TROUBLES CIRCULATOIRES, RESPIRATOIRES
Palpitations. G. J ai pu diminuer parfois ou calmer tout à fait par suggestion avec recueillement, et frictions par la main, des palpitations qui persistaient à la suite d’émotions éprouvées. Sur celles qui suivent les repas j’ai pu agir aussi, mais moins aisément et moins vite.
i. Déjà cité au chap. vi.
l’éducation
Il n’est pas dit qu’on agisse ainsi, au moins par auto-suggestion, directement sur les battements cardiaques; mais on calme la sensation douloureuse qui eu résulte, et qui, elle-même, augmente par contre-coup les palpitations. Il est d’ailleurs assez commun de voir des sujets nerveux ou chlorotiques se plaindre de battements de cœur, alors que ceux-ci ne sont en réalité augmentés d’une façon appréciable ni dans leur fréquence ni dans leur intensité. Le fait essentiel dans ces cas est l’hyperesthésie de la paroi thoracique.
— Obs. pers. — Dans des maux de tête, avec chaleur du front, j’ai pu amener par auto-suggestion, non seulement la cessation de la douleur, mais un abaissement très net de la température locale. J ai pu agir de même sur des sensations de chaleur (avec chaleur réelle) des mains et des pieds.
G. de Lagrave cite une observation analogue :
Accès d’éternuements. — A. — Un rhume de cerveau me fait éternuer pendant plus de dix minutes. J’y suis d’ailleurs assez sujet, et cela me dure souvent plus d’une demi-heure. Je veux immédiatement le faire disparaître, et effectivement, aussitôt que je m’y suis efforcé, il disparaît.
DR LA VOLONTE
Ce que le sujet appelle rhume de cerveau n’est sans doute qu’un de ces accès d’éternuements provoqués par le froid, môme léger, les poussières, etc., chez les individus à disposition névropathique générale ou locale. L’influence immédiate d’un énergique effort de volonté n’en est pas moins très intéressante à noter.
Toux — B. — Chaque soir, au moment de m’endormir, je tousse, et cela depuis deux jours. Ce soir, je me suis efforcé de lutter contre cette toux opiniâtre, et y suis presque arrivé. Après une préparation de quelques minutes, j’ai d’abord très lentement passé une main sur ma gorge, puis j’ai attendu le sommeil avec une seule pensée fermement arrêtée dans mon esprit, celle de me croire guéri. Je sentais parfaitement, par instant, cette toux me monter de la poitrine. Mais dès que ce mouvement commençait, je faisais effort sur moi-même, ne voulant pas que cette douleur me puisse monter jusqu’à la gorge. Pendant quelques instants, c’était en moi un mouvement de va-et-vient très sensible. Et l’effort de volonté continuant, j’arrivai quand même à supprimer toute nouvelle tentative. Deux ou trois fois je renouvelai mon essai, si bien que je pus m’endormir et passer toute la nuit sans aucune quinte, alors que les deux nuits précédentes avaient été troublées par la toux. Le lendemain matin, je recommençai à tousser de nouveau.
l’éducation
Je relate cette observation, telle qu’elle m’a été communiquée, et naturellement, sans aucunement prétendre faire de l’auto-suggestion le trai" tement primordial de la toux.
11 est certain cependant que les conditions psychiques ont sur la toux une influence très réelle. La toux par imitation est fréquente. De meme le sujet fortement distrait oublie de tousser. Chacun sait enfin par expérience qu'une quinte de toux prête à se produire peut souvent être retenue, ou au moins retardée. Et cela reste vrai, non seulement pour la toux dite nerveuse, mais pour la toux avec inflammation de la trachée ou des bronches, voire même pour la toux des tuberculeux. Voici, par exemple, ce qu’écrit le D1' Lemoine, dans son Manuel de Thérapeutique : « La toux quinteuse sans expectoration des tuberculeux peut être évitée parle malade qui appliquera ses efforts à ne pas tousser. L’habitude joue un grand rôle dans l’étiologie de cette toux irritative».
Il n’est donc pas étonnant que la suggestion puisse agir sur la toux. J’ai vérifié cette action : 1° sur un de mes amis, atteint d’une grippe avec bronchite légère; le résultat fut très favorable; 2° sur un tuberculeux à la dernière période (il suc-
comba quatre mois après) ; ici encore, le soulagement momentané fut très évident.