‹ L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux;Chapitre 36 sur 43 · MONUMENT DU CŒUR DE FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

MONUMENT DU CŒUR DE FRANÇOIS I

adossé un bas-relief en albâtre, représentant deux anges qui s'appuient contre un cœur de marbre noir sur lequel est gravée une inscription latine. Devant ce bas-relief se dresse une colonne torse en marbre campan-isabelle, décorée de lierres, de fleurs de lis, de couronnes et d'initiales.

Ces deux monuments ont été consacrés successivement à la mémoire de Henri III, dans l'église collégiale de Saint-Cloud où avait été déposé son cœur après l'assassinat de 1589, tandis que son corps était emmené à Compiègne d'où il ne fut rapporté à Saint-Denis qu'en 16 10.

Le bas -relief, dont la sculpture a été attribuée sans preuve à Barthélémy Prieur et rappelle le style de l'atelier de Germain Pilon, fut édifié en ibgli par les soins de Charles Benoise, ancien secrétaire intime du roi et maître des comptes.

Le second monument, beaucoup plus fastueux, fut élevé plus tard dans le même lieu, par l'ordre d'un autre familier et favori du roi Henri III, le duc d'Épernon, qui le commanda à son architecte et sculpteur Jean Pageot. La colonne fut exécutée à Cadillac de i633 à i635. Le type en était emprunté aux monuments des cœurs de François II et du Connétable de Montmorency. Au-dessus de la colonne était placé un vase contenant le cœur. Le vase que l'on y voit aujourd'hui n'est plus celui qui y avait été placé originairement ; il avait disparu dès 1799, quand Lenoir recueillit la colonne, mais cette urne de bronze, du xvi e siècle, provient certainement d'un monument funéraire analogue.

ift 3 L'EGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.

TOMBEAUX POSTERIEURS AU XVI e SIÈCLE

On a vu, dans la notice historique, qu'aucun monument ne fut plus élevé à Saint-Denis après la fin du xvi e siècle, à la mémoire des princes et souverains dont les corps étaient déposés dans les caveaux. Mais le retour à Saint-Denis après 1816 d'une grande partie du fonds du Musée des Monuments français y amena un assez grand nombre de fragments de monuments funéraires des xvii* et xviii 6 siècles, dont les plus importants ont été renvoyés plus tard, soit au Musée de Versailles, soit au Louvre.

A ce fonds appartient encore une figure priante déposée dans une des chapelles de la crypte et représentant Diane de France duchesse d'Angoulême, fille naturelle de Henri II, morte en 161 g. Le tombeau de cette princesse s'élevait jadis dans l'église des Minimes de la Place Royale de Paris et, suivant le témoignage de Sauvai, la statue serait l'œuvre du sculpteur Thomas Boudin. C'est une effigie réaliste, honnête et un peu lourde, très caractéristique de l'art funéraire du temps de Henri IV et de Louis XIII.

Mais d'autre part, nombre de fragments rapportés du Musée des Monuments français servirent entre i83o et

LES TOMBEAUX i63

i84o à composer hâtivement des monuments factices aux derniers souverains de la France 1 . Une partie de ces ensembles composites, dont Guilhermy avait souligné le ridicule dès i848, ont été dispersés; quelques-uns cependant subsistent dans la partie de la crypte aménagée sous l'Empire, sous le croisillon méridional, et qui servait alors d'accès dans les caveaux.

On y voit d'abord le mausolée de Henri IV composé d'une niche ovale abritant le moulage du buste du roi par Barthélémy Tremblay (au Musée du Louvre), entouré de deux figures de femmes tenant les attributs de la Victoire et de la Prudence, sculptures assez élégantes du milieu du xvu e siècle.

Le monument de Louis XIII comprend, outre un moulage du buste de Warin (bronze au Louvre), des inscriptions tenues par des angelots, qui étaient placées au monument du cœur de ce roi élevé en l'église des Jésuites de la rue Saint- Antoine à Paris; les autres sculptures de J. Sarrazin qui ont été sauvegardées sont au Louvre; les principales figures qui étaient en argent ont été fondues.

Un médaillon de Marie-Thérèse, en marbre, est encastré dans un édicule architectural accompagné de deux angelots.

Pour Louis XIV, deux pleureuses encadrent un médaillon où le profil du roi est sculpté; au-dessus un ange très mouvementé, venu d'un tombeau inconnu,

i. Voir ci-dessus, p. 101.

i6& L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.

tient en ses draperies le cœur du souverain. Le tout est encadré dans une architecture assez banale de retable jésuite.

Un buste, moulage de celui de J. L. Lemoyne (au Musée de Versailles) et placé sur un piédestal de marbre, représente le duc d'Orléans, Régent du royaume.

Le monument érigé à la mémoire de Louis XV a été démembré, mais il subsiste encore, abandonnée dans une chapelle de la crypte, une figure de femme à genoux, vêtue à l'antique et symbolisant la douleur, œuvre du sculpteur Moitte (dans la seconde moitié du xvm* siècle) qui avait été employée au mausolée.

On avait formé le dessein, sous la Restauration, d'élever un monument dans l'église haute à la mémoire de Louis XVI et de Marie- Antoinette. Leurs deux effigies en costume de cour et priantes furent exécutées par Gaulle et Petitot suivant le type singulièrement alourdi, du reste, des figures du xvi 6 siècle. Elles devaient être placées dans la chapelle Saint-Louis. Elles ont été descendues dans la crypte après i83o et y figurent encore aujourd'hui dans la chapelle absidale.

Trois médaillons de marbre représentant les profils de Mesdames Adélaïde et Victoire, filles de Louis XV, dont les corps furent rapportés dans la crypte par ordre de Louis XVIII, et celui de la sœur de Louis XVI, Madame Elisabeth, sont encastrés dans une plaque rectangulaire; deux autres médaillons — également œuvres du xix e siècle — rappellent le souvenir des deux fils de Louis XVI et

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