DIOCÈSE DE MONTRÉAL
Si Québec est la capitale administrative et intellectuelle de la province qui porte son nom, il faut avouer que Montréal est la métropole commerciale de toute la Puissance.
Cette opulente cité dont la population dépasse le demi-million grandit avec une telle rapidité qu'il ne se passe point d'année que l'autorité ecclésiastique ne se voie obligée d'y créer de nouvelles paroisses ; et le temps n'est pas éloigné où elle comptera parmi les villes les plus importantes de l'Amérique. Son parc du Mont-Royal est une pure merveille, et ses quais, sur une longueur de plusieurs milles sont bordés, tout l'été, de navires.
Mais Montréal ne se contente pas des avantages que procurent le commerce et l'industrie ; elle aspire à toutes les grandeurs. Son Université Me Gill, protestante, sa succursale de la catholique Université Laval, son École Polytechnique en font un centre intellectuel ; tandis que ses superbes églises et ses nombreuses communautés religieuses témoignent de la foi de son peuple.
Montréal eut un évêque dès le 1er février 1820 ; mais ce prélat n'agissait qu'en qualité d'auxiliaire de Québec. Ce ne fut que le 13 mai 1836 que Mgr
Lartigue devint évêque titulaire de son siège. Il eut pour successeur Mgr Bourget dont les œuvres sont bien connues.
Cependant l'importance croissante de la province de Québec ayant rendu nécessaires de nouvelles divisions ecclésiastiques, le Saint-Siège, 8 juin 1886, jugea enfin venu le temps opportun pour ériger la ville de Montréal en métropole. Mgr Fabre fut donc, à cette date, élevé à la dignité d'archevêque.