‹ L'éducation économique du peuple allemandChapitre 30 sur 33 · COURS FACULTATIF · texte numérisé non relu

COURS FACULTATIF

Sténographie

États-Unis, — J'ai pu constater, pendant un rapide voyage aux États-Unis, le soin avec lequel on s'occupe dans la grande république américaine des questions d'enseignement. La culture de l'esprit est orientée dans le sens économique au lieu d'être dirigée dans le sens « humanités » comme chez nous. L'enseignement technique est extrêmement développé. Les divers « Etats » ont une

grande indépendance à cet égard ; ils sont juges de l'orientation qui leur paraît la meilleure, mais on peut dire, avec M. de Rousiers, que partout l'enseignement est donné par le maître et reçu par les élèves « avec cette vue saine qu'il est un instrument utile, mis entre les mains de la jeunesse pour faire œuvre productrice, et non un talisman destiné à ouvrir la porte d une carrière toute faite. En Amérique l'instruction est un moyen, non un but, parce qu'il n'y a pas de carrières toutes faites. Personne n'attend un moyen d'existence de son seul savoir ; mais tous courent vers les occupations utiles ».

C'est ce que nous dit de son côté M. Buyse, chargé de mission par le gouvernement belge, dans un récent ouvrage [Méthodes amérièaines, Paris, Dunod et Pinat, 1908).

« Le but fondamental des Américains c'est d'inspirer aux enfants et aux jeunes gens le sentiment de la volonté, le goût de l'action persévérante, de hâter chez eux le passage de l'état de dépendance àTesprit d'indépendance; c'est aussi de les préparer à ne compter que sur eux-mêmes. Et on ne peut nier que cette orientation nouvelle donnée à l'enseignement ait produit d'heureux efifets. Elle a fait disparaître peu à peu les préjugés encore si enracinés dans la vieille Europe, contre le travail manuel. Un professeur n'est pas considéré comme intellectuellement supérieur à un contremaître intelligent. L'Américain juge l'homme par

sa capacité de produire ou de réaliser. Aussi metil au premier raag parmi les qualités humaines l'énergie, ce qui est d'autant plus important qu'il n'y a pas d'existence humaine, si modeste qu'elk soit, où la qualité d'énergie n'ait l'occasion de se déployer. »

La plus importante des écoles industrielles des États-Unis c'est le Massachuseits institut of lethr nology de Boston qui prépare aux carrières industrielles de toute nature, et dont la visite a produit sur moi une vive impression. Il réunit plus de 1 .500 élèves. C'est un établissement colossal où l'on trouve à peu près tous les enseignements de notre Ecole polytechnique, de notre École centrale, de notre École des ponts et chaussées, de notre École des mines et des écoles d'architecture. M. Jules Huret [De New-York à la Nouvelle^ Orléans^ p. 70) a été frappé de la note « réaliste » de l'enseignement qui y est donné. « Il ne conduit pas nécessairement à de grandes découvertes, mais il parait souverain dans les applications. 11 y a toute une famille d'esprits qui ont besoin de voir pour comprendre et auxquels il faut des abstractions vérifiées par des réalités palpables ». Tel est en effet le trait fondamental de l'enseignement industriel américain.

Quant aux écoles professionnelles, elles obtiennent partout, dit JVI. ?vdi^QT{V Amérique au travail^ p. 79), le plus grand succès... Elles sont littéralement encombrées avec leurs classes de jour

et leurs cours du soir. Filles et garçons, hommes et femmes luttent à l'envî pour y entrer.

L'enseignement commercial n'eât pas moins développé que renseignement industriel aux États- Unis. On peut répartir en quatre groupes les établissements qui le distribuent : 1® les écoles de commerce proprement dites (ce sont les établissements les plus fréquentés) ; 2® les cours pratiques des écoles publiques supérieures ; 3** les cours de certaines écoles privées; 4® les cours commerciaux des Universités W.

Toutes ces écoles sont très fréquentées. Elles ont puissamment contribué à accroître la richesse formidable des États-Unis.

Japon, — Parmi les pays neufs celui le plus visiblement qui cherche à imiter l'Amérique, c'est le Japon. Voici quelques chiffres que nous devons à Tobligeance de M. Tokuzo Fukuda, professeur àTokio.

11 y a au Japon 4 écoles de hautes études commerciales; celle de Tokio et celle de Kobe sont les principales.

La première n'a pas moins de 71 professeurs ou maîtres auxiliaires, dont 9 étrangers (3 anglais, 1 allemand, 1 français, 1 belge, 1 italien, 1 suisse et 1 chinois) et de 1.240 étudiants (dont 289 dans le cours préparatoire).

(1) L'enseignement donné dans ces diyerses catégories d'établissements a été résumé dans un rapport présenté par M. i^epelletier à un congrès delà société d'économie sociale. Réforme sooiale,!*^ et 16 sept. 1905, p. 352.

L'École de Kobe a 29 professeurs (dont 6 étrangers) et 447 élèves.

Les deux écoles de Nagasaki et de Yamaguchi ont été inaugurées en 1905.

A ces écoles de 1®' degré il faut ajouter une cinquantaine d'écoles moyennes réunissant plus de 15.000 élèves; et une centaine d'écoles inférieures ou écoles de perfectionnement qui en ont près de vingt mille.

Ces écoles ont un caractère officîeL II faut y joindre les écoles dues à Tinitiative privée, dont six ont pris le nom d'école de hautes études. L'une d'elles, celle de Waseda réunit plus de i .000 élèves.

Une grande école de commerce pour jeunes filles a été récemment créée à Tokio.

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