‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 18 sur 126 · A ES · texte numérisé non relu

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rilion de l’ancien régime, se trouvaient encore, pour la plupart, dans le Sud, et ils auraient pu coopérer avec le blanc à régénérer le pays dévasté par la guerre (4). Si l'on avait eu recours à des moyens convenables pour réhabiliter les États révoltés et pour adapter à la situation nouvelle les rapports entre les blancs et les nègres libérés, il est tout à fait probable que la question nègre et les difficultés qui se présentent dans l'éducation des gens de couleur, auraient été résolues depuis longtemps, tandis qu'elles sont encore aujourd’hui une menace pour le développement du Sud et pour la prospérité de la nation. | Erreurs LOGE de la période de Reconstruction. -— La méthode adoptée par le Congrès pour la reconstruction des États rebelles fut la source de maux terribles. Elle est cause, en grande partie, de la méfiance et de l'hostilité qui existent entre les deux races, et des multiples embarras politiques du Sud(2). Le serment du Test (3) et le Quinzième Amendement (4) enle-

(1) N. S. Shaler, The Negro since the Civil War, Popular Science Monthly, vol. 57, p. 29 (May, 1900).

(2) S. P. Chase, Letter to Democratic National Committee in 1873 (E. B. Andrews, The Last Quarter of a Century in the United States, vol.I, pp. 36-37).

(3) Le serment du Test: «Je jure de la facon la plus formelle que jamais je n'ai volontairement porté les armes contre ma patrie depuis que je suis citoyen des États-Unis, que jamais je n'ai de plein gré soutenu, favorisé, conseillé ou encouragé leurs ennemis déclarés ; Que jamais je n’ai tenté ni accepté d'exercer une fonction quelconque sous un gouvernement vrai ou fictif hostile aux États-Unis. Je jure en outre que jamais je n'ai consenti à appuyer aucun gouvernement reconnu ou non, aucune autorité, aucune puissance, aucune constitution, établi au sein des États-Unis et hostile à la nation, que... je suis prêt à maintenir et à défendre la Constitution des États-Unis contre tous ses ennemis, à l'extérieur comme à l'intérieur, » (Décret du 2 juillet, 1862.)

(4) «Le droit éiectoral des citoyens des États-Unis ne pourra être supprimé ni restreint par le Gouvernement fédéral ou par un État quelconque pour cause de race, ou d'esclavage antérieur.» Amendements à la Constitution des États-Unis, art. 15 de la {re section.

vaient virtuellement au blanc l’usage de son droit électoral, tout en mettant le pouvoir politique dans les mains de l’ex-esclave (1). Les gens du Sud, vivement affectés par leur défaite, ne pouvaient considérer le Quinzième Amendement que comme une mesure politique ayant pour but de les humilier encore davantage. Ils savaient parfailement que le commerce du Nord avait bénéficié de l’esclavage et que l’aversion pour la race noire était, en fait, “aussi grande dans le Nord que dans le Sud; par conséquent, ils ne pouvaient pas croire que l'affranchissement du nègre fût dû entièrement à la sympathie désintéressée du Nord pour l’homme de couleur.

Étudier les huit années connues sous le nom de Période de Reconstruction, c’est faire l’histoire de la discorde, de la corruption, de l'ignorance dans le gouvernement. Le seul mérite de ce régime fut le soin qu’il donna à l'établissement d’un bon système d'écoles publiques (2). Les meil-

leures classes du. Sud, par suite des conditions du «ser-

ment cuirassé de fer » (iron clad oath), étaient privées du droit de vote. Le pouvoir politique passa aux mains des « Scalawags », des « Carpet-baggers » et des nègres (3). On nommait « Scalawags » des individus généralement renégats du Sud, qui n'avaient pas de situation sociale avant la guerre et qui étaient des gens notoirement corrompus; les « Carpet-baggers » étaient quelquefois des agents du «ÆFreedmen’s Bureau » (Bureau des Affranchis) ; mais le plus souvent, c'étaient des gens qui étaient allés dans le Sud pour en retirer tout ce qu'ils pourraient, par tous les

(1) Général Ord, Rapport de 1867: « Dans la plupart des comtés de mon district, quelques hommes seulement remplissent les conditions exigées pour pouvoir prêter le serment de l'épreuve (Test Oath), et ceux-là ne tiennent pas à jeter un défi à l'opinion publique en acceptant une charge. »

(2) Cf. E. B. Andrews, The Last Quarter of a Century in the United States, vol. I, pp. 116-120.

(3) Ibid., ch. 5, Carpet-baggers and Scalawags in Dixie.

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moyens, avouables ou non. Il y eut, sans doute, un grand nombre de «Carpet-baggers » honnêtes; la plupart d’entre eux, cependant, oublieux des préjugés naturels des blancs, considéraient tous les gens du Sud comme des exploiteurs éhontés d'esclaves, et les nègres comme des victimes malheureuses et: opprimées qu'il était de leur devoir d'arracher à la puissance de leurs tyrans. ls firent bientôt partager cette croyance à l'homme de couleur, donnant naissance ainsi à des malentendus et à un esprit d’hostilité entre les anciens maitres et les anciens esclaves. Ces nouveaux électeurs devinrent un instrument politique entre les mains des démagogues. Ils étaient sans instruction, crédules, dégradés par tous les défauts et tous les vices que peuvent faire naître de longues années d’esclavage, mais ils croyaient, en même temps, grâce aux mensonges décevants de leurs chefs, que le Quinzième Amendement les avait rendus les égaux de l’homme blanc instruit, qui avait en partage la discipline-intellectuelle des siècles. Que ces électeurs ignorants, dominés par des chefs sans principes ou fanatiques, aient commis des excès ou des fautes terribles, il n'y a là rien de surprenant. On peut s'étonner qu'ils n'aient pas fait pis (1). Cependant, le

(4) «Il paraît qu'il y avait, en 1874, rien que dans la Caroline du Sud, deux cents juges nègres ne sachant ni lire ni écrire, ainsi que des «School commissioners » (commissaires scolaires nègres), tout aussi ignoränts, lesquels recevaient $ 1,000 par an. De même des jurys composés de nègres tranchaient des questions juridiques subtiles et donnaient leurs décisions dans des affaires dont dépendaient les biens et la vie d'individus. » E. B. Andrews, The Last Quarter of a Century in the United States, vol, I, p. 124.

« La dette publique de l’Alabama passa, entre 1868 et 1874, de $ 8,356,083 51 à $ 25,503,593 30. Ces chiffres comprennent les obligations de chemins de fer et au porteur. H. A. Herbert, Why the Solid Soulh.

« La première Assemblée législative de la Caroline du Sud, réunie sous les auspices de la nouvelle Constitution, comprenait 12 blancs et 85 nègres. À cette époque, la dette consolidée de l'État se montait à $ 5,407,306 27. A l'expiration des quatre années d'administration

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