‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 54 sur 67 · LIV. 1115 CHAP. V · texte numérisé non relu

LIV. 1115 CHAP. V

peut souvent se joindre à l'illusion ^ et Taffection des petites filles pour leurs poupées est parfois quelque chose de touchant. Â cet âge de quatre ans^ où le prestige commence d'ordinaire à se dissiper^ une enfant laisse tomber sa poupée chérie^ qui malheureusement se casse le nez. Gris af&eux y désespoir terrible y qui redouble lorsqu'un imprudent de père, ne prenant pas la chose assez au sérieux^ moitié riant ^ moitié cherchant à raccommoder le jpaavre visage , enfonce le reste du ne2 malade dans une énorme cavité. Alors un chagrin mêlé de colère rend l'état de l'enfant si violent^ qu'on en vient à craindre les convulsions; on la calme comme on peut, on emporte la poupée en promettant de la guérir^ et enfin on réussit à endormir la petite fille, accablée de fatigue. Pendant son sommeil, on court chez les gens du métier. Un beau visage neuf est substitué trèsadroitement à l'ancien visage, et l'on s'attend qu'à son réveil la jeune fille sera satisfaite. Pas du tout; sa douleur, aussi vive que jamais, a pris un caractère tendre et déchirant. Ce n'est plus une petite furie, c'est une vraie mère à laquelle on ose présenter un, autre en&nt au lieu du sien. Les sanglots lui

coupent ta parole : « Ah ! ce n'est plus, ce n'est plus lïia poupée.. • Je la reconnaissais encore , et je ne la reconnais plus.... Croit-on que jamais j'aime cette autre. .. • ? Emportez- la , je ne veux plus la voir. »

Ceux qui soignent les enfans malades dans les hôpitaux^ les trouvent souvent beaucoup plus

à laquelle on «'était yq pj)ligp f^ çflflRey ]g jafnbfl, 9Vpi^ 8ubî toute Topératiof) Sfff^f prp^irer pqp §euU plainte^ en sierr^nt ptrQit^n^ept sa poupée 4?n8 ses

bfas. Je ni en vais^ à pré^^nf, 9^¥PÇ^' l^i^^H Ci vq(œ poupée y Jui dit \p cbirRFgieg f« çigRt , f|pax}4 il ejït apbeyé T^Rîpqtatipa î ^ pas^rg im^flt , gpj jjvaif t^uf spuffprt sans dfrç niPt , p ce prftpo» Cfmi\ foudi$ eu Iqrmes.

Parv^nup à un Pprtaip BOÎpt4e yi?açit$, V\U}h sipn^ chez Tenfan^, çes^e d'étrç yq^qi^ffi^ } il m^ peut plus conjurée le prestige , ^% 4k»r]pT^ un ^t timeut de prainte ^'emp^re 0e }ui. Poinii^puçaut | 4outer que pe soit badinage ^ il {(e pfoit §i(f le ^qf4 d'}in monde inconnu ;, pleifi d'ef^f^y^nt^ ^ éfiUt^r Faites dapser uup ppupée nx| peu |frand(^ 4^)!^Af un enfant dç deq^ ans ; il fpf% d^ns }a j%(^ ^p que le mpu vement qup vpuf imprinierez ^a d[p^i î mais si lessauts de la figure spnt^içvéf^ si spi^^^ s'qgi^nt avec violence^ peqt-è|rerirf^-t-ilplK^fo[ftj ma^s il se serrera contre sa inère, ^ VW^SP^K QH ^a pâleur iuqsitée tr£|hira spp ptat intprievff • C^v^ qui put du taleqt pour 1^ ff^lw^^^ ^'ai^if egf 4¥ grand çjffet qu'ils pyqdqwent f qf |ps eufam» ; )n{L^ qn peut obsçrver que Ip pla^W 4^ çç^^lrÇiû'^^ çj^r quç lorsqu'ils reconnaif^if^t à tq\it ippiQp^t \^ pbysipqpmie natu^felie 4u f^i^ceur 4^* |ea i^p^tçjpr valles 4^ 9^ mines ^ s'il ^es çpntinue sans ûpiterruiption^ et surtout s'U viçnt ç^ fixer ui^ft cpift*tii^ Çriça^çe^ursqnyisa^e;,, ^'çnf^t a peur, L'i44»

i'^m jf^^p^mqxi^pse ^ cellç du p,^}apg« jeffrçyant 4^ jijBujc ç^res en jjp, s'empare de lui j il ne sait pa^ liji-péniç cp qu'il çrajnt, inaîs il tremble.

ïJpe ^4w .c|xQp;e9 gu- op ppblie Ije plus , c'ç^t Teffiçt 4VwP?^JWç iguofapce. Qi» appelle naturel ce qu'on a déjà vu , et Ton ne sent pas que y poui" Fenfant 4jui n'a rieij vu , touf est également nff urel. Le possible est sans borpcs pour lui. L'obscurité peqt receler des monstres et des précipices j Içs figures représentées par les arts peuvent s'animer, se jeter sur lui et Iç dévorer : des fantôme^ peuvent sortir de terre, et la cheminée est un ç caverne où des êtres fantastiques peuvent habiter. Aussitôt qu'une idée s'of&e aux enfans , leur imagination lui donne une forme vivante , réelle ; un «entiment vague de crainte évoque des spectres dans'ieur esprit?

Une telle vivacité dans la faculté de représentation, jointe à la faraude mobilité , à la faiblesse de nerfs chez ces pauvres créatures , rend vraiment bien criminel d^abuser de leur crédulité. On peut les rendre* fous, imbécilles, suîets à des terreurs qui feront le malheur de leur vie entière. Sans aller même si loin ^ je dirai que l'influence de l'effroi sur le moral est immense. lUend lâche, hypocrite,

flP?lgH?foi? E?rfi4!Ç» ?td^ P^^« A ^?P08e V^nfant à courir à sa perte dans le moindre danger rée|.

Gomipent a-t-oo besoin de le redire encore I Rousseau, jnadamellamil ton, M. Friedlander, chacun dans' leur genre , n'ont-ils pas épuisé à cet égard

28>l L'iDUCATÏON PROOAESSIVE.

les ressources de l'ëloquence , de la raison y de la science même? N'y aura-t-il jamais aucun point de gagné , et dans cet inépuisable sujet de l'éducation^ qu'on traitera jusqu'à la fin du monde ^ serat-on obligé de répéter les mêmes choses éternellement? *

Heureusement cette imagination si vive n'est pas créatrice. Les enf ans livrés à eux-mêmes peuvent avoir peur d'un objet réel, d'un nègre, d'un

ramoneur, des masqués, et s'en retracer ensuite

le souvenir avec effroi ; mais ils se forgent peu de chimères. Rarement une idée les préoccupera sans qu'elle leur ait été suggérée. Il est donc aisé de remonter à la source de leurs terreurs ; mais le mal une fois arrivé, le guérir n'est pas si facile.

Il faut d'abord pour y réussir en bien connaître la nature. Ce mal consiste en général dans Pappa* rition d'un fantôme dont l'aspect glace de frayeur ces pauvres enfans ; et par conséquent le point essentiel est de ne pas évoquer ce fantôme. Lies raisonnemens sont presque toujours en gure perte. Pendant tous vos discours sur le peu de probabi-

1 Je vois avec peine qu'on le sera , et que la pitoyable y je dirai Tinepte invention de M, Croquemitaine ^ a remplacé les ogres et les loups garous. On croit qu'un nom grotesque sauve le danger; mais L'exemple cité par un journal françàb , le Constitutionnel y l'histoire d'un petit malheureux qu'on a fait mourir d'effroi en employant cet épo^vantail ^ prouve que la platitude ne préseryç ^e rien.

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litë du .danger, 8ur les inconyénieiis de la peur et la gloire attachée au courage , vous pouvez être certain que l'enfant a sa vision devant les yeux^ et que plus vous en parlez , plus vous lui donnez de consistance r l'expérience a prouvé qu'à tout âge il est comme inutile de combattre directement les chimères d'imagination. Laisser tomber la pensée dominante y chasser un sentiment par un sentiment plus fort^ distraire^ intéresser ^ aguerrir par le mouvement moral et physique^ tel est en géné- • ràl le régime contre la peur. Un remède plus direct pour une crainte* particulière , c'est de substituer la présence de l'objet redouté à l'idée que l'enfant s'en formait. On ne se figure pas ce qu'on voit , et la réalité , même désagréable et rebutante, produit un effet calmant sur les sens. Ce moyen, s^il peut se pratiquer, est très-efficace^ mais c'est avec ménagement qu'on doit s'en servir.

En effet , toute nouvelle terreur , tout ébranlement communiqué aux nerfs, retarderait la guérison indéfiniment, et il feut peu risquer dans ce genre. Rousseau recommande les jeux de nuit ; mais je dirai que ceux où l'enfant oublie la peur valent mieux que ceux où il la brave. Il ne faut pas se fier à son rire bruyant , les grands éclats appartiennent souvent à la gaité feinte , au besoin d'étourdissement ^^ et ce ne serait peut-être pas le plaisir qui laisserait dans son souvenir le plus de traces. Ainsi, lesimitations de cris de bêtes féroces', les surprises trop fortes dans les ténèbres ont du

avec àrâeur là i^épëéitîon âei kckiïès 6if àëà bistoîf ésf irn petf èffitàyàiites, irfaîi ce ^bàt ne Aoît ètte ÈSitiiîait qa'dvëc bien dti âiècéraemêni: Il ékt difficile dé distinguer si Yàn ëniretient rUabltud^ de la peur 6u si Fod forme celle dti côurègè,

Une particularité dé rima^iïàtîon ërifàntffléV c'est qii*elle ne- l'occupe que dtf tempèr ptêàèid; bien diffëreùte en cela de la nôtre qirî ; ^êiàn^ûî tô'tfjoni'S en dvant ou en arrière. Ml rëfîifté ïê passé tin antîfcipe sur Fàvèrfir, L'énfettft é*ï ét^atfget à seâ ôentimens de la veflïèV Ùri àcérdêàt àrfivô par si tàiite eài un fait cômftie un ààtrè Stiv lequel fl n'y a paà à revenir. Chaviré itidîti À tèûtSi àî/èd le sentiment dfé rinnocèncé, et êé croît Justifie âë tous ses torts aussitôt qn'ÏI a dît :' t^éiàithiépl

Néanmoins, quand l'avénii*' tsi à là fdî^ prochain et agréable , Penfanf y pensé asseaf ^ôloâfieré. On lui voit compter âVec èxàéfîtudë léii jbirs qui le séparent d'un jour dé fêté, et feé' jy^omééséc^ iien précises ont de l'inflnéiicë stfr Itfî. H A^eù ëit péii àinôî des menaces ; to*ût Aral élor^é ési ÛiSt ^onr lui. I! ne croit d'avancé 8 i^û rfé l&ébèiix,' ou il en écarte l'idée en disant : Ce ééra dàni iièn long-temps. î)anô son étdt naturel et sain, îl confinait donc ï'espérarice et lïonla ci^ainté, ihA fé cîéf à pris de soin pour assurer sorf bonheur.

Quand on peiise aux plaisirs si ti6', ôi faciles de éet âge, à Ce présent, tem]f>s unique où àe pass^ fénfancé, et temps donf uUixé àiaàtr peut A

blêfi difffiëSéi^ ^h sa kyéuv, à c^iiè gaiié intarléâabldy à <3e8 portes ôùvêirtes de todted parte à la joie/ et fef méeè atft sotieis et aiii chagrilié , ^ui peut Kè retiiser â l'idée qu'il y a datift le coiitentemeni dé ces êfrèé éi chérs ^ une dispéilsation éé là Protidedce. Et si > comme l'a dit fan faqgjttttlè célèbre i h tottt âge le bonheur eârt l'atmosphère là plus £étofâble àui germes de» tértus naissantes y fié sérable-t-U pad que rordonnateùt suprètné à toutà ptépstet la moralité dé l'homme ipBt la longde félicité de l'enfant !

Ceei hoM eonîduit à examiner le éaraetère pàrtlecrH^jr q<ie les) dispôsitîans? dortt tiùm tenonfii de lions oeeuper dorinein UMt prem^rè^ liietitèl de le eonscieiiiee.

caA!>ITRB tl.

Chac|ae enfant est on aatre Adam ; une fois qa*il a goàté da fruit de l'arhre de la connaissance da bien et da inal , U est bien- ^^f chassa dapàfadSs de fiàriocence.

Anohjrme allemand.

Rien sans doute ne parait plus irrégulrer ^ plud yetsatile que le sentinbent mtiral à trois ans. Ce sentiment existé nésfnùîoins et se manifeste à cet â^ aussitôt qtië les passions cessent d'être eu jeu.

288 l'éducation progrbssite.

L*en&nt a une idée vive du bien et du mal y quoi-? qu'il ne Farprime pas en termes généraux. Il re«9 connaît une loi commune à tous^ une conventioii tacite qu'on doit respecter ; toute atteinte à la yér Titéy au droit de propriété^ aux jouissances d'au-? truiy le choque et le blesse^ lors même qu'il n'en souf&e pas personnellement ; mais il £aut que son attention soit: excitée. Le points où il s'intéresse sans se passionner est assez difficile à rencontrer, et entre la distraction et la partialité ^ il y a peu de place pour la justice.

En effet y les élémens qui dominent dans: son ame, permetttent rarement à l'enfant de juger de sang-froid. Toujours entraîné, toujours animé de quelque émotion,, prévenu pour lui-même ou pour ceux qu'il aime, très-égoïste par moment, il semble tout-à-coup transporter sa personnalité dans un autre ; mais il n'en est pas plus équitable quand il est dévoué. Les bons sentimens ont beau l'emporter déjà dans son cœur sur les mauvais, on voit chez lui, comme en relief, la nature fantasque et inégale de nos deux plus brillantes et plus aimables facultés , l'imagination et la sympathie.

Ainsi , un mouvement vraiment intéressant chez lui , celui de la pitié, est capricieux. Il peut l'éprouver parfois jusqu'aux larmes, jusqu'à la dé-tresse, jusqu'au sacrifice entier de ce qui lui fait le plus de plaisir ; d'autres fois il reste inaccessible à ce sentiment. Tout ce qui déplaît à Teniant endurcit son ame. Quand un animal blessé est joli >

Lîv, II, cflAa?. V. 289

on lui voit partager vivement sa souffrance; s'il est laid, il s'en détourne avec horreur. Sa compas-' sion s-'évanouit aussitôt que certains dé£aut&, tels que la difformité ou le ridicule , lui font dédaigner de s'associer à l'être souffrant. Telle est, même dans un âge plus avancé, l'insuffisance de la sympathie, hase vacillante sur laquelle on a vainement prétendu pouvoir fonder la morale.

D'après la nature de ce sentiment, on doit comprendre que toute action dont il ne résulte immédiatement de souffrance pour personne, paraît assez innocente à l'enfant. Aussi se fait-il peu de scrupule de petits larcins, quand il n'en reste pas de traces visihles. Cependant il est un devoir qu'il admet sans restriction toutes les fois qu'il en conçoit l'idée, ce devoir est celui de l'ohéissance envers l'être dont il dépend.

J'ai déjà dit qu'il était une personne à laquelle un enfant doué de sensibilité croit ordinairement appartenir. C'est envers elle qu'il se sent responsable de sa conduite; ses rapports avec les autres sont beaucoup moins intimes. Il se tire d'af&ire comme il peut avec les autorités moins rapprochées , mais les reproches de son vrai maître retentissent au fond de son cœur. C'est lui qui est sa conscience. C'est lui dont le jugement deviné d'avance doit l'absoudre ou le condamner. C'est lui qu'il voit en imagination au moment décisif de l'épreuve; souvent il se le représente si vivement

qu'il ne peut plus lui désobéir, et que , par l'effet * I. J9

S90 L'éDÛÔA^ÎÔN PkÔGhlSSSIVE .

assei hùïMitÛ d'ûûe illttsiôu forlë , fli er^it mêMé eûétî^èvû. Aussi ne s'étonne-t4l poiût quàtid cette personhè a l'air informée dé ce qa'il à Mi Iditi de ses yeux » l'idée d'un invisible témoin n^â rien qili tépugne ii cet âgé.

Mais si par onbli où par Jaiblessé ï^enéant a succombe à la tentation , c^est lors^ull réirou va son maître , que le remords entre dans son cœur. C pourrait revoir sans émotion le propriétàlgre des fleurs ou des fruits qu^ a dérobés ; mais son Iropit se couvre de rougeur aussitôt qu^ii vient à rencontrer le représentant de sa conscience. C'est avec lui qu'ont lieu les aveux , les explications tendres et touchantes ; c'est auprès de lui qu'il éprouve ce besoin d'expiation si naturel à un cœur coupable. Alors , quand il à eu quelque grand tort^ on le voit parfois se punir lui-même.

Si les femmes s'examinaient avec attention^ que de fois ne se troUveraient-élles pas àtissi une moralité relative^ dépendaiitiî de leurs afiSectiôhé! Combien souvent leur conscience la plus délicate, la plus sensible, n'est-ellè pas l^idée d'dn être vivement aimé et un peu craint, qui les voit, qiiî les suit, qui souffre ou jouit de tout ce qui vient d'elles. Cette conscience est bien quelque chose; mais pourtant il en faudrait une autre qUé celle-là.

Si îa sympathie n'est pas im fondement édlidë pour la morale, elle en est indubitablement une dés sources pendant l'enfieince. L'amour et le resiiect qu'inspirent les parens s'attachent peu â peu atlx^

jaUi» prévà, pfëbà dé f àh««ffté f«r luî^hièiae; et M^ dk àeimî pM îûdépenâêm, ^ëilt Miter dSùS lè Rèm de rëfifônt. Et ^uaiïd if ioîi qtfè là mëfifêfôlre^^itseé parenseûx-mèmés^ qii'lt là trouvé ûBMri^èUeiâëiii ôbseHëe àtiiôur dé liîi ; quand sUf^ tfMt! il lâ seht <f accord àted léé àvériisséiliens qtië hiS ddHàé éfdhfiïàéâxeni éà èoïisciebce; alors il èiiWi éë pUs en ]^s àkiis lé domaine dé là moralité.

tii Qhitiidé à séd progrès dàiis ce geWé/é^ëét f d)éèiiëe dé là niotîon dd teînpé. Là nullité du pàSâé êi^clùtles rëgrett j éellé dé Fa venir exclut les craintêS; et tàttdis qiie' Vidée dés conséquences de chaque action pourrait être un bon auxiliaire pour là coii* séîèné^^ reniant^ qui ne voit pas distinctement ëbniînéiit leé faiis iniïùént les tins sur les autres^ ne tiiët peint dMmportaiicê à ses déterminations. Son êxû'ème légèreté livre ses impressions au vent qui èbiiMë; ses souvenirs^ Sur lesquels il ne devient point , è^ënvolent bientôt ; et si ïes évènemehs res^ talent dans sa méinoirë^ ses motifs passés Seraient toujours oubliés. Tropl m6f)ile pour se croire le méme^ îï né répond pas de fenfent d'hier, qiiî à^ési plus celui d'aujourd'hui. Il n'a pas ce sentiment dé là succession des pcfnsées qui donne Pidée du moi et celle du temps , deux idées assez dépendantes Tune de l'autre . tJn moij spectateur immobile des variations d'.un autre moi^ sans cesse moififîé , dont il enregistre lés changemens , voilà ce qui constitue notre identité, et par là notre moralité

S92 L^ifoucATioiir i»rogabs$ive.

dans la vie . Mais rien n'est encore fixé chez Tenfant • U suit de là que plus tôt on formera la liaison du passé et du présent dans son esprit> et plus tôt on le fera entrer dans l'état morale ainsi que dans l'état raisonnable. Je dis du passé et du présent ^ parce que c'est ainsi qu'il faut commencer^ L'influence des évènemens qui ont précédé sur ceux qui ont suivi^ est claire^ évidente, aisée à prouver, tandis que l'avenir^ toujours' incertain, le parait encore plus à Feniant. Il se i)lase bientôt sur nos prédictions menaçantes ; mais ^uand on lui aura montré clairement que chaque jour subit les conséquences de la veille, il reportera peu-à-peu cette même chaîne en avant.

Ainsi le petit enfant , livré, à l'empire des premiers mouvemens, a des lueurs de moralité sans être encore un être moral. L'absence de la réflexion se fait sentir chez lui de toutes parts. Ne se formant point de règle générale , ne se faisant point à lui-même l'application de la règle quand on la lui a fait concevoir, il n'exerce pas sa volonté audedans de lui. Aussi peu digne de mépris pour ses fautes , que d'estime pour ses bonnes actions , le petit enfant peut nous paraître plus ou moins aimable ou intéressant , avoir, comme les animaux, un naturel qui nous attache ou qui nous rebute ; mais nous ne pouvons , sans faire violence à notre raison , croire qu'il ait autant que nous la responsabilité de sa conduite^ et le juger coupable de ses torts.

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