PRÉFACE
Je n’ai point eu l’intention, en écrivant ce livre sur les écrevisses, de composer une monographie zoologique de ce groupe d’animaux. Un tel travail, pour être digne de son nom, demanderait que l’on consacrât des années à étudier patiemment une masse de matériaux recueillis en un grand nombre de points du globe. Je n’ai pas eu non plus l’ambition d’écrire sur l’écrevisse anglaise un traité qui pût aucunement provoquer la comparaison avec les travaux mémorables de Lyonet, de Bojanus ou de Strauss Durckheim sur là chenille du saule, la tortue et le hanneton. Mon but a été beaucoup plus humble, quoique peut-être non moins utile dans l’état actuel de la science. J’ai voulu en effet montrer comment l’étude attentive de l’un des animaux les plus communs et les plus insignifiants nous conduit pas à pas des notions les plus vulgaires aux généralisations les plus larges, aux problèmes les plus difficiles de la zoologie et même de la science biologique en général.
C’est pour cette raison que j’ai appelé ce livre
x PRÉFACE DE L’AOTEUR. . ‘
Introduction à l’étude de la zoologie, car celui qui suivra ses pages, l’écrevisse à la main, et essayera de vérifier par lui-mème les exposés qu’il renferme, se trouvera amené à envisager face à face toutes les grandes questions zoologiques qui excitent aujourd’hui un si vif intérêt; il comprendra la méthode par laquelle seule nous pouvons espérer obtenir des réponses satisfaisantes à ces questions ; et il appréciera enfin la justesse de cette remarque de Diderot : « 11 faut être profond dans l’art ou dans la science pour en bien posséder les éléments. »
Ces avantages seront acquis à l’étudiant malgré toutes les omissions et les erreurs que la critique pourra faire découvrir dans le livre lui-même . « Si commune et si humble que la plupart des gens trouvent l’écrevisse, dit Rœsel von Rosenhof, elle est cependant si remplie de merveilles, que Iè plus grand naturaliste pourrait être embarrassé de les expliquer clairement. » Mais les grands faits seuls présentent une importance fondamentale, et, pour ce qui concerne ceux-ci, j’ose espérer qu’aucune erreur ne s’est glissée daus l’exposé que j’en ai fait. Quant aux détails, il faut se souvenir non seulement qu’ii est presque impossible d’éviter toute omission et toute erreur, mais aussi que de nouvelles lumières surgissent de nouvelles méthodes d’investigation, et que le progrès introduit dans nos vues générales par l’élargissement graduel de nos connaissances amène de meilleures méthodes d’exposition.
J’espère sincèrement qu’un tel agrandissement
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de notre savoir se produira, que les rectifiations abonderont bientôt et que cette esquisse pourra être un moyen dé diriger sur les écrevisses l’attention des observateurs de tous les points du monde. Des efforts combinés fourniront bientôt la réponse à un grand nombre de questions qu’un seul travailleur ne peut que poser, et, en complétant l’histoire d’un groupe d’animaux, assureront les fondements de la science biologique toute entière.
J’ai ajouté, au bas des pages, quelques notes sur des points de détail dont il était inutile d’encombrer le texte, et, sous le titre de Bibliographie, j’ai donné sur la littérature du sujet quelques indications qui pourront servir à ceux qui désirent l’approfondir davantage.
Je suis redevable à M. Parker, démonstrateur de mon cours de biologie, de plusieurs dessins anatomiques, et de l’utile assistance qu’il m’a prêtée en surveillant l’exécution des gravures et l’impression de l’ouvrage.
M. Gooper a été chargé des gravures, et c’est à lui que je dois, ainsi qu’à M. Coombs, l’exact et habile dessinateur auquel étaient confiés les sujets les plus difficiles, les excellents spécimens de l’art xylographique représentant le Crabe, Je Homard, la Langouste et le Homard de Norwège.
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