I. oh ' je u'v icn.ns pins !.. (|ilel
L'ECKhN.
être !... un médecin qui veut toujours tàter le pouls... à la taille.
NINETTE. Oui, si on le laissait faire
Vous le croyez donc dangereux ?
isoizARD. Comme médecin, je ne dis pas. . . mais autrement...
FRUCHET. C'est égal... tous ces dandys qui viennent faire les beaux bras autour de iM"'' Nineite, ça me met dans une rage... mais je me vengerai... oh ! il y en a un surtout , je me méfie de lui , parce que, dans le fait, ii est très-bien ; c'est-à-dire M"' Ninette le trouve comme ça , moi pas.
NINETTE. ()ui donc?
FRUCHET. Oui , mam'selle, il n'y a pas de jour oij il ne passe des trois, des quatre fois devant le magasin , en épiant à travers le vitrage.
M"'" BOIZARD. .le n'ai pas remarqué.
FRUCHET. Voilà pourtant environ trois semaines (|ue ça dure!... tenez, juste depuis qu'il s'est rencontré ici avec M"'" de Coursol la bonne , je veux dise la jeune.
BOIZARD. M""= Eveline.
FRUCHET. Quelle horreur ! un duc !
BOIZARD. Un duc!
NINETTE. Ah ! je devine.
FRUCHET. Qu'on me demande jamais sur lui des informations , je le donne pour le plus grand séducteur. ..
NINETTE. Y pensez-vous? risquer défaire manquer peut - être un beau mariage à un jeune honmie si honnête, ce bon M. Armand.
noiZARD. Armand? ce n'est pas M. le duc de Bois d'Elmay?
NINETTE. Si fait, mon oncle.
M"" BOIZARD. Vous le connaissez?
BOIZARD. Si je le connais !... c'est-à-dire oui, je l'ai aperçu dans ses visites chez Al"''de Coursol.
FRUCHET. La méchante!
BOIZARD. Et tout ce quej'aivu, apprisdc lui... oh 1 l'esprit le plus droit... le cœur le
plus généreux la loyauté, l'honneur
même!... l'exposer à ces soupçons vagues
qui ne s'effacent plus entraver peut-être
son avenir... oh! mais ce serait affreux, ce serait un crime!
FRUCHET. Oh! alors, je vous jure que jamais...
BOIZARD. Bien , très-bien ! je te crois.
FRUCHET. Mais c'est bien h cause de vous, par exemple !
BOIZARD. Ah ça , j'y songe ; ta colère contre ceux auxquels tu supposes des attentions pour Ninette... Est-ce que lu l'aimerais, par hasard?
FRUCHET. Moi ! ,
.\i"'" BOIZARD. Hein?
NINEITE. Ah ! mon oncle ! il ne me l'a jamais dii.
FRUCHET. Bien sûr que non... Monsieur Boizard, je ne sais pas ce qui a pu vous donner l'idée... ô Dieu!... aimer manrselle... moi qui n'ai rien!... et elle qui est riche!...
BOIZARD. lUche , grâce à ton zèle, à ton travail : après la mort de mon pauvre frère , c'est toi qui as soutenu la maison.
M"" BOIZARD. Quant à ça , c'est vrai.
NINETTE. oh ! oui , c'est vrai.
BOIZARD. Tu trouves aussi , loi ?
FRUCHET. Depuis huit ans je travaille pour elle; je donnerais ma vie pour la rendre heureuse : je mourrais si je lui voyais un chagrin; mais pour l'aimer, non, non : je suis incapable de ça !...
BOIZARD. Enfin, tu ne l'aimes pas... c'est bien... c'est très-bien... c'est d'un brave et honnête garçon.
FRUCHET. Pas vrai?... aussi je m'efforce., j'y ai du pial, par exemple.
NINETTE. Ce pauvre Fruchet!... {Bruit d'une voiture. ) Ah! une voiture!... Eh mais... c'est celle de M™" Eveline.
FRUCHET. Et l'écrin de sa tante n'est pas revenu de l'atelier... J'y cours...
BOIZARD. Va... dépêche-toi.
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