LES ŒLVRES CATHOLIQUES. — QUELQUES CHIFFRES
Le progrès des œuvres catholiques : impossibilité de l'établir par des chiffres d'ensemble. — Dans le diocèse de Bourges. — A Lyon. — Les dames catéchistes de Paris. — Les patronages parisiens de jeunes ou\Tières. — Une • Amicale • catholique qui tient le record de la solidarité.
Nous avons dressé le bilan des œuvres non confessionnelles. Nous voudrions maintenant pouvoir mettre en regard le tableau complet des œuvres catholiques, convaincu que, dans cette lutte pour l'éducation populaire, les chrétiens ont dépensé au moins autant, sinon plus d'activité que leurs divers concurrents. La chose nous est malheureusement impossible. Nous souhaitons que bientôt il n'en soit plus ainsi.
Déjà d'ailleurs, des groupes de séminaristes ont compris les services que rendrait une statistique bien faite, et. comme nous le disions dans un précédent chapitre, quelques-uns se sont mis à la besogne. Nous tenons à leur adresser de publiques félicitations et de cordiaux remerciements.
Voici, par exemple, les chiffres fort intéressants que la conférence des Œuvres du grand séminaire de Bourges a recueillis et qu'elle a bien voulu nous transmettre. L'enquête, menée très consciencieuse-
ment, a porté sur 41 cantons et 344 communes des départements de Tlndre et du Cher. Les recherches faites ont révélé l'existence de :
39 patronages de garçons, groupant 1.201 jeunes gens ;
168 patronages de jeunes filles, réunissant 4.741 adhérentes ;
12 catéchismes de persévérance (ce qui est, en quelque sorte, une autre forme de patronage) avec 372 garçons ;
74 catéchismes de persévérance pour les jeunes filles avec 2.857 élèves.
62 bibliothèques pour les enfants.
N'avions-nous pas raison de dire que ces renseignements étaient du plus haut intérêt et vraiment réconfortants ? Nous espérons que les séminaristes de Bourges continueront l'entreprise dont ils ont eu l'initiative et qu'ils auront à cœur de garder à jour, dans leur diocèse, la statistique des associations de jeunesse.
D'autre part, à Lyon, dans une « réunion de propagande et d'étude pour le développement des œuvres de jeunesse », tenue le 28 mai 1899 à l'archevêché sous la présidence de S. Em. le cardinal Coullié, M. E. de Mans a lu un rapport d'ensemble sur les patronages lyonnais ^ et l'on a constaté qu'ils réunissaient plus de 2.000 membres ^.
Dans cette même réunion, on a montré les rapides développements de l'œuvre des Catéchistes volontaires. A Lyon, ce sont des jeunes gens qui se sont
l.Nous ne saurions trop recommander une brochure écrite par l'un des plus distingués directeurs de ces patronages, M. l'abbé Mury ; elle a pour titre ; Méthode pratique des œuvres de jeunesse (Rondelet, éditeur, Paris).
2. Cf. Monographies d'œuvres de jeunesse (Lyon, École de la Salle, ti, rue Masson), p. 56 et suivantes.
institués les éducateurs religieux des enfants en âge de faire leur première communion. Au début, nos jeunes apôtres, pour la plupart élèves ou anciens élèves de l'Ecole de la Salle, n'avaient pas de local où réunir leurs catéchumènes : ils les instruisaient, par petits groupes, dans les rues ou sur les places publiques. Puis, peu à peu, on offrit un abri à ces dévouements juvéniles, qui. chaque jour, devenaient plus nombreux. Voici d'ailleurs quelques chiffres qui établissent la progression :
En 1894-1895, 80 catéchistes, dans 7 groupes, enseignent le catéchisme à 200 enfants;
En 1896, 105 jeunes gens font le catéchisme à 350 enfants dans 9 groupes ;
En 1897, 145 jeunes gens instruisent 870 enfants répartis en 13 groupes;
Enfin, en 1898, le nombre augmente, et c'est alors 250 jeunes gens qui enseignent le catéchisme à un millier d'enfants, dans 16 groupes.
Il ne faudrait point croire que les jeunes catéchistes lyonnais se bornent à faire apprendre le texte du livre religieux; ils visent encore plus haut : ils aspirent, en effet, à exercer une action efficace sur l'âme de leurs « recrues », de façon à transformer ceux-ci en chrétiens pratiquants et agissants.
A Paris, ainsi que dans un très grand nombre de diocèses, ce sont des dames qui se sont vouées à l'œuvre des catéchismes. Dans la dernière réunion générale, qui a eu lieu en juin 1899, sous la présidence de S. Em. le cardinal Richard, M. l'abbé de Gibersrues, donnant le compte rendu du dernier exercice, a déclaré que les dames catéchistes avaient atteint le nombre de 2.500 et que les enfants catéchisés avaient dépassé celui de 26.500. Il y a donclà progrès sur lan passé. •
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Nous ferons la même constatation si, à l'aide des rapports très précis de M. le vicaire général Odelin, nous examinons la situation des Patronages parisiens de jeimes ouvrières ^.
Voici d'abord le tableau décennal de ces patronages catholiques de jeunes filles, depuis 1851, époque de la fondation de l'œuvre générale :
1851 4 patron., 500 jeunes filles, 100 dames patron.
Depuis Tannée dernière, Toeuvre s'est encore développée. Elle comprend aujourd'hui 171 patronages 112 dirigés par des sœurs et 59 dirigés par des dames). Le chiffre des jeunes filles s'élève à 25.000 au minimum et celui des dames patronnesses à un millier 2.
M. le vicaire général Odelin estime qu'il est « permis d'espérer, pour l'an prochain, une augmentation de 4 à 5.000 jeunes filles; si ce mouvement ascensionnel continue, ajoute-t-il, l'œuvre générale comprendra à Paris, la première année du xx* siècle, 200 patronages et 30.000 jeunes filles.
Si M. Edouard Petit nous fait l'honneur de nous lire, nous aimons à croire que de ce qui précède il ne conclura pas à l'état stationnaire des œuvres chrétiennes. M. l'inspecteur général peut d'ailleurs, si bon lui semble, faire le total de toutes les Associations et