C OMME UN FRUIT
Alourdie, enivrée, inquiète,
Tu désires et crains qui te guette !
O lumière, ô tendresse, ô beauté, Qui donc vous cueillera cet été ?
VOYAGE
oyage
Nous voguons sur l'eau profonde Qu'un silence a fait jaillir ; Nous suivons de par le monde Le fil de notre désir.
Il nous emporte !... La rive Se déroule sous nos yeux ; Chacun pense qu'il arrive, Et chacun craint les adieux.
VOYAGE
Nous te passons, beau rivage...
Nous sommes ensemble encor !
Chacun scrute le visage De son compagnon de bord.
Ah ! dites-moi si c'est elle ?
Mon Dieu, dites si c'est lui?
Irions-nous où l'un appelle L'autre ? Est-ce pour cette nuit ?
Or, voici que sur la grève, Sous le croissant enjôleur, Une oasis, comme un rêve, Regarde le voyageur...
Ii A B È T E ET LA BELLE
lia bête et la belle
sur la place publique
Cherchons un rythme, et qu'il soit gai ! La peine que tu as, que j'ai, Supplie qu'on la mène à la danse.
Tu viens? — Poète, une cadence.
IiA B È T K ET Ma A 11 E l> I- E
Viens. Dansons, tournons. Que tes pas, Epanouissant tes appas, Donnent à penser quelle joie Me réserve ton corps qui ploie.
Que ton œil, ton bras, ton genou, Artistes, insinuent jusqu'où Ta tendresse pour moi défraude Tout ce peuple gourmand qui rôde.
Danse... Donne-moi devant lui Les prémices de cette nuit.
Et montre à l'univers, coquette, Ce que c'est que d'être poète !
LE