AVIS AU LECTEUR
Lorsque, en 1909, à l'occasion du premier concile plénier de Québec, nous publiâmes ce Précis d'histoire de l'Église canadienne, nous n'avions malheureusement à notre disposition que les statistiques du Recensement de 1901. Or, de tels documents vieillissent vite dans un pays comme le nôtre où la population s'accroît rapidement chaque année. Aussi attendions-nous impatiemment, pour donner une nouvelle édition de cette brochure, d'être en possession du Recensement de 1911 compilé par le Gouvernement fédéral d'Ottawa.
Maintenant qu'il a vu le jour avec la sage lenteur qui caractérise les publications de ce genre, nous nous empressons de mettre à la disposition du public ses principaux renseignements relatifs à la population catholique du Canada.
Nos diverses statistiques ont été établies avec un soin scrupuleux, et nous comptons qu'elles seront acceptées, tant ici qu'à l'étranger, comme l'expression de la vérité officielle. Chacun, d'ailleurs, pourra les contrôler, et refaire, si bon lui semble, le travail, plus fastidieux que diflScile, que nous avons mené à bonne fin.
Est-ce à dire que nous puissions garantir l'exactitude absolue de tous nos chiffres ? Assurément non. Plusieurs, au contraire, ne constituent que des approximations. Mais le cas échéant, nous aurons soin d'en avertir nos lecteurs.
C'est ainsi, par exemple, qu'à la population d'une municipalité de ville nous ajoutons celle des faubourgs, quoique dans le Recensement elle soit inscrite sous d'autres titres.
D'autre part, il se trouve que les limites de certains diocèses ne correspondent pas aux limites des divisions territoriales indiquées dans les registres des recenseurs, ce qui pourrait occasionner quelques erreurs sans conséquence.
Nous éprouvons le vif regret de n'avoir pas réussi à faire le décompte exact de la population catholique entre les différentes nationalités établies dans le pays.
Pour les Canadiens-français, les Belges, les Polonais et les Italiens la difficulté n'existait pas puisqu'ils sont tous catholiques ; mais pour les habitants de langues anglaise, allemande, hongroise, russe, slave, et de religions diverses l'obstacle était insurmontable. Nous avons résolu le problème de notre mieux, comme on verra.
Une dernière observation. Si nous en croyons Monseigneur Budka, évêque des Ruthènes, le Recensement a confondu, dans maintes localités, les Grecs schismatiques avec les Uniates, au grand détriment du catholicisme. D'après lui il faudrait majorer le chiffre de nos coreligionnaires de près de cent mille âmes. Et dans ce cas, la population catholique du Canada se serait élevée, en 1911, à deux millions neuf cent mille individus. Nous démontrons dans un appendice, à la fin de cette brochure, le bien fondé des réclamations de l'évêque ruthène.
Ajoutons enfin que si le lecteur attentif découvre quelques fautes glissées dans nos divers tableaux, (elles ne sauraient être que minimes), nous le prions
de se montrer indulgent à notre égard. On ne saurait se livrer à un travail comme le nôtre qui comporte plus de deux mille calculs sans que la vue n*en soit affectée.
Tous nos chiffres sont tirés du Recensement officiel de 1911 : Vol II. Tableau II : Populations et religions. Tableau VII : Origines et nationalités, etc., etc.
Quoique nous ayons insisté ici sur la question des statistiques, laquelle est, à notre avis, de suprême importance, nous devons néanmoins avertir le lecteur que le texte de la seconde partie de notre étude a subi de notables altérations. Tous les renseignements relatifs aux fondations de nouveaux diocèses, etc., etc., sont mis à jour jusqu'à la date du 31 décembre 1913.
Québec, janvier 1914.
Fr. Alexis, Capucin.
L'I'GLISK CATHOLIQUE