‹ L'éducation musicaleChapitre 12 sur 46 · LA DICTION · texte numérisé non relu

LA DICTION

Lorsque ce travail matériel de la pose de voix est fait, il faut « interpréter ». C’est alors que se révèle l’artiste, car, dans la déclamation lyrique, le champ est vaste et il y a mille façons de rendre une œuvre musicale. Mais encore ne faut-il pas donner un faux sens et penser le contraire de ce que l’auteur a écrit. Il faut bien se pénétrer de la signification exacte des paroles. Si, par exemple, on dépeint une chose navrante, il est nécessaire d’obscurcir le visage. Si, au contraire, il s’agit d’une chose gaie et pleine d’entrain, il faut éclairer la physionomie et sourire légèrement, car il faut éviter toute contraction des muscles de la figure, afin de ne pas être en butte aux moqueries (légitimes, d’ailleurs) de ceux qui écouteraient.

La chose essentielle et sur laquelle on insiste le plus, c’est la diction. Si on ne donne pas de relief.

si on néglige Yaccent, c’est-à-dire l’appui des syllabes importantes, on peut être certain que l’on n’est pas compris à deux mètres. Que la diction ne soit pas molle, mais, au contraire, très nette, en affirmant les consonnes par le rapprochement des organes de la bouche : les dentales, comme d, zi, t y par une action plus forte de la Langue sur les dents; les labiales, b, m,p , par un mouvement serré des lèvres, comme s’il y avait deux ou trois consonnes au lieu d’une seule. De cette façon, vous serez entendu, et vous n’exposerez pas l’auditeur au spectacle de voir une personne qui ouvre la bouche sans qu’on sache ce qu’elle veut dire.

Il faut qu’un chanteur consciencieux, ayant souci de sa voix, travaille régulièrement tous les jours, en se ménageant, du reste, car la voix perdrait sa souplesse et son habileté et la diction deviendrait

molle.

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