‹ L'éducation dans la province de QuébecChapitre 1 sur 2 · L'éducation dans la province de Québec · texte numérisé non relu

L'éducation dans la province de Québec

Pendant près de quarante ans j'ai vécu" au milieu des jeunes gens. J'ai trouvé mon bonheur à me sacrifier pour eux et j'ai travaillé de mon mieux à leur donner une boime formation intellectuelle et morale que je savais devoir être aussi profitable à eux qu'utile à notre si beau et si cher pays.

Ces années ont été pour moi des années tout à fait heureuses; car je savais que ces jeunes gens plus tard donneraient eux-mêmes selon qu'ils auraient reçu et que, si je les avais aidés, si j'avais mis de ma vie dans leur vie, de mon cœur dans leur cœur, leurs travaux féconds seraient un peu les miens, qu'un lien resterait toujours entre eux et moi et que ma tombe, lorsque ma dernière heure aurait sonné, parlerait encore sur la terre, pendant que mon âme entrerait dans le repos éternel.

J'ai toujours cherché à leur faire comprendre qu'ils ne devaient pas regarder la vie comme un théâtre où l'on n'a qu'à s'amuser, qu'ils étaient à l'âge où l'on sème, à l'âge ou se contractent des habitudes qui dureront toujours et que, s'ils voulaient plus tard n'être pas confondus dans la foule indifférente et oubliée, s'ils voulaient marquer leur place au milieu de leurs concitoyens, la faire haute, prépondérante, ils devaient s'habituer à remplir leurs devoirs, acclimater l'effort et le sacrifice dans leur jeunesse, afin qu'ils s'épanouissent en fruits de toutes sortes dans leur âge mûr.

Rien ne pourra jamais me faire perdre le souvenir de ces années laborieuses dont l'image toujours présente me suit partout, plus aimée encore maintenant que descendent les dernières ombres sur des jours qui déclinent.

Le Club Canadien de notre chère Capitale m'a fait lïnsigne honneur de m'inviter à donner une conférence à ses membres et il m'a laissé le choix du sujet à traiter, .l'ai pris celui qui m'est le plus familier et qui en même temps me "semble le plus utile à étudier par tous ceux qui ont à cœur le progrès de la patrie.

Je parlerai donc de la question des écoles qui a toujours attiré l'attention de tous les esprits sérieux; car tous savent que l'école, c'est l'arsenal où l'enfant puise les armes qu'il devra manier dans les combats de la vie, Je veux vous dire ce qui se fait dans la Province de Québec pour l'instruction des enfants et des jeunes gens.

Je constate de plus en plus que nous ne nous connaissons pas assez et je sais que nous avons tout à y gagner à nous connaître mieux. Si je pouvais contribuer à faire disparaître quelques préjugés, à créer une sympathie plus vive entre des citoyens qui vivent trop loin les uns des autres dans un pays aussi vaste que le nôtre, je recevrais la plus belle récompense que je puisse désirer pour ce travail que j'ai fait avec plaisir pour des concitoyens que j'ai appris à estimer et à respecter.

Page 1