IX
En résumé la réflexion méditative produit en l'âme des élans affectifs précieux quand on sait les utiliser, elle est de plus la grande libératrice, puisqu'elle nous permet de résister au bouillonnement des sentiments, des passions, des idées qui se ruent, sans ordre, vers la lumière de la conscience. Elle permet aussi que nous nous arrêtions au milieu du torrent des excitations issues du monde extérieur, et ce pouvoir de se reprendre, de demeurer soimême, est une cause féconde de bonheur puisqu'au lieu
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que nous nous laissions emporter passivement, sans jamais nous retourner, nous pouvons revenir sur les souvenirs agréables de l'existence, les ruminer, les revivre à nouveau.
En outre, n'est-ce rien que de prendre fortement conscience de sa personnalité ? N'éprouve-t-on point quelque i;hose de la joie qu'a un bon nageur de lutter contre la vague, tantôt la laissant s'enfler et passer sous lui, comme une caresse, tantôt la provoquant et donnant au travers? Si toujours le sentiment de notre puissance dans la latte victorieuse contre les éléments provoque en nous de profondes émotions agréables, qcel intérêt palpitant ne prendrons-nous pas à cette lutte du vouloir contre les puissances brutales de la sensibilité? C'est bien pour avoir peint les joies de la maîtrise de soi, que Corneille est si haut placé dans l'admiration de la postérité, et si ses personnages eussent eu la victoire moins facile, si leur lutte vùi été plus longue contre les fatalités de notre nature animale, son théâtre eût été plus profondément humain, et comme il nous offre un très noble idéal. Corneille fût devenu non seulement le premier de nos poètes dramatiques, mais le génie le plus haut et. )e plus admirable de tout les lempa.