‹ L'écuelle et la besace; scenes historiques du 16eme siecleChapitre 29 sur 184 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

— N'avez-vous jamais lu certain traité qui prouve Que lorsque dans l'état un magistrat se trouve,

— C'est le supérieur — qui tyrannise ou dort, L^inférieur a droit, oui, de tenter le sort

Des armes ?

EGMONT

Et la foi qu'au prince on a jurée ?

HAMES.

Et l'article dernier de la Joyeuse-Entrée,

Dans lequel, pour lui-même ainsi que pour ses hoirs,

Le roi renonce à toute espèce de devoirs

De notre part, au cas — qu'eux ou lui sacrilèges,

Us osassent enfreindre , un jour, nos privilèges ?

D'ORANGE

Que votre droit soit bon : si celui du plus fort. Messieurs , paraît meilleur et trompe votre effort ? Vous jouez près du gouffre et la pente est glissante. Songez-y mûrement, car l'Espagne est puissante; Et craignez bien d'avoir, appelant ses bourreaux, De tout ce peuple, un jour, multiplié les maux.

MARNIX

Ce jour, nous serons morts.

BRÉDERODE.

Morts? Non pas, Aldegonde.

Pardieu, les Gueux vivront! ou bien la fin du monde

Sera venue, — et si c'en est le cas, ma foi , Qu'importe qui triomplie ou de nous ou du roi ?

D'ORANGE

^ eus riez toujours , comte !

BRÉDERODE.

Et vous tremblez sans cesse, Prince !

CUILEMBOURG.

Messieurs, allons! Vous rendrez la Duchesse Et ses inquisiteurs trop aises, si d'abord Ils apprennent que nous ne sommes pas d'accord.

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