proscrit de 1537.

— Divers interrogatoires et informations prises qui servent à faire connaître le caractère et les mœurs de la jeunesse genevoise, son orqueil national, son extrême susceptibilité, sa sensibilité exagérée sur le point d'honneur et son empressement & recourir aux armes.

— Deux pièces de procès servant a faire connaître les mœurs des premiers protestants à Genève. — Thomas Genod, jadis prêtre, marié et fait procureur général par le parti, cherche à déshonorer sa propre femme pour compromettre un ennemi; 1545. Pierre Malagniod, fait conseiller par les Calvinistes pour ses services au parti, avait donné en 1533 deux soufflets et un coup d'épée dans la gorge à un homme, uniquement parce qu'il disait avoir parcouru plus de pays que lui.

— Procès de la veuve de Claude Pertemps, l'un des plus zélés sectateurs de Calvin, mais fille de Francois Favre qu'il haissait mortellement, et belle-sœur d’Amy Perrin, pour avoir parlé à ses plus proches parents condamnés. — Son frère Gaspard Favre ayant fait des legs à quelques-uns d’entre eux, sa mémoire fut condamnée et ses biens confisqués ; sa veuve persécutée pour s’en être plaint en tenant dans ses bras son fils posthume. Notez que ce fils posthume devint l’objet de lidolâtrie du peuples qui le fit premier Syndic. Ce n’est pas le seul exemple de sa protestation contre les jugements iniques qu'il n'avait pu empêcher; 1558.

— Procès de cinq Allemands, pour une rixe sanglante, libérées sans châtiment, par la crainte de leur colonel Bernois : 1556.

— Réponses d'Antoine Vaccia, bourgeois de Genève, pour avoir exprimé des doutes sur l'excellence des édits de Calvin ; 1556.

— Plainte des syndics et conseil de Genève au pape Félix, sur les usurpations du Vidomne Jean de Luyrieuæ. — Très intéressant document sur les limites et conflit de juridictions de l'évêque, du comte et de la ville; en latin. Le même cahier contient un procès de 1499 entre la ville et l’évêque, terminé par des arbitres; il est relatif à une succession de terrain appartenant à la communauté que l'évêque avait accordé à deux particuliers en fief.

— Sentence d'excommunication aggravée par l'évêque Guillaume, contre le dauphin de Viennois ; 1291. Serment prété par le vidomne ou son lieutenant pour l'observation des franchises ; 1343. Création des Syndics ; 1364. Ordonnance faite au Conseil général pour la réception de l'empereur ; 1365. Actes recueillis dans un cahier par un écrivain du 15e siècle.

— Procès de la ville de Genève contre un citoyen, Pre Perrod, qui réclamait l'affranchissement des impôts, comme chargé des poids et mesures du bled et du sel marin ; 1488.

— Procès d'Amy de Joye ; 1519. (Extrait dans le vol. II de mes Matériaux pour l’histoire de Genève).

LA COLLECTION GALIFFE. fil

— Note des logis pris à Genève pour le duc de Savoye; en AAA (manuscrit du temps).

— Relation composée et écrite en brouillon par Jacques Hugonin, ambassadeur du duc de Savoye aux Ligues Suisses ; 1535. (Une feuille de papier assez gâtée, mais lisible.)

— Plainte portée par une jeune fille victime des désordres de la guerre entre le Duc et les Genevois, en 1535. (Une feuille en bon état.)

— Pièces de procès relatives au commencement de la Réformation à Genève, montrant les mœurs du clergé.

— Persécutions dirigées contre un nommé Pierre Tissot dit Buzenet : Calvin avait dit en chaire qu'il fallait construire deux gibets pour y pendre sept à huit cents Jeunes Genevois. Le prévenu dit à son voisin qu'il vaudrait mieux y pendre les réfugiés qui s'étaient enfuis de leur pays ; 1545. Le Consistoire le trouva fier, parce qu'il ne voulait accuser personne, et le dénonça au Conseil qui le fit emprisonner et le tint du 4 au 18 août. Ce jour-là, le geôlier déclara au Conseil que son prisonnier avait un ulcère qui pourrait bien être la peste et on ordonna qu'il fût libéré en payant les dépends et donnant caution de se représenter dès qu’il en serait requis.

— Diverses lettres et papiers de moindre importance, du 16e siècle.

— Un paquet d'opinions officielles de jurisconsultes, du 16e siècle.

— Un reçu de Calvin pour ses gages, du 18 décembre 1561, tout entier de sa main.

— Un écrit de sa main aux magistrats d> Basle, approuvant le mariage d'un veuf avec la cousine issue de germain de sa défunte femme, permis à Berne, encore défendu à Genève. — Il écrit au nom du Consistoire de Genève et termine par ces mots : « Quant à cela (à cette défense), nous n’y attouchons point; car, comme ce n’est pas à nous de faire Statuts et Édits sur le fait des mariages, aussi nous leur en laissons la disposition » (aux magistrats); du 6 septembre 1548.

— Quatre pages des œuvres de Calvin, prises au hasard.

— Un reçu de Calvin pour un quartier de ses gages, non signé, mais entièrement écrit de. sa main : 15 décembre 1563.

— Un long avis, aussi entièrement écrit de sa main, sur un livre inédit de Jaques Gruet qu'il avait fait décapiter en 1547. — Le livre fut brûlé par la main du bourreau, ayant été déouvert dans le galetas de la maison de Gruet, parmi les balayures;, quelques années après sa mort.

— Une déposition officielle sur un suicide arrivé en janvier 1545, entièrement écrite de sa main et signée par lui.

— Dispute de Calvin et de Henry de La Mar, qu'il fit casser pour avoir blâmé son impétuositée. — C'est un extrait, fait dans le temps et par le secrétaire du Conseil, des registres ; et du plus grand intérêt pour faire connaître Calvin; 1546.

— Pièces relatives à Calvin personnellement :

— Avis du Consistoire dicté par Calvin et scellé de son sceau propre : une main tenant un cœur, pour recommander d'obtenir des preuves indirectes contre les accusés, en mettant à la torture ceux que l’on suppose être leurs complices et de condamner les premiers sur ces dépositions, lors même que la torture ne leur arracherait aucun aveu. Comme les anciennes lois de Genève défendaient une telle procédure, le dernier paragraphe recommande aux magistrats de s'en affranchir par une exception de puissance absolue.

Peu de documents sont d'une plus grande importance pour montrer combien Calvin était peu propre à civiliser un peuple. Ce papier est certainement de l'année 1555, où al fit massacrer juridiquement tous ceux de ses adversaires dont il put obtenir l'arrestation.

72 LA COLLECTION GALIFFE.

— Informations prises sur la révélation faite par Spectable et très-honoré seigneur Monseigneur Jehan Calvin, le 6 avril 1545, à cause d'aucunes paroles sur lui imposées par aucuns.—On l'avait accusé de mettre le trouble dans Genève pour pouvoir se faire un honneur de le pacifier et acquérir ainsi une influence qui le rendit enfin maître de la ville, et on avait cité Tite-Live pour prouver qu'il imitait en cela l'exemple d'un ancien Romain (App. Claudius, je pense). Le ministre Aymé Champereau dépose que cela ne se rapportait pas à Calvin, mais au trésorier Amblard Corne (son satellite le plus dévoué), mais on découvrit que c'était Pierre Ameaux, Conseiller de Genève, qui avait prêté le Tite-Live qu'on avait lu, et l’année suivante Calvin lui intenta, sous d’autres prétextes, un procès atroce où il força absolument le Conseil à casser une sentence sévère, mais trop modérée à son avis pour en former une autre d’une rigueur extrême ; 1545.

Cet inventaire est incomplet, car le procès d’Ameaux (Voy. ci-dessus, p. 47) n’y figure pas, non plus que le dossier considérable concernant Bezançon Hugues (p. 35), et malgré l'importance des articles relalifs à Calvin qui viennent d’être énumérés, il n’est pas vraisemblable qu’ils suffisent à justifier l'annonce, grosse de promesses et de menaces, que M. J.-B.-G. Galiffe a faite au public et à ses confrères de la Société d'histoire et d’archéologie de Genève (Mém. 1859, XI, 444) dans la note que voici : « Nous « choisirons probablement, comme sujet de notre prochaine notice, le « Capitaine général Jean Philippe. Nous pourrons ensuite passer, dans « une troisième notice, au grand réformateur en personne, sur lequel nous « possédons peut-être plus de données authentiques et inconnues qu'on n’en « a encore publié jusqu'à ce jour. »

Conclusion.

e M. Jean-Barthélemy-Gaïfre Galiffe, à la fin de sa « Lettre d’un Protestant Genevois aux lecteurs de ia France Protestante, à propos de l’article Bolsec, » s'exprime en ces termes:

« Ilest temps de conclure. Que les lecteurs qui seraient disposés à taxer cette Lettre d'exagérée veuillent bien lire ou relire le pamphlet Bordier-Bolsec ; il n’est pas besoin d’autre justification. Ils y verront que « bien loin de s’exeuser de » ce qu'il appelle « quelque âpreté de langage, » il demande au contraire + que ses coreligionnaires l’excusent de n’en avoir pas dit plus et plus erûment. » En un mot, il s’excuse de n’en avoir pas dit tout à fait assez pour être traduit en correctionnel, ou pour se croire obligé à une réparation que tout insulteur doit cependant savoir accepter d'avance. — A Dieu ne plaise que je fasse aux « coreligionnaires » et collaborateurs de M. Bordier l’injure de les supposer solidaires d’une conduite aussi peu protestante et aussi peu française. J'ai d'ailleurs reçu à ce sujet, des uns et des autres, dès les premiers jours, les assurances les plus fermes et les plus cordiales de plusieurs, même avant que j'eusse seulement pu prendre connaissance du libelle. Personne, pas même les ecclésiastiques, n’ont supposé un instant que le silence du dédain pût tenir lieu de réponse: le conseil unanime a été que je tâchasse de faire en sorte que la colère ne l’emportât pas sur le mépris, en répondant à des méchancetés qui ne seraient qu'ignobles si elles n'étaient pas en même temps d’une bêtise presque enfantine. »

Je regrette qu'il n’y en ait pas davantage. Cette Lettre, bouillonnante et débordante, comme d’une source naturelle d’injures, semble avoir un peu manqué son but principal qui était d'arrêter, de décourager la critique et de me fermer la bouche par la crainte d’avoir à supporter des outrages.

Ma conclusion, à moi plus tranquille, est de me reposer dans la douce satisfaction d’un devoir accompli et d'attendre le savant historien, lélégant styliste, à ce Correctionnel dont il m'adresse la menace,

Chätelaine-Aire, près Genève, 20 octobre 1880.

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