CHAPITRE I
TL "EGLISE ANGLICANE: Que de personnes se servent de cette expression sans en comprendre la signification ! Quelle est cette Eglise, et à quelle époque remontet-elle? Comment peut-elle justifier son nom et sa place dans l’histoire des peuples ?
Que d’erreurs sont répandues dans Je monde au sujet de l’Eglise anglicane ! Veuton, par exemple, s’enquérir de la date de son organisation ? Les uns répondent qu’elle doit sa fondation à un acte du Parlement angiais; d’autres, en plus grand nombre, affirment que cette Eglise commença avec Henri VIIT; qu'elle n’est qu’un des multiples fruits de la Réforme du XVIe siècle; que c’est l’Egiise des riches et de la noblesse seulement; que ses pasteurs sont payés par JVEtat; qu'elle n’est qu’une branche de l'E glise romaine; qu'enfin, telle que cette dernière, elle a retardé, au lieu d'avancer, le
développement moral et intellectuel des peuples. Nous nous proposons, dans ce qui va suivre, de démontrer la fausseté de toutes ces assertions. e
L'Eglise anglicane existait déjà depuis plusieurs siècles quand, pour la première fois, le mot “Parlement” fut introduit dans la langue anglaise. La monarchie n’était pas encore fondée en Angleterre que déjà l'Eglise anglicane était une institution florissante. 1 C’est dire que cette Eglise est la plus ancienne des institutions qui virent le jour dans les Iles Britanniques. D’ail.
leurs, c’est elle qui a toujours joué le plus grand rôle dans le relèvement moral des peuples qui l’habitent. Ce n’est donc pas au sein de la Réformation qu'il faut placer le berceau de l'Eglise anglicane, nous devons remonter au temps des premiers apôtres de Jésus-Christ.
Comprenons, d’abord, ce que veut dire ce mot “L'Eglise” L'Eglise est le corps mystique de Jésus-Christ, ? auquel les chrétiens sont unis par leur baptême, 3 et dans
ce désignés par Jésus-Christ lui-même. 4 Ces
(1) Green, ‘History of the English people'', p. 70. (2) Col. I, 24, (3) Actes IT, 41-42.
(4) Actes VIII, 14-37; XIX, 5-7.
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qui scnt les successeurs des apôtres. 1 Jésus-
Christ vint sur cette terre pour établir une
église, ? Il choisit douze Apôtres pour en
être les pierres fondamentales, lui-même de-
À vant en être exclusivement la pierre d’an-
gle. # Christ donna aux Apôtres la mission
d'enseigner et de baptiser les nations, ‘ et les A 1 Epitres nous montrent clairement comment + ils remplirent cette mission. Vers l’an 30, | après avoir entendu la prédication de St.
4 Pierre, 3000 personnes se convertissent et sont ajoutées à l'Eglise par la cérémonie du © baptême. 5 Plus tard, St. Paul se convertit, ‘ * et devient un des plus fidèles serviteurs du ‘ Christ. Cet Apôtre fit plusieurs voyages missionnaires. Il visita l'Arabie, l’Asie-Mineure, l’Espagne et la Gaule. Plusieurs historiens, dès le premier siècle du Christianisme, affirment que St. Paul se rendit en An- ! gleterre, ce que très probablement il fit afin À d’aider à l'établissement du Christianisme * dans ces contrées lointaines. ? a
: En l’an 44 des Presbyteri, ou anciens, À sont établis dans chaque Eglise, 8 comme
(1) Tite I, 5. (2) Matt, XVI, 18. (3) Eph. II, 20. (4) Matt. XXVIII, 19-20. (5) Actes II, 41. (6) Actes IX, 18-20. (7) Blunt ‘‘ Ancient Church History’, p. 73. (8) Actes XIV, 23.
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l'avaient déjà été les diacres qu’on avait Eh choisis et mis à part par l'imposition des “ emp mains, ! et St. Paul, à Ephèse, charge Ti- : ses, mothée d'ordonner des prêtres et de les # q'un établir dans les Eglises. ? Ÿ lEt:
Les Eglises étant devenues trop nom- E véc breuses pour que les Apôtres pussent les À les surveiller toutes, ils établirent des hommes M coup capables de leur aider, # Ainsi du temps de i péné St. Paul, et longtemps avant la mort de St. écrir Jean, les Eglises étaient administrées par ‘ que les évêques, assistés de prêtres et de dia- 1 la v cres. + Cette division en trois ordres du | rais ministériel apostolique a toujours subsisté, ! mis, tant dans l’ancienne Eglise bretonne que barb dans l'Eglise anglicane de nos jours. À men:
Malgré les persécutions presque conti- * nuelles, — on en compte généralement dix âge de l'an 67 à l’an 824, — le nombre des chré- À Quel (1) Actes VI. (2) I Tim. V, 22. (3) Tite I, 5.10. d'au: } 1 (4) # Unless we have recourse to a sweeping condem- frap] nation of received documents, it seems vain to deny that early in the 2nd century the episcopal office was attac
firmly and widely established. Thus during the last three decades of the first century, and consequently during the life time of the latest surviving apostle, this Change must have been brought about.'' Piskop of Durham, “Christian Ministry’ 1868.
Voyez encore /Zis{oire de l'Eglise Chrétienne, DD. 65, 66. ‘’ Les églises un peu considérables avaient plusieurs pasteurs; à côté d'eux étaient les diacres, les apôtres occupaient le premier rang.''
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tiens se multipliait d’une façon inouïe, et les empereurs s’alarmaient d’un tel état de choses, car ils ne voyaient en ces membres d'une nouvelle secte que des ennemis de l'Etat. Ils les confondaient le plus souvent avec les juifs, toujours enclins à la révolte, et les frappaient injustement des mêmes coups. Aucun des pays où l'Evangile avait pénétré ne fut à l’abri de la persécution. Un écrivain du Ille siècle ! disait: “Lors même que j'aurais cent langues et cent bouches, et la voix la plus forte du monde, je ne pourrais décrire tous les crimes qui ont été commis, ni indiquer toutes les tortures que la barbarie des juges a inventées contre l’immense multitude de chrétiens innocents.” Des personnes de toute classe et de tout âge remportèrent la couronne du martyre.
Quelques-uns furent mis à mort par le fouet.
d’autres par le feu. Tout le monde pouvait frapper impunément les chrétiens. On les attachait quelquefois à une machine de bois; on leur liait les mains et on leur disloquait les membres. D’autres fois, on les suspendait par une main et on leur déchirait le corps avec des clous de fer; “Ils ne méritent pas d’être traités comme des hommes”, di-
(1) Lactance,
sait un gouverneur, Quand un martyr avait
É | : passé par la torture, le juge le faisait endui- Ë nr re de miel par tout le corps et l’exposait, les Riom mains liées derrière le dos, aux rayons d'un 4 crifice soleil brûlant, afin que les mouches le dévo- | curs, rassent. 1 Mais les chrétiens ne se lassaient L tour -.pas de souffrir et leur nombre s’accrut avec À caen: “une-telle rapidité qu’un siècle à peine après à Druic la mort de saint Jean, Tertullien disait à É sur L l’empereur et au sénat de Rome: À vie ?
“Nous ne sommes que d'hier, et déjà en nous remplissons vos villes, vos municipes, C les places publiques, le palais, le forum. Dans 4 sent ] les champs, dans les îles, dans les forteres- À notior ‘8es, on ne rencontre que chrétiens; gens de : aussi tout âge, de tout sexe, de toutes conditions 3 avale et de toutes dignités s’affilient au Christia- # idoles nisme.” saien:
En l'an 48, À. D, l'empereur Claude, À feu. 1 accompagné d’une flotte de huit cents vais- 1 I ‘Seaux de guerre, débarque à Ebsfileet et com- que, | mence une guerre qui, ayant duré quarante ln Ga ans, se termine enfin par la soumission de tin, l la Grande Bretagne et son occupation par les germ: armées romaines durant plus de trois siècles. La religion des anciens Bretons était + (4) Descombaz Aisioire de l'Eglise Chrétienne, ant
À dans sc . 53-54. À pp 5958 S main:
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eur Claude, cents vaisleet et comré quarante imission de tion par les e trois sièetons était
en | e Chrétienne,
. celle des Druides.
| respect pour les essences forestières, notamment le chêne.
4 crifices au fond des bois, dans des lieux obs-
Ils avaient le plus grand
Ils offraient leurs sa-
curs, parmi ces rois de la forêt dont la hau-
. teur des cimes et la majesté du tronc inspi- { raient tant d’effroi au peuple.
+ Druides exerçaient la plus grande influence { sur les évènements les plus courants de la 4 vie, et leurs paroles étaient regardées com- 4 me des oracles.
Les prêtres
Quoique leurs idées religieuses ne fus-
4 sent pas aussi absurdes que celles des autres © nations païennes, « aussi { avaient en plusieurs endroits “ idoles faites d’osier entrelacé qu’ils remplis- + saient d'hommes; puis ils y mettaient le « feu. !
leurs rites étaient tout cruels et aussi sanguinaires. Ils d'immenses
Le langage des Bretons était le Celti-
Ÿ que, langue commune à certains peuples de
la Gaule. Les. Romains introduisirent le latin, l’anglo-saxon fut apporté par les nations
À germaniques, puis l'allemand et le français
(1) Descombaz Æist, de l'Eglise Chrétienne, p, 44.
‘‘,. Un ancien écrivain anglais rapporte que les idoles
étaient en aussi grand nombre et aussi abominabies
dans son pays qu'en Egypte. En l'an 61 l'empereur romain fit périr tous les druides et détruisit les idoles.'’
par les conquêtes des Danois et des Normands. C’est de la fusion de ces cinq idiomes qu'est sortie la langue anglaise.
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et des Nores cinq idiolaise. , CHAPITRE II.
L'Eglise dans la Grande-Bretagne.
’EGLISE CHRETIENNE dans lies Iles à Britanniques doit son origine à trois “sources distinctes. Premièrement, à l’an- ‘ cienne Eglise bretonne; deuxièmement, à la W mission d’Augustin; troisièmement, aux { missionnaires d'Ecosse et d'Irlande. Nous ne { saurions dire nositivement par qui le Chris- # tianisnce fut introduit en Angleterre. Selon « l'historien T'éodoret, St. Paul fut un des « Apôtres qui porta le salut aux îles de l’O- + céan.” : Au nombre de ceux qui sont d'avis © que St. Paul fut un des apôtres qui vinrent { évangéliser les Bretons sont les évêques Stil- 4 lingfleet, Burgess, Usher; Gibson et Nelson. | Gildas, le sage historien breton du commencement du Vlième siècle, dit que le Christia- { nisme fut introduit dans les Iles Britanni- 1 ques en l’an 61 après Jésus-Christ.
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# (1) ‘‘Une antique tradition rapporte que l'apôtre 4 Paul a prêché le premier l'Evangile dans la Bretagne.
L Plusieurs passages des Pères de l'Eglise établissent © qu'il y a été porté pour le plus tard, au commencement du deuxième siècle. 715. de lEgiise Chrétienne, p. 46. à Voir encore Wordsworth, 7eophilus Anglicanus, + traduction trançaise de Godfroy, éd. 1861, p. 160.
St. Clément de Rome, compagnon inti.
me de St. Paul, ! dit que St, Paul se rendit en prêchant l'Evangile, aux extrémités de l'Ouest. Par cette dernière expression l’on entendait l'Espagne, la Gaule et les Iles Britanniques. D’autres historiens ? affirment que les premiers rites chrétiens furent pratiqués à Glastonbury, en l'an 60, par Joseph d’'Arimathée et ses douze compagnons. Ce que nous pouvons affirmer c’est qu’il y avait en‘l’an 300 une Eglise à Glastonbury dont, au dire d’un ancien historien, 3 Aristobulus, 4 qui mourut en 99, fut le premier évêque.
D’après le témoignage universel des premiers historiens chrétiens, les habitants de la Grande Bretagne avaient été soumis à l'Evangile avant la fin du deuxième siècle, et il y avait un évêque à Londres en l'an 180.
Selon l'historien Bède, le christianisme y aurait été apporté directement de Rome par des missionnaires sur la demande que le roi Lucius aurait adressée au pape Eluthère.
Mais l'attachement exclusif de Bède au siège de Rome rend ici son témoignage bien suspect. 5
(1) Phil, IV, 3. (2) Leonard Hist. of the Christian Church, p. 79. (3) Malmsbury. Voir encore McClintock & Strong, vol, III, P. 883; vol. I, p. 92. (4) Rom. XVI, 10. Aristobule, un des 70 disciples. Hippolytus Codex Baroccian 206. (5) Chastel, Æis/. du Christianisme.
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mpagnon inti- Paul se rendit extrémités de pression l’on t les Iles Briis ? affirment S furent pra- 0, par Joseph pagnons. Ce ; qu’il y avait onbury dont, Aristobulus, # mier évêque.
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Bède au sièignage bien
"the Christian ore McClintock ) Rom. XVI, 10.
s Codex Barocisme.