‹ L'ecrin comedie en trois actes, melee de chantChapitre 12 sur 50 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

ARMAND , COliRSOL , RO.STOLIN.

ROSTOLIN. Oui, oui, madame Boizard.

ARMAND. Quelqu’un ! r,

ROSTOLIN. Viens donc... pour ton incognito, il vaut mieux attendre ici le retour de Kruchet.

coi'RSOL. Oui , tu as raison.

AR.MAND. Ciel! son maril

COURSOL. Je serais au désespoir si quelqu’un de connaissance... Ah! .M. le duc de Bois d'Ëlmay.. .

ARMAND. Monsieur...

COURSOL. Allons, il m’a vu... Ah! mon cher duc, je suis désolé... c’est-à-dire, enchanté de votre rencontre... car entre nous deux , entre gentilshonime.s. . .

ROSTOLIN. (lenlilsbommcs! un pluriel bien singulier !

COURSOL. Kt puis, vous êtes mon ami...

vous m’en avez donné des preuves.. . Quand vous restez chez moi à prendre le thé avec ma femme, pendant que je vais à l’Opéra. . .

c’est là un de ces services... et vous m’en rendrez bien encore un autre aujourd’hui.

ARMAND. Lequel?

COURSOL. D'ignorer mon retour... de n’en pas parler à ma femme.

ARMAND. Moi ! l'aflliger sans nécessité !

COURSOL. JuhleinenL.. j’y mets tant de procédés... car on connaît mon estime... mon affeciion pour elle...

ROSTOLIN. Klle en est litléralementaccablée.

^ COURSOL. Cette chère amie !..elle m'adore!

C est bien naturel, je ne lui en fais pas un reproche; mais dèsque je suis auprésd’ellc, elle tombe tout de suite dans une langueur. .. peu amusante.. .et mon .système à moi, c’e.st de m’amnser avant tout... Dame! comme dit la chanson, nous n’avons qu’un temps à vivre.

ROSTOLIN. Lui, surluuL

COURSOL. Avec ça, l'usage a sa tyrannie.,.

Dans le monde des é|)oux comme il faut, on serait perdu, si on n’éiablissait pas rue Lepelletier une petite succursale.

Ain ParUtge de la rirJiew

Une galante colonie,

11m Marqui«.n<v de ('amour

nosTouN.

El rorcan, j# le parie.

N’mi point pariHqur a IVnlour.

cutrxMH.

La colonie a?êc la métropole

K^t, je ravoue, en guerre quelquefois.

L’KCRIN.

Car l’hymen est nn moDopole Dont les maris fraudent les droits.

Et ma Fanny surtont, vous saTcz...rllc est si vire !

BOSTOLIN. Elle Yousbatdcs entrechats!

COURSOL. Si elle ne battait qne ça !.. c’est i cause d’elle (pic je viens ici... une maudite parure qu’elle sait être dans nia famille, et dont elle exige la pareille... toutes les antres pierreries que je lui offre, elle me les jette il la tête... ce qui est ruineux., .et dangereux. ..

BOSTOI.lN , faisant le geste de frapper rudement. Elle a la bosse de...

COL RSOL. D’ailleurs, j’ai des motifs pour ne pas la fâcher... les motifs les plus graves...

ARMA^D. Que je connais trop!

coüBSOl. Et je serais dans le plus grand embarras si je ne trouvais pas ici, aujourd’hui, cette parure d'améthystes... ch mais, justement, la voici!

ARMAND. Je tremble!

BOSTOLIN. Déjà trouvée!., tu vois, mon cher, quand je me chatte de quelque chose...

r.oURSOL. C’est d'une conformité.. .pourtant il manque... Ah! mais, il y a double fonds, vérifions vite..,

ARMAND. Que faire?., mais si ce n’était pas à vous?

COCBSOL. Ce serait donc aux miens... j’ai le droit de voir.

ARMAND. Oh ! à tout prix , motisieur.

coi'BSOL. Hein ?

ÉVEUNE, dans la éouttfue. Merci, merci, madame Boizard, ne vous occupez ({uc de Nineltc.

CODRSOL. Obi mon Dieu! cette voix! ma femme !

ROSTOLIN. Ta femme!

ÉVEUNE, de même. Bien, bicu,je vais examiner.

COÜRSOI.. Elle entre !.. Ah! ce cabinet noir!. Monsieur le duc, éloigncz-la. .. bah ! entre gentilshommes, quand on s’amuse.,. Je me sauve dans le cabinet noir.

ROSTOLIN. Et moi, profitons de ça pour guetter Minette.

Il sort.

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