YACHTING
Aux États-Unis, un certain nombre de jeunes filles et de femmes acquièrent des connaissances techniques qui surprendraient de véritables « loups de mer ».
Mais en France, qu’il s’agisse de la voile ou de ia vapeur, nos yachting-ladies cherchent moins, 'généralement, et sauf exceptions, à posséder ces connaissances spéciales.
Elles sont plutôt comme d’aimables et brillantes passagères sur les bateaux de plaisance qui leur appartiennent ou à bord desquels elles sont invitées.
Diverses croisières ont été faites autrefois par la princesse dé Sagan, par la baronne Ad. de Rothschild, etc.
En ces dernières années, on cite notamment celles qui ont été accomplies par la comtesse René de Béarn, Mme Hériot, par la baronne de Forest, la comtesse de Faverney, etc.
Pour le yachting automobile, rappelons les exploits de M,ue Camille du Gast et de MUo Noilhan.
Pour la voile, citons Mme J. Vallon, Mme Lavergne, M,ue Guiffrey, M:ie Suzanne Billard, etc.
SPORTS DE DÉFENSE PERSONNELLE (Boxe, Lutte, Jiu-Jitsu).
Ces sports ne vous conviennent guère, Mesdemoiselles, et d’une façon générale, ne sont guère admissibles que pour des « femmesathlètes », des « femmes-colosses », ou autres foraines remarquables, soit par leur force, soit par une endurance et une souplesse de professionnelles entraînées.
Certes, nous avons vu des femmes faire de la boxe française (d) avec tant de souplesse qu’elles n’étaient pas, à proprement parler, disgracieuses : et l’on ne pouvait contester la légèreté avec laquelle elles portaient des coups de pied et revenaient en garde. On fût resté plus choqué de ce spectacle, s’il n’avait été donné par des professionnelles dans un music-hall.
A plus forte raison, si elles avaient fait uniquement de la boxe anglaise, l’impression eût été d’emblée plus fâcheuse.
Au point de vue pratique, trouveriez-vous grand avantage pour votre défense personnelle dans l’étude de la boxe ?
Si seulement après quelques leçons on pouvait cesser de cultiver les coups et parades que l’on vient d’apprendre...
Mais, en réalité, un jeu même simplifié doit être répété de temps en temps, si l’on veut pouvoir en tirer parti ; il faut rester plus ou moins entraîné, se refaire la main et la jambe assez fréquemment, si l’on veut utiliser vraiment les notions apprises.
Je ne vous vois point, Mesdemoiselles, vous astreignant indéfiniment à la pratique d’un sport qui ne vous sied pas, et dont vous n’aurez probablement pas la moindre occasion de vous servir, dans les milieux auxquels vous appartenez.
(1) La boxe française comprend à la fois les coups de poing de la boxe anglaise et les coups de pied de l’antique « savate » ou « chausson ».
l’éducation physique et sportive
Quant aux pauvres femmes qui, en d’autres milieux, ont affaire à des brulaux poussés par la boisson ou simplement par leurs mauvais instincts, elles ne feraient généralement, après avoir porté un coup qui bien rarement pourrait être décisif, que les surexciter davantage.
Qu’elles cherchent à les maîtriser ou à les retenir qnelque peu, en appelant au secours : c’est ce qu’elles auront, le plus souvent, de mieux à faire.
Quelques-unes recourent au couteau, au poignard, aux ciseaux, à l’épingle à chapeau.-..
Mais c’est assez évoquer de tristes milieux.
Quelques mots pour terminer, sur le jiu-jitsu, qui comprend à la fois un système d’éducation physique et une méthode do défense personnelle.
Cette méthode comporte beaucoup de souplesse : « jiu-jitsu » signifie, d’ailleurs, « l’art de la souplesse ».
A ce compte, elle conviendrait aux femmes, et, d'ailleurs, un certain nombre d’Américaines et d’Anglaises ont tenu à prendre des leçons.
Mais notons d’abord que là aussi les coups que l’on a appris doivent être répétés de temps à autre, si l’on veut pouvoir en tirer parti, car il faut pouvoir les exécuter rapidement, à propos, et avec précision.
En somme, l’objection déjà faite précédemment s’impose de nouveau. Même s’il s’agissait d’un court apprentissage, suffisant à jamais, on pourrait trouver qu’il ne vous convient guère d’étudier l’art d’étrangler son adversaire (oh ! c’est enseigné comme moyen défensif!) et de se rendre soi-même inétranglable, ou de réduire l’assaillant par des torsions variées, depuis celles des doigts jusqu'à celles de la tête, de prendre les membres à faux, de les enserrer en de savantes « clés », d’exercer des pressions plus ou moins dangereuses sur les points sensibles du corps, etc.
Tout cela fait partie du jiu-jitsu.
Vous avez heureusement pour vous, Mesdames et Mesdemoiselles, d’autres moyens de défense : ce que l’on appelle les « armes
de la femme », ce sont vos attraits, et non pas seulement vos attraits physiques, mais vos qualités de caractère La finesse et la douceur sont souvent très puissantes, surtout de votre part, et c’est plutôt le « sexe fort » qui se trouve maintes fois désarmé devant vous, maîtrisé et réduit à merci sans le moindre effet de force, sans la moindre ruse de jiu-jitsu !