TES YEUX
Est-ce que je les vois, tes yeux ?
Est-ce que je preuds garde aux cieux... ?
« Hélas ! l'heure vient où les astres,
« Roulant vers de fatals désastres,
« Perdent leur éclat et leurs feux.
« On ne les voit plus dans les cieux.
« Leur lumière s'est retirée...
« Là-haut, très loin, dans l'empyrée,
« Où le sort soudain me conduit,
« Il règne un jour et une nuit
« Qu'éclairent seules, les prunelles
« Des jeunes femmes immortelles ! »
C'est là que je les vois, tes yeux !
C'est là que je regarde aux cieux...
SOUS L A TEMTE
ous la tente
Le silence où je suis Me berce jour et nuit.
Comme un vaisseau tranquille, Je suis devant la ville.
Ni l'onde', ni le vent, Ne me porte en avant.
Et dans le ciel ma voile, Toute blanche, s'étoile.
Me voile dans le ciel — Le doux, le cher, le bel
sons
fi A T E M T M
Aveu que cette toile, Inerte, où se dévoile
Mon cœur ! - mon cœur lassé, Nuit et jour balancé.
« Mortels, votre visage, Et votre verbiage ;
Votre agitation
Sous les murs d'Ilion ;
Vos amours, votre haine ; Priam, la belle Hélène;
Et le roi Ménélas ; Et le reste, hélas !
Si vous m'en voulez croire, Intéressent ma gloire.
Vous laites, sous mes yeux, Des vers harmonieux.
sors
Je chanterai vos armes, Vos trésors et vos femmes.
Mais ne m'attendez pas An milieu des combats.
Je suis couché dans l'herbe, Et le temps est superbe.
Dans les arbres, des nids Font entendre leurs cris.
Et le ruisseau qui jase
Y met beaucoup d'emphase.
A peine si j'entends
Tous vos tambours battants.
Et votre rare enflure Se perd dans la nature.
Tout, pour moi, tout se fond En un pur unisson.
sors
■i A TENTE
Le silence qui vibre Me tient en équilibre.
...Jouissez, mortels, jouissez; Combattez, grossissez !
Vous n'aurez pour richesse Toujours que votre graisse.
D'or, d'argent, et d'airain, Ce qu'en prend votre main.
Ce que j'ai, moi, poète?
Tout ce que je souhaite.
Ce que j'ai ? Rien, et tout.
Je n'en vois pas le bout.
Tant vaut mon infortune, Et tant vaut ma pécune.
Et je n'ai qu'à chanter Ce que je veux goûter. »
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