II. École de commerce^ avec deux ans d'études
— Frais d'écolage, 80 marcs et 100 marcs. On y reçoit dans la classe inférieure : a) les jeunes filles ayant fréquenté la seconde classe d'un Bûrgerschule de Francfort, ou ayant subi un examen équivalent ; b) les jeunes filles pourvues du certificat permettant d'entrer dans la première classe d'un Mittelschtilcj ou dans la seconde classe d'une école supérieure ayant neuf classes.
Section III. — Fortbildungsschulen.
Sont obligés de fréquenter les écoles de perfectionnement tous les ouvriers industriels résidant sur le territoire de la commune (ouvriers de fabrique, journaliers, manœuvres, maçons, charretiers, commis), ainsi que les apprentis, aides, et aussi les auxiliaires femmes du commerce {weibliche Handlungsgehûlfe).
Sont exemptés de la nécessité de suivre ces éco-
Mon attention, an coars de plusieurs voyages d'étude, en Europe et aux États-Unis, s'est portée sur les questions d'enseignement. Partout j*ai été frappé de l'effort que font les nations civilisées pour développer leur enseignement industriel et commercial. Je me borne à donner ici le résumé de quelques-nnes des observations que j'ai faites et des renseignements qui m'ont été donnés. Ces simples notes pourront être utilement complétées par le substantiel article que M. Jacques Siegfried a fait paraître dans la Eevue des Deux-Mondes du 1®' septembre 1906.
Autriche. — L'Autriche fait de grands efforts pour développer son industrie. La plus ancîcfiue de ses écoles industrielles est Técole polytechnique de Prague (où il y a maintenant une école polytechnique tchèque et une école polytechnique allemande (*)). Elle remonte à Tannée 1806; Técole de Vienne date de 18t5. Un certain nombre d'écoles industrielles d'un degré moins élevé ont été créées depuis quelques années. Je signalerai celles de Prague, de Reichenberg, de Salzburg, de Gratz.
On s'occupe aussi en Autriche de tontes les questions qui touchent à l'apprentissage . La loi du 5 février 1907 qui a modifié le Code industriel ordonne au patron de prendre soin de ses apprentis
(1) L'école polytechnique tchèque a 4025 élèves ; l'école allemande en a 1583.
et « de ne pas leur enlever le temps et Toccasion nécessaires pour leur apprentissage en les occupant à d'autres services ». Il faut que l'apprenti puisse suivre régulièrement les cours de certains établissements. Et on impose à ces apprentis certains examens.
Il m'a semblé que c'était surtout l'enseignement commercial qui était en ce moment l'objet d'une grande attention. Déjà au iviii*" siècle, l'impératrice Marie-Thérèse avait créé yne Real-und Handels-Akademie qui ne put se maintenir. Mais en 1815 on créa une section commerciale à Técole polytechnique de Vienne. Des créations analogues furent faites aux écoles polytechniques de Lemberg et de Cracovie. ^
Dans la seconde moitié du xix® siècle (à partir de 1856), plusieurs écoles de commerce furent organisées. La plupart des villes importantes en possèdent une. Le Gouvernement a accordé, à partir de 1868, aux meilleures d'entre elles, le droit de délivrer un diplôme qui permet le service d'un an. Ces écoles « supérieures » sont au nombre d'une cinquantaine. Dix d'entre elles portent le nom à'Akademie. La meilleure est celle de Vienne qui ^'appelle Export- Akademie. Elle est rattachée au Musée commercial de cette ville. Quelques-uns des maîtres qui y enseignent sont des hommes de grand talent. L'installation matérielle est bonne : j'ai été frappé de l'importance des collections, spécialement des collections de cartes et d'atlas, et de
rimportance qu'on accorde à renseignement de la géographie. On a organisé à rExport-Akademie, à côté des cours « généraux », des cours spéciaux de sciences commerciales à Tusage des étudiants en droit, des cours spéciaux pour les employés des maisons de commerce et des maisons de banque, etc. Le sous-directeur, le professeur A. Schmid, a publié récemment une importante étude sur les moyens de développer le commerce extérieur de r Autriche {Die fôrderung des Aussenhandels) qui renferme de précieuses indications sur les relations de l'Autriche avec les principaux pays du monde.
J'ai visité aussi avec intérêt Fécole supérieure de commerce de Trîeste qui m'a paru bien dirigée et à laquelle on a donné le titre et les prérogatives d'une école des hautes études. On vient d'organiser à Innsbruck une Handels-A kademie, dont j'ai pu constater il y a quelques mois la belle installation.
Hongrie. — Très remarquable aussi le développement des écoles de commerce en Hongrie.
Les premières tentatives, celles qui se placent dans la première moitié du xix* siècle, n'avaient pas eu grande importance. On doit mentionner seulement les efforts faits en^ 1830 par J. Emmanuel Bibanco qui, avec l'aide de la corporation des marchands de Pesth, ouvrit avec succès dans cette ville des « cours du dimanche »
qui devinrent eiftuite quotidiens et réunirent jusqu'à 150 élèves. C'est en 1857 que fut fondée
Tacadémie commerciale de Budapest dont les débuts furent pénibles. Elle bénéficia en 1868 des avantages accordés au point de vue militaire à ses élèves, et le nombre de ceux-ci s'accrut peu à peu. Nous voyons se former alors 3 catégories d'écoles : les écoles inférieures où l'enseignement est donné le dimanche ou le soir; les écoles moyennes comportant trois années d'études; les écoles supérieures. Celle de Budapest ayant donné de bons résultats, on en a créé une à Kolozsvar (Klausenburg). L'Académie orientale a été en 1899 placée sur le même rang.
La Handels-Akademie de Budapest se compose aujourd'hui en réalité de deux écoles : une école supérieure qui n'est que l'ancienne école moyenne améliorée, et une école de hautes études qui fournit un enseignement plus élevé, un enseignement qui « complète les cours de l'Université ».
Quant aux écoles moyennes et inférieures, elles seraient susceptibles de beaucoup d'améliorations.
Italie. — L'Italie fait depuis longtemps de grands efforts pour développer l'enseignement technique et commercial. Je n'ai pas étudié l'organisation des Instituti tecnici. Mais j'ai pu me rendre compte à plusieurs reprises de la sollicitude qu'on témoigne aux écoles de commerce.
11 y a en Italie quatre écoles de hautes études commerciales à Venise, Gênes, Milan et Bari. Elles n'ont pas la même importance que les écoles allemandes mais produisent cependant une assez
bonne impression. Celle de Venise, la plus ancienne, date de 1868 : c'est d'ailleurs la plus complète. Elle a organisé une section pour la préparation à la carrière consulaire, et une section pour la formation des professeurs des écoles de commerce. Le nombre total des élèves est d'environ 200.
L'université Luigi Bocconi de Milan qui doit sa fondation à la générosité d'un riche habitant de cette ville, a déjà contribué à l'essor économique de la Lombardie. Les fondateurs ont exprimé le vœu qu'elle servît à créer des « capitaines d'industrie ». Ils espèrent qu'elle deviendra une sorte d'université. C'est dire que les conditions d'admission des élèves sont assez rigoureuses. Une place importante est faite aux sciences juridiques dans leurs rapports avec la vie commerciale.
Les autres écoles de commerce d'Italie n'offrent rien de particulier. Plusieurs d'entre elles sont encore médiocres.
Suisse. — La Suisse qui a cherché avec tant de persévérance à s'adapter à l'évolution économique contemporaine ne pouvait manquer de porter son attention sur les écoles industrielles et commerciales. Le polytechnicum de Zurich a aujourd'hui une réputation universelle, il forme des ingénieurs de grand mérite.
Les écoles industrielles d'un degré inférieur ou Technikums, sont aussi fort bien organisées.
11 y en a actuellement six. Le plus important
APPENDICES. il7
est celui de Winterthur. Les Technikums préparent aux emplois « qui s'échelonnent entre la pensée qui conçoit et la niain qui exécute ». On y reçoit des jeunes gens d'au moins quinze ans ayant déjà fait un apprentissage et on y donne un enseignement à la fois théorique et pratique qui m'a semblé très bien conçu.
Les autres écoles industrielles sont en réalité des écoles professionnelles. Le nombre a beaucoup augmenté. On m'a assuré qu'elles étaient bien organisées.
La Suisse, par sa situation géographique, a au point de vue commercial une très grande importance. Aussi l'enseignement commercial y est-il l'objet d'une attention plus grande encore 'que l'enseignement îadustriel. On a fondé il y a quelques années une association de professeurs des écoles de commerce suisses qui déploie une grande activité. Cette association a ouvert récemment une enquête sur la question de savoir si l'enseignement des écoles de commerce doit être plutôt théorique que pratique ou même exclusivement pratique. La plupart des réponses sont favorables à l'idée d'un enseignement donnant à la fois une bonne culture générale et une bonne éducation professionnelle. Les deux choses ne sont pas inconciliables, mais s'il est nécessaire de faire quelques sacrifices, car les programmes ne peuvent être indéfiniment accrus, c'est du côté de la culture générale que les sacrifices devront être faits.
« Il faut, a-t-on dit aux enquêteurs, que dans nos écoles de commerce on suive, avec les élèves, les fondations, les modifications, les cessations, les dissolutions, les faillites des maisons de commerce; il faut qu'on leur montre des documents authentiques, qu'on lise avec eux les cotes, qu'on suive les crises, les hausses, les baisses de toutes les marchandises et de toutes les valeurs ».
« La solution en commun d'exercices pratiques, fut-il dit à un autre enquêteur, est la meilleure préparation des futurs commerçants. Faire de la théorie commerciale sans la vivifier par des exemples pratiques, c'est du temps perdu ! Il ne suffit pas de savoir comment une chose doit être faite ; on doit aussi pouvoir Texécuter. Trop de théorie sans exercices pratiques, risque d'égarer. »
La Suisse possède 3 établissements auxquels on peut donner le nom d'écoles de hautes études commerciales, l'Académie de Saint-Gall, et les deux sections commerciales des Universités de Zurich et de Fribourg. Elle a 20 écoles de commerce portant le titre de supérieures et satisfaisant aux conditions requises pour être subventionnées par le gouvernement fédéral. Les élèves y sont admis ordinairement à l'âge de quinze ans, à leur sortie d'une école secondaire. Ces écoles comportent 3 ou 4 années d'études. II est intéressant de constater que parmi les élèves sortant de ces écoles qui ont été interrogés parles enquêteurs, il n'en est pas un qui ait regretté les années passées
à Técole de commerce, même ceux qui ne sont pas entrés dans les affaires et sont devenus, par exemple, notaires, professeurs ou avocats. Les chefs des maisons de commerce interrogés de leur côté, se sont, à peu d'exceptions près, montrés satisfaits des jeunes gens entrés chez eux au sortir de ces écoles. Ils ont constaté qu'ils acquéraient ensuite aisément la culture générale qui leur permettait de prétendre à des postes supérieurs.
On multiplie maintenant en Suisse les écoles d'un degré moins élevé, celles notamment qui sont destinées à la formation des employés des maisons de commerce.
Les enquêtes qui ont été entreprises sur l'apprentissage, et dont M. Junod, inspecteur général, a donné connaissance au congrès de Milan, sont très instructives W. On s'accorde à reconnaître que les grandes maisons de commerce, aux rouages compliqués et dans lesquelles la division du travail est poussée assez loin, ne se prêtent pas à un bon apprentissage ; mieux vaut une entreprise de moyenne importance. L'apprentissage aujourd'hui est absolument défectueux; certaines réponses des apprentis aux questions qui leur ont été posées sont caractéristiques. On estime que le principal remède aux imperfections signalées de l'apprentissage, c'est la création de cours de
(1) V. la Schweizerische Zeitschrift fiir kaufmànnisches BUdungswesen» Mai-join-juillet-août 1907.
perfectionnement. La Suisse en compte déjà plus de 90 réunissant 10.000 élèves. Les cours de perfectionnement pour les garçons doivent être complétés par des cours pour les filles W,
Belgique. — Les efforts des Belges ne sont pas moins remarquables que ceux des Suisses. La Belgiqijie est même le pays qui a le plus grand nombre de cours commerciaux, et où il y a la plus grande variété de diplômes. Le livre de M"« Charles Vloeberghs sur la Belgique enseignanle donne une idée de la floraison d'écoles de toute sorte qui s'est produite dans ce pays. La quatrième partie montre ce qui a été fait pour renseignement industriel, commercial, agricole, artistique, et spécialement pour renseignement professionnel et renseignement ménager auxquels les Belges attachent une grande importance.
Parmi les écoles de haut enseignement industriel il convient de citer en première ligne Tuniversité de Liège. Une faculté technique y a été créée par la loi du 20 juin 1893, en remplacement de l'ancienne école des arts et nianufactures et des mines. Cette faculté délivre le diplôme d'ingénieur des mines.
(1) Parmi les écoles pour filles d*an degré plus élevé on peut citer celle de Fribourg, ouverte en 1905, rattachée à un établissement d'Ursulines et bien aménagée. Elle paraît appelée à se développer. Le Gouvernement cantonal vient de l'encourager en créant un baccalauréat es sciences commerciales pour jeunes âJles. La Mâdchenrealschule de la ville de Saint-Gall a pris aussi une certaine extension.
On lui a rattaché Tinstitut électrotechnîque créé par le gouvernement belge en 1883 sur Tinitiative du sénateur Montefiore et qui forme des ingénieurs électriciens. La Belgique possède un certain nombre d'écoles industrielles communales (telles que celles de Bruxelles, de Bruges, de Gand, d'Anvers, de Louvain, de Liège) subsidiées par l'État et qui ont pour la plupart une bonne réputation.
L'enseignement commercial supérieur est donné à rinstitut supérieur de commerce d'Anvers qui remonte à 1858 et a servi de modèle à beaucoup d'autres écoles. A côté de lui nous citerons l'école des sciences commerciales et consulaires annexée à l'Université de Louvain, l'école supérieure de commerce annexée à l'Université de Bruxelles, l'école supérieure commerciale et consulaire de Mons, l'école supérieure libre des hautes études commerciales et consulaires, subsidiée par l'État, la province et la commune. Le gouvernement a en outre institué un enseignement commercial supérieur dans les facultés de droit des Universités de l'État.
On vient d'ouvrir à Tervueren une « école mondiale » destinée uniquement à former les jeunes gens qui se destinent aux carrières à l'étranger. L'inauguration de cette école qui prendra sans doute par la suite une grande importance a été Toccasion de remarquables discours.
« L'École mondiale dont nous allons poser la première pierre, a dit le roi Léopold II le jour de
l'inauguration, n'est pas destinée à prendre place parmi les établissements d'instruction existants et encore moins à leur faire concurrence. Son but s'écarte du cadre des programmes actuels d'études, en ce que l'école aura pour mission de compléter l'instruction générale au point de vue mondial et de former, par une préparation spéciale, des éléments capables, et aptes, dans les diverses branches de l'activité intellectuelle et professionnelle, à remplir, dans nos possessions d'outre-mer, leurs fonctions, professions ou métiers »,
L'école de commerce annexée à l'Université de Bruxelles mérite aussi une mention à part. C'est une sorte d'Université commerciale qui se propose « d'élargir l'horizon mental » des jeunes gens qui se destinent au commerce. « Nous pensons, a dit M. Ch. Groux dans le discours qu'il prononça au moment de la fondation de l'école, que ceux qui veulent remplir des fonctions directrices dans les luttes économiques doivent éclairer leurs voies par des idées générales. Les leçons de la pratique et de la technique ne suffisent pas pour les guider. L'industrie et le commerce se haussent partout dans lemonde jusqu'aux degrés sociaux les plus élevés. Ceux qui les exercent ne peuvent sous peine de déchoir ignorer les conditions que la nature et les institutions sociales imposent à leurs organismes dans leur formation et dans leur fonctionnement. » ... « On pourrait, a dit de son côté M. Waxwei- 1er, formuler cet aphorisme que même les plus
petites choses de la vie se font mieux avec des idées larges, et ce n'est pas en formant son esprit à l'empirisme d'une routine traditionnelle qu'on acquiert ces idées-là. Il est faux de dire que la pratique prépare à la capacité. En fait la pratique assujettit celui qui s'y abandonne. Elle le domine, alors qu'il devrait la dominer toujours. L'apprentissage dans les usines ou les maisons de commerce est indispensable, mais il est insuffisant ; pour porter ses fruits il doit être vivifié par des vues claires et un jugement avisé, par une forte éducation des facultés d'observationetde généralisation, par le raisonnement libre et la pensée logique » W. Une place importante a été faite dans l'école de commerce de Bruxelles aux enseignements économiques (2). On y fait en dehors de l'économie politique générale des cours sur : 1* la monnaie, le crédit et le marché de l'argent; 2^ la spéculation et les crises ; 3° la théorie du commerce international; i° le commerce international de la
(1) C'est dans le môme sens que s'est plusieurs fois prononcé M. Millerand, qui dans une tuô très généreuse de Tayenir, a recommandé de ne pas négliger dans les écoles techniques la culture générale. Il estime que pour que l'ouvrier domine la machine et ne soit pas dominé par elle, pour qu'il s'élève au-dessus de son métier, et que dans l'ouvrier subsiste l'homme capable de progrès, une forte préparation théorique doit accompagner la préparation technique. 11 faut que ni la morale, ni l'histoire, ni mêmes certaines connaissances littéraires ne lui soient étrangères.
(2) Il ne s'agit là que des cours « économiques ». Il va sans dire qu'on y enseigne aussi les langues, la comptabilité, la technique des transactions, la science des marchandises, la chimie industrielle, certaines questions d'histoire naturelle, etc.
124 L'EDUGATlOxV ÉCONOMIQUE DU PEUPLE ALLEMAND'
Belgique ; 5" la colonisation et la politique coloniale ; 6® le régime du travail industriel ; 7* la législation ouvrière; 8® la science des finances; 9° rhistoire du commerce et de Tindustrie; Wh géographie économique. Les cours sont complétés par des leçons faites par les élèves. Les études comprennent quatre années plus une année facultative de stage dans des maisons importantes de r étrangère*).
11 y a en Belgique une quinzaine d'écoles de commerce qu'on peut qualifier d'écoles moyennes (on s'occupe de les améliorer) et un nombre considérable de cours libres de commerce, de comptabilité et de langues. On a créé dans la plupart des « athénées royaux », des sections comnaerciales comportant trois années d'études. Les jeunes gens
(1) Le tableau suivant donne une idée du mouvement qui s'est fait en Belgique en faveur d'un enseignement supérieur des sciences commerciales.
1852. Création de l'Institut supérieur de commerce d* Anvers.
Interruption de tout effort pendant 44 ans.
1896. Création d'une nouvelle école à Anvers, de sections commerciales dans les Universités de Liège et de Gand, et de Técole supérieure et consulaire de Mons.
1897. Création de l'École des sciences commerciales et consulaires de l'Université de Louvain et création du titre de docteur es sciences commerciales.
1898. Création de l'École dos hautes études commerciales et consulaires de Liège.
190i. Création de l'École de commerce de l'Université libre de Bruxelles.
1905. Agrandissement de l'École d'Anvers.
1906. Création de l'École mondiale de Tervueren.
Ou peut rapprocher des établissements précités deux très bon-
qui sortent de ces sections constituent pour les écoles supérieures de commerce de bonnes recrues W.
Angleterre. — L'enseignement industriel et commercial a été longtemps négligé en Angleterre. Mais les Anglais commencent à reconnaître son utilité.
Ils sentent que la simple pratique dont ils se sont trop exclusivement contentés ne peut suffire en présence des concurrences nouvelles auxquelles ils sont exposés, à leur assurer la victoire. Lsi National association for the promotionof technical and secundary éducation^ travaille à l'amélioration de renseignement technique et commercial à tous ses degrés. « La guerre que nous devons envisager, disait naguère lord Rosebery, c'est la guerre commerciale. Valertness des Américains, leurs incalculables richesses naturelles, leur esprit d'entreprise, leur population qui dépassera bientôt 100 millions d'habitants, font d'eux des concurrents formidables. Quant aux Allemands, leur lente mais sûre ténacité, leurs méthodes scientifiques, leur esprit de conquête, toutes ces qualités font d'eux des adversaires qui ne sont guère moins redoutables pour nous que les Américains ».
nés écoles commerciales .moyennes, TÉcole supérieure de commerce de rinstitut Saint-Ignace, à Anvers, et rinstitut commercial des industriels du Hainaut, à Mons.
(1) Sur les progrès de l'enseignement commercial aux Pays-Bas on pourra consulter un article de M. Philbert, Réforme sociale, 1" nov. 1905, p. a42.
Aussi travaille-t-on avec ardeur à orienter la jeunesse vers Télude des transformations économiques contemporaines et à développer chez elle Tesprit d'entreprise. C'est d'autant plus facile que les jeunes Anglais n*ont pas le même dédain que beaucoup de nos fils de famille pour les industries même en apparence les moins relevées. Le fils d'un lord estime qu'en devenant fermier ou commerçant il ne se diminue en rien.
La première des écoles sup érieup ft Jîv ^de commerce en Angleterre a été organisi^e souS*Tfbme d'une faculté commerciale annexée à IsJJniversité de Birmingham (1897). Son premier cha^ï^çlier a été Joseph Chamberlain, l'un des hommes de l'Angleterre qui s'intéressent le plus vivement à la réforme de l'enseignement dans ce pays* L'année est divisée en « trimestres » et l'enseignement porte sur les matières suivantes : mathématiques, \ physique, chimie, histoire naturelle, géologie, science de l'ingénieur, métallurgie, exploitation des mines, brasserie, langues étrangères, morale, économie politique, histoire, science du commerce, science des finances, comptabilité.
On vient d'organiser à l'Université de Manchester, une faculté commerciale analogue à celle de Birmingham, et de fonder des écoles de commerce à Londres, à Sheffield, à Leeds, à Glasgow. On a de plus créé des sections économiques dans la plupart des Universités. Les vieilles Universités d'Oxford et de Cambridge cherchent elles-mêmes
à répondre aux besoins nouveaux en instituant des examens et des grades pour les sciences commerciales (i).
Russie. — La Russie a fait des efforts très appréciables pour orienter une partie de la jeunesse vers la vie industrielle et commerciale. M. Grégoriev dans un mémoire sur renseignement commercial en Russie nous montre que ces efforts remontent à Pierre-le-Grand et à Catherine IL La première école de commerce de Moscou date de 1772. Et en 1779 l'impératrice Marie Teodorovsrna déclarait (aucun souverain européen ne l'avait encore fait d'une façon si nette) que les écoles de commerce avaient une importance capitale pour préparer « des hommes plus capables pour la vie ». Dès le commencement du xix® siècle les écoles spéciales se sont multipliées.
L'État se préoccupe aujourd'hui très vivement de l'enseignement technique et commercial. Il lui a déjà fait parallèlement à renseignement universitaire une situation privilégiée. Les écoles de commerce russes sont maintenant très fréquentées, très prospères. Reaucoup sont dues à l'initiative privée. On en installe même en Sibérie.
Grèce. — La Grèce essaye depuis quelques années de réformer son enseignement. Je dois à
(X) V. sur « l'efifort colonial que fait actuellement la Grande- Bretagne pour mettre son enseignement technique et commercial au niveau du continent » un article de M. Paraf . Revue internationale de l'Enseignement, 15 avril 19U6, p. 289.
l^k vre
robligeance de M. Georges Razis, directeur de récole de commerce de Patras, les indications suivantes :
C'est à l'initiative privée qu'est due la création des premières écoles commerciales. Celle d'Athènes qui date de 1894 et avait d'abord été installée à Pirée, fut l'œuvre de M. Othon Roussopoulos; elle fut bientôt reconnue par le gouvernement comme établissement d'utilité publique. Elle a rendu depuis 14 ans de grands services et est aujourd'hui très prospère. Elle comprend en réalité plusieurs écoles distinctes : école de commerce, école d'industrie, école d'agriculture, école d'architecture, école de mécanique, école de métallurgie, écoles de langues (où Ton enseigne le français, l'anglais, Tallemand, l'italien, le turc et l'espéranto).
L'enseignement dans chacune de ces écoles comporte deux années d'études. Pour y être admis il faut être bachelier. A défaut du baccalauréat on passe par une section préparatoire comportant aussi deux années d'études. On projette de donner à Técole d'Athènes qui a déjà un personnel de coprofesseurs ou maîtres auxiliaires de nouveaux agrandissements. Elle reçoit une forte subvention du conseil communal d'Athènes et est placée sous le patronage du roi. Elle a obtenu dernièrement le prix Economos décerné tous les dix ans à l'œuvre qui fait le plus d'honneur au pays.
Le programme d'étude de la section commer-
cîale comporte les enseignements suivants : arithmétique, droit commercial, économie politique, législation douanière, chimie, étude des marchandises, statistique, assurances, calligraphie, sténographie, dactylographie, langues modernes (anglais et français). Le total des élèves des différentes sections est d'environ 300.
On a fondé plus récemment d'autres écoles, telles que Vathinaïki Scholi qui s'occupe exclusivement de commerce et de comptabilité, ÏEmporiki Scholi Panayatopoulo du Pirée, VEspériki Scholi des employés comptables d'Athènes, celle de la société du commerçant de Volo (en Thessalie), etc.
En 1904, grâce à la générosité des riches habitants de Cérigo, une nouvelle école a été organisée dans cette île.
En 1906, un habitant d'Ithaque M. Stathatos a installé dans un superbe bâtiment (dont il est resté propriétaire) une école dirigée actuellement par un Suisse et qui parait appelée à devenir un établissement modèle. Mais c^est en somme aux écoles de TEtat : Athènes, Syra et Patras, qui ont d'ailleurs à peu près les mêmes programmes, que semble réservé le plus bel avenir. Quelques-uns des jeunes gens qui en sont sortis, sont parvenus à de belles situations.
Voici le programme des Écoles de l'État remanié en 1906, que M. Razis nous a communiqués.