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LA MUTUALITÉ SCOLAIRE ET LES RETRAITES OUVRIÈRES

Sur cette question, M. Edouard Petit écrit ce qui suit ' :

... Les polémiques auxquelles avait donné lieu la construction théorique du » pont mutualiste > permettant aux écoliers de rejoindre les adultes n'ont plus raison d'être. Le « pont mutualiste » est jeté par la loi nouvelle des retraites devant les neuf dixièmes des enfants affiliés aux sociétés scolaires qui seront demain les apprentis de la ferme et de l'atelier.

Dès la sortie de la vie scolaire, dès l'entrée dans la vie économique, à 13 ans, ils seront des assurés obligatoires et verseront 4 fr. 50 par an, ce qui empêchera toute interruption... Désormais, il n'y a plus de solution de continuité, 90 o/q des cotisants libres deviendront des bénéficiaires obligatoires.

Les sociétés, tant parisiennes que provinciales, ont compris d'ailleurs, en grande majorité, quelle voie il fallait suivre. Elles ont tenu ou bien tiennent à l'heure actuelle des assemblées générales pour reviser leurs statuts et les mettre d'accord avec la législation d'jitat.

Voici les règles que l'on suivra désormais :

De 3 à 13 ans : système libre. Les versements sont de 10 centimes par semaine, ainsi que par le passé, 5 centimes sont versés sur le livret individuel dont l'usage s'impose, car la retraite d'État est obtenue par le livret individuel; 5 centimes sont consacrés au paiement des journées de maladie; les bonis étant répartis, chaque année, sur les livrets des ayants droit.

De 13 à 18 ans : système mixte.

d, QL Journal officiel, i'j juin 191i, p. Ul».

Système obligatoire pour îes anciens élèves entrés en apprentissage. Les groupements qui auront 2.000 adhérents demanderont leur admission à la collecte et exigeront 15 centimes par semaine des membres associés; ■1 fr. 50 seront placés sur le livret des associés obligatoires. Les 3 fr. 50 qui resteront serviront au jeu des indemnités mutualistes.

Système libre pour les non apprentis, les non-salariés. Les adhérents qui ne seront pas touchés par la loi nouvelle, soit qu'ils continuent leurs études, soit quïls rentrent dans leurs familles, verseront aussi, mais librement, 7 fr. 70, dont il sera fait même emploi pour les assurés facultatifs que pour les assurés obligatoires.

De 18 à 55 ans, un effort pourra être tenté, .selon les contingences. Là où il n'y a pas de mutuelles d'adultes se chargeant du service des retraites (surtout dans les campagnes), là où une entente qui est désirable ne sera point possible entre les mutualités ou professionnelles ou exclusivement masculines, là aussi où les groupements formés autour de l'école atteindront le total de 2.000 membres, l'œuvre de solidarité commencée entre les enfants et adolescents pourra et devra utilement se poursuivre entre adultes. La création d'Unions départementales des mutualités scolaires y aidera puissamment.

Comme dans les trois quarts des communes rurales, l'instituteur sera chargé, en qualité de secrétaire de mairie, d'assurer le fonctionnement de la loi nouvelle, dressera les listes, distribuera les carnets annuels, il lui sera aisé, dans l'intérêt de la collectivité, pour mettre ordre et arrêts dans l'organisation, de faire de la mutualité scolaire et postscolaire le pivot de l'assurance sociale...

Dans la 3"= période, de 18 à 55 ans — car l'avantage de la mutualité scolaire est de pouvoir placer les retraites à 55 ans et non à 65 — l'assuré versera 9 francs pour constituer sa pension, l'assurée 6 francs, et s'ils veulent bénéficier des services de maladie, 9 francs pour la mutualité.

Tel est l'édifice à triple étage qui, logiquement, sera construit d'année en année et où trouvent un abri futurs retraités et mutualistes actuels, au mieux de leurs intérêts communs.

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