‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 19 sur 184 · L. DE NASSAU · texte numérisé non relu

L. DE NASSAU

Çà, messieurs, il est temps, je crois, de décider

Ce que nous allons faire. A force de tarder A prendre un parti sur qui termine au plus vite Les choses, la Ducliesse avec l'air hypocrite Que je lui vis tantôt, pourrait bien, après tout, Sans nous en prévenir, tramer uo mauvais coup.

HAMES.

Pardieu, voilà parler ! qu'est-ce que des requêtes,

Des lettres, des placets, des remontrances? — Faites

Des |)hrases, et tandis qu'on vous écoutera ,

Vn plein jour, du bourreau la main travaillera!

De tous nos ennemis la rage est occuj^ée :

Quand nous prenons la plume, eux , ils prennent l'épée;

Ils agissent quand nous parlons; et puis, au bout.

Ils riront de nos pleurs. — Dieu soit loué de tout!

Kn vérité, messieurs, c'est une chose triste,

Kt honteuse à penser, qu'en ce temps il existe

Aux l*ays-Bas un peu[)le humble, faible et tremblant,

Que courbe l'Espagnol sous un glaive sanglant!

Un peuple qu'il étieint de son regard cupitle j

Un peuple qu'il égale à l'Indien stupide,

Kt que, depuis dix ans , sans trêve il soufïleta

D.'un bâton recouvert d'une Saiit-Benita !

U'cst une chose infâme à nous couvrir tie honte,

Qne l'on nousmette, à nous, commeauchcval qu'ondompte,

l.c Iiarnais sur le dos, dans Jes flancs l'éperon!

l'onr nous, est-il luj jour qui n'aj)porte un affront?

F'st' il un jour ([ui n'ait, dans une main sovilc,

N u londier les emplois, comme une épave vile?

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