SCÈNE PREMIÈRE
ARMAND^ graTement. Poirier, je D'ose pas te demander ce que lu as fait des coniilarcs!
POIRIER, levui k linge <|iii ot nr U cage. Tiens, VOUS avez aussi un écureuil?
ARiCAHD. Comment, aussi?
POIRIER. Oui, comme votre voisine... mademoiselle Henriette. (Regaidaiit à la fenêtre.) Ahl sa fenêtre est fermée... c'est étonnant, elle qui chante tous les matins avant mes serins. (Regardant
dans l'intérieur de U cage.) Une jolie petite bôtel
ARMAND. Mademoiselle Henriette?
POIRIER, allant aa bureau, qu'il fait semblant de ranger. Non, l'écu-
reuil !... Elle, ce n'est pas une bête, da ! c'est une ouvrière en dentelles qui travaille comme une fée!... et avec cela jolie... honnête!...
ARMAND, lançant de la fnnii d'an air de donte. Bouht
POIRIER, appuyant. Honnête!
ARMAND, de néme. Bouh!
POIRIER, le retournant. Honnête! Elle ne me rencontrerait pas dans l'escalier sans me saluer.
ARMAND. Ah! oui! honnête, comme ça!
POIRIER, épouMetant moUenMnk ene chaise à droite. Et autrement
aussi! La preuve, c^est qu'elle n'a pas coqneté avec vous; c'est que vous êtes porte à porte, et que vous ne Pavez jamais vue!
ARMAND. Jamais !
POIRIER. Ah! parbleu! ce n'est pas celle-là qui se mettrait à la fenêtre pour vous faire des agaceries... comme mademoiselle Adeline, qui loge en face.
ARMAND. Poirier!
POIRIER. Une effrontée, celle-là.
ARMAND. Itfonsieur Poirier... je vous préviens que je porte un tciiilre intérêt à mademoiselle Adeline, et que je pense même à Tépouser.
POIRIER. On le dit, monsieur!
ARMAND. Laissot-moi vous le dire encore.
POIRIER. Et si vous me demandiez mou avis...
ARMAND. Je ne vous le demande pas!
POIRIER. Alors, je vais vous le donner de moi-même!... lia» demoiselle Adeline est une personne...
' ARMAND, s'agitent. Poiher, je te défends de continuer...
POIRILR, euntinuant tranquillement. Qui reçoit trop de IcttX'US...
ARMAND. Poirier !
POIRIER, de même. Et trop de visites...
ARMAND, lui jetant son oreiller. Te taifas-tu ?
POIRIER, de même. ;•• De jeunes gens...
ARMAND. Misérable!... (ll lui jette ton tratenin.) POIRIER, ramassent le traTenin. ... Pour que sa vertU... ARMAND; il cbfrcfaf quelque choie à lui jeter, aperçoit le chandelier iut U fable de nuit, et th pour le lui lancer. Âh!
POIRIER, >e garant aTec letraTersin. Arrêtez 1 (il laisse tomber le traTenin tt avec le pied le pousse au loin.)
ARMAKD. Enfin!
POIRIER. Et épousez-la, je m'en lave les mains! ce n'eat pas moi qui serai...
ARMAND. Euh!...
POIRIER, saluant. Votre garçon d'honneur !••• Bonsoir, monsieur! je ferai le lit plus tard !
ARMAND. Oui, le mois prochain! Je la connais celle-là!
POIRIER, ramassant tout son attirail et s'en allant sans avoir seulement
balayé. Ce n'est pas ma faute, monsieur, si...
ARMAND. Vd-t'en!
POIRIER, revenant. Trouvez-moi encore quelqu'un qui fasse une chambre comme ça, lestement et sans qu'on s'en aperçoive ! (u s'en va.)
ARMAND. Ah! on ne s'en aperçoit fichtre pas !«.. . POIRIER, même jeu. Je fais mon devoir, et je laisse dire!
ARMAND. Veux-tu t'en aller!
POIRIER, ouvrant la porte. Et quant à la Conduite de mademoiselle Adeline!... (ll disparait.)
ARMAND, se levant tout debout sur son lit» en caleçon. Oh !
POIRIER, reparaissant. C'est Comme ça, tenez; c'est indécent!
(il t'en VA.)