‹ L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux; notice historique et archéologiqueChapitre 24 sur 42 · Louis de France, fils aîné de saint Louis · texte numérisé non relu

Louis de France, fils aîné de saint Louis

(f 1260). — Le fils aîné de saint Louis mourut à 17 ans

1 . Quelques fragments des originaux sont au Musée du Louvre.

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et fut aussi enterré dans l'abbaye de Royaumont. Il est probable que son effigie, au contraire des précédentes, fut faite peu de temps après sa mort et avec l'intention évidente de rappeler les traits du jeune prince. La recherche du portrait s'y accuse de façon déjà assez précise. Le mouvement des bras et des mains est aussi indiqué de manière beaucoup moins conventionnelle et plus vivante.

Le soubassement, encore plus richement décoré que le précédent, n'est restauré que par endroits. Il comporte,, sous une série d'arcatures, une suite de personnages de différentes conditions, évêquesou abbés, clercs, moines ou laïques formant un véritable cortège funèbre comme seront plus tard les « pleurants » deÊ tombeaux du xve siècle.

Au pied du tombeau, un bas-relief nous montre le corps du prince porté sur un brancard soutenu par plusieurs personnages, parmi lesquels se distingue un roi, représentant, selon la tradition, le roi Henri III d'Angleterre qui aurait assisté aux obsèques. Ce bas-relief est une copie moderne, d'après l'original conservé et placé par Lenoir dans l'arrangement factice du tombeau d'Héloïse, aujourd'hui au cimetière du Père-Lachaise.'

21 et 22. — Blanche de France, fille de saint Louis (f 1243) et Jean de France, fils de saint Louis (f 1248). — Deux autres enfants de saint Louis étaient morts en bas âge, sa fille aînée Blanche âgée de trois ans, le 29 avril 1243, son fils Jean âgé de quelques mois, le 10 mars 1248.

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Ils furent enterrés à l'abbaye de Royaumont, mais leur monument fut élevé suivant un type très particulier dont il exista d'assez nombreux spécimens en France au moyen âge, mais dont bien peu d'exemples sont parvenus jusqu'à nous. Ce sont des plaques en cuivre émaillé de travail limousin, sur lesquelles sont appliquées deux effigies en cuivre repoussé et également émaillé, au moins par endroits, avec quelques petites figurines en moindre relief représentant des religieux ou des anges. Monument d'orfèvrerie donc plutôt que de sculpture, dont l'aspect, au moins pour la figure, est assez étrange et barbare, mais dont l'ornementation est très harmonieuse. *

La plaque du jeune prince était relativement assez bien conservée, on a refait seulement, sous la direction de Viollet-le-Duc, les angelots qui, vers la tête, balancent des encensoirs et les quatre figurines de moines lisant dont il ne subsistait que les silhouettes; on a refait aussi une partie de la bordure émaillée chargée de biasons.

Quant à la tombe de Blanche, très mutilée dès son entrée au dépôt des Petits -Augustins, elle peut être considérée comme une restitution complète.

Les deux monuments sont placés aujourd'hui à gauche du maître-autel, sous deux édicules de pierre qui sont du dessin de Viollet-le-Duc.

23. — Louis et Philippe, fils de Pierre, comte d'Alençon, fils de Louis IX (f vers 1272). — Ces

LES TOMBEAUX

deux petits-fils de saint Louis, morts en bas âge, étaient également enterrés à l'abbaye de Royaumont.

Leur double tombeau abominablement mutilé sous la Révolution a été entièrement refait en i865. C'est une des restitutions les plus habiles et les plus soignées de l'atelier de Villeminot, sous la direction de Viollet-le-Duc.

TOMBEAUX DU X!Ve ET DU XVe SIÈCLE

24* — Blanche de Castille (f i2Ô2) (?) — Cette statue provient de l'abbaye de Maubuisson près Pontoise, où elle figurait dans le chœur de l'église des religieuses, mais son identité est assez incertaine. Les confusions et les discussions paraissent même avoir commencé dès le xvne et le xviii0 siècle.

Certains veulent y voir Catherine de Courtenay, impératrice de Constantinople et seconde femme de Charles., comte de Valois, morte en 1807. D'autres penchent à y reconnaître Mahaut, comtesse d'Artois et de Boulogne, petite-nièce de saint Louis (j- 1 329). Enfin une opinion traditionnelle, enregistrée par Lenoir et reprise tout récemment, veut que ce soit Blanche de Castille, la mère de saint Louis et la fondatrice de l'abbaye de Maubuisson.

Le tombeau de cette dernière princesse a été certainement élevé à Maubuisson, tandis que l'existence même

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des deux autres est contestée ici ou là. De plus, un texte précis nous dit qu'en 1255, on acheta et travailla une pièce de marbre à Tournai pour la tombe de la reine Blanche. On suppose, la statue étant justement taillée dans le marbre noir spécial que l'on exploitait à Tournai, que c'est bien d'elle qu'il s'agit. On invoque aussi le caractère très régulier et inexpressif de la tête, et le style encore très simple et très sobre de la draperie qui rapprocherait plutôt la figure du xme que du xive siècle.

25. — Philippe III le Hardi (f ia85). — Ce roi, fils de Louis IX, est le premier dont l'effigie funéraire ait été exécutée en marbre, et où le souci de rendre le caractère individuel du personnage soit aussi évident; c'est, à Saint-Denis, le premier portrait authentique d'un roi de France.

Son tombeau, placé sous la croisée du transept, fut édifié de 1298 à i3o7, par le maître d'œuvre Pierre de Chelles que l'on sait avoir dirigé aussi vers ce même temps les travaux d'architecture de Notre-Dame de Paris. Il avait sans doute succédé à Jean de Chelles dont il était peut-être le parent et qui avait élevé le portail méridional de la cathédrale. Un certain Jean d'Arras travailla à la sépulture du roi, mais nous ne savons s'il fut imagier ou simple maître maçon.

La statue seule conservée et placée, comme toutes celles du xive siècle, sur un soubassement de marbre noir moderne, est de très grande allure et rappelle encore un

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