‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 157 sur 184 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

^GEITS II.

LE DUC D'ALBE, SEUL

Allons, — pendant dix mois le sombre événement

Par la fatalité fut couvé lentement.

Il éclôt aujourd'hui , morne 5 sanglant, terrible.

Rien n'en peut arrêter l'essor irrésistible;

Et tout obstacle humain à sa marche opposé ,

Sous le doist du destin s'écioulerait biisé.

Le destin ! Qu'est-ce donc que le monde ainsi nomme?

La volonté du ciel ou bien celle de Thomme ?

Dans son Escurial , palais moins que tombeau ,

Ou bien dans Aranjuez , dans IMadrid , au Pardo,

Un homme, un maître , un roi sous leurs lambris respire :

Son regard souverain plane sur un empire ;

Tout , sous son sceptre d'or, au loin doit se courber,

Et du signe qu'il fait , deux tètes vont tomber.

Pourtant , il aurait pu , ce roi , d'une parole

Arracher au bourreau les hommes qu'il immole :

Leur vie et leur trépas vacillaient dans sa main ;

De lui tout dépendait : — où est donc le destin ?...

SGEITE III.

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