‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 99 sur 106 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

fiance dans la fermeté des autorités pour faire exécuter la loi.

PLUSIEURS VOIX, blagueuses.

Bravo ! Vive monsieur le maire !

BAUDRAND, s'approche de Masurier.

Il faudrait leur dire aussi...

Il lui parle bas.

OUDOIRE, à Duthel.

En voilà des histoires!

DUTHEL, à Oudoire.

Ça va se gàler!... Si on envoyait prévenir la gendarmerie?

OUDOIRE.

Bonne précaution, l'autorité...

Il appelle un gamin, il lui parle bas, lui donne deux sous, le gamin sort en courant.

MASURIER

C'est juste, Baudrand, je vais le leur dire.

Mouvement d'attention dans la foule et parmi les autorités qui se groupent en arrière du maire.

RIVOLLET, quittant Clémence à laquelle il serre la main discrètement.

Je compte sur vous.

Il va rejoindre Oudoire.

MASURIER

Mes chers concitoyens, je dois aussi vous annoncer qu'à la suite d'une enquête, nous avons reconnu que l'on a fait courir sur le compte de mademoiselle Lambert des bruits qui...

NOÉMI, qui en arrière prêtait l'oreine, s avance.

Pardon, monsieur le maire, de vous interrompre, je désire n'être pas défendue.

MASURIER, stupéfait.

Pourtant... nous ne saurions tolérer.,, vousne pouvez accepter...

NOKMI, fière.

J'accepte tout et ne me plains de rien.

MASURIER, se tournant vers Noémi, puis vers la Commission.

Du moment que vous vous y opposez... je ne vois pas pourquoi j'insisterais; n'est-ce pas?

On rit et on applaudit dans la foule.

BAUDRAND, à Xoêrai.

Mais laissez-le donc parler !

NOÉMI

Pas plus lui que vous!

MASURIER, abandonnant la lutte.

Puisque les injures font plaisir à mademoiselle Lambert...

NOÉMI, hautaine.

Pourquoi m'attristeraient-elles ? Suis-je coupable de ce dont ils m'accusent ?

Elle montre la foule.

BAUDRAND, pressant.

C'est justement pour ça...

NOÉMI. achevant la phrase.

Que je n"éprouve aucun chagrin... (Mouvement d'éton-

nement de Baudrand, Masurier et des autres. — S expliquant

avec hauteur et jierté.) Je suis comme l'iunocent conduit au supplice sous les huées. Ni la foule, ni le bourreau, ni les jurés ni les juges ne savent. Ce sont des aveugles qui crient dans les ténèbres, le condamné seul voit la lumière, seul il connaît la vérité, seul il

Page 1