‹ L'église catholique au CanadaChapitre 31 sur 68 · DIOCÈSE DE LONDON · texte numérisé non relu

DIOCÈSE DE LONDON

Un an auparavant, 21 février 1855, London (46,000 habitants) avait été érigé en siège épiscopal.

Ce diocèse comprend la région la plus méridionale et peut-être la plus fertile qui soit au Canada. On y cultive la vigne avec succès. Les raisins du comté d'Essex se vendent par tout le Dominion, et plusieurs fabricants de vins de table se sont fait un nom dans le pays.

La colonisation française au diocèse de London date d'avant la conquête et de l'époque où Détroit était un poste avancé fameux pour la traite avec les Sauvages. Les Canadiens de ces régions ont conservé jusqu'à nos jours leur religion et leur nationalité. Ils constituent la moitié, environ, de la population catholique du diocèse de London.

PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE TORONTO

Pop. totale Catholique Can. franc.

Toronto 687,727 81,017 14,234

Hamilton 407,757 48,151 3,503

London 492,897 63,560 31,263

Totaux 1,588,381 192,728 49,000

PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE ST-BONIFACE

Celui qui n'a pas visité le Nord-Ouest ne saurait s.e faire une idée de cette immense surface qui

s'étend, comme une mer légèrement ondulée, couverte tantôt de vertes prairies tantôt de moissons jaunissantes, jusqu'aux limites toujours renouvelées de l'horizon. Ces moissons sont l'emblème de la moisson des âmes que les ouvriers apostoliques sont conviés à recueillir pour les greniers célestes.

Qu'auraient pensé les premiers missionnaires de ces pays qui consumaient leur vie à la poursuite de leurs brebis errantes, si on leur eût prophétisé les merveilles dont nous sommes aujourd'hui les témoins ?

Voici que Winnipeg (150,000 habitants), dont St- Boniface n'est qu'un faubourg, est devenue, après trente ans d'existence, la troisième cité du Canada ; que tout s'organise ; que le nom même de Nord- Ouest a disparu de la géographie pour faire place aux dénominations des provinces nouvelles de Manitoba, de Saskatchewan et d'Alberta ; que l'émigration, depuis trois années, s'élève à plus de six cent mille âmes *^^^ et que tous les peuples sont conviés au partage de la terre promise du blé : sauvages et métis, français et anglais, américains, allemands polonais, ruthènes, jusqu'aux sectes les plus bizarres, doukhobors et mennonites.

Qui nous dira l'avenir de ce pays ? Dieu seul le pourrait. Ce que nous savons c'est que l'Église y aura sans doute à lutter et à souffrir.

Lorsque l'abbé Provencher arriva au Nord-Ouest, (1818) il ne trouva là-bas que des sauvages, des métis, et quelques voyageurs canadiens-français ou

(1) En 1913. 328,000, savoir : 128,000 anglais, 80.000 américains, 118,000 d'autres pays.

écossais qui faisaient la traite des fourrures pour le compte des Compagnies rivales du Nord-Ouest et de la Baie d'Hudson.

Nommé Auxiliaire de Québec le 1er février 1820, sacré le 30 mai 1822, le vénérable missionnaire garda la charge de cette partie du vieux diocèse jusque au 16 avril 1844.

A cette époque, en effet, le Nord-Ouest, séparé de Québec, fut érigé en Vicariat apostolique. Il devint diocèse le 4 juin 1847, sous le titre de St- Boniface.

Mgr Taché, coadjuteur de Mgr Provencher, lui succéda à sa mort, 7 juin 1853. Le 22 septembre 1871, St-Boniface devint la métropole d'une nouvelle province ecclésiastique qui comprit toutes les missions du Nord-Ouest.

A cette époque le pays était encore presque inconnu, et l'on n'y accédait qu'après un pénible voyage de plusieurs mois sur les Grands Lacs. Le recensement de 1871, qui n'indique que les métis et les blancs, donne le chiffre de 12,298, dont 5,452 catholiques, pour la population du Manitoba.

L'émigration ne commença réellement dans ces pays qu'à l'époque de la construction du chemin de fer Pacifique Canadien, en 1885, et l'on sait quelle magnifique extension elle ne tarda pas à prendre.

Il convient de rendre ici un solennel hommage à la Congrégation des Oblats à qui l'on est redevable de la fondation des églises du Nord-Ouest, et qui entretient encore dans ces régions lointaines plus de trois cent missionnaires.

Lorsque Monseigneur Taché mourut, 1894, son cœur était saturé d'amertumes, car de la civilisation il ne connut que les maux.

Les écoles catholiques avaient été virtuellement abolies, 1890. La colonisation commençait péniblement. On comptait alors dans tout l'Ouest 55,000 catholiques. Ils sont actuellement 300,000.

La province ecclésiastique de St-Boniface comprend aujourd'hui, trois diocèses : Saint-Boniface, Prince-Albert, Régina, et le Vicariat apostolique de Keewatin.

l"" DIOCÈSE DE ST-BONIFACE

St-Boniface est un faubourg de Winnipeg, puisque la Rivière Rouge seule la sépare de la grande métropole de l'Ouest. Mais cette ville fut fondée au commencement du siècle dernier par Mgr Provencher et elle est devenue au Manitoba le château-fort des Canadiens-français. Toutes les œuvres ecclésiastiques y sont concentrées : Archevêché, cathédrale, séminaire, hôpital, hospices, couvents, etc., etc.

Voilà pourquoi ses habitants, jaloux de leur autonomie, résistent opiniâtrement aux avances intéressées de sa puissante rivale qui prétend l'absorber. La résistance se prolongera-t-elle longtemps ? c'est douteux. Car enfin que peuvent faire les sept mille citoyens de St-Boniface contre les 150,000 habitants de Winnipeg ?

Il faut avouer que les progrès de cette dernière cité sont merveilleux et l'on se demande si l'histoire de la croissance de Chicago ne va point se répéter au Canada. On a beaucoup crié contre Winnipeg ; on la traite de ville vulgaire, aux rues d'une largeur et d'une longueur démesurées, dénuée de vieux monuments. A ce compte les environs de l'Arc de l'Étoile à Paris sont vulgaires, et le Grand et le Petit Palais

manquent de cachet. D'immenses rues bordées d'arbres et de gazons ne sont pourtant point à mépriser. Lorsqu'on réfléchit que Winnipeg comptait 215 habitants en 1870, 52,000 en 1902 et qu'elle en possède actuellement près de 200,000, on est tenté de dédaigner les dédains de certains jaloux qui ressemblent fort au renard de la fable.

Les deux grands et difficiles problèmes, de la résolution desquels dépend, au Nord-Ouest, l'avenir de notre foi, sont la question des Ecoles et ce que j'appellerais l'encadrement des immigrants catholiques.

Il est beau de voir un pays se peupler à vue d'œil et des campagnes incultes se couvrir de moissons ; mais encore faut-il digérer ce qu'on absorbe, et faire d'aventuriers venus de tous côtés des citoyens et des chrétiens. Le gouvernement canadien aura peutêtre à se repentir un jour des facilités qu'il fournit à une telle immigration.

Quant à la question des écoles, elle est loin d'être réglée. S'il est vrai que, dans les campagnes, les catholiques font ce qu'ils veulent, ce n'est que par tolérance, non de droit. Dans les villes, à Brandon et à Winnipeg, ils paient double taxe ; c'est-à-dire qu'après avoir contribué de leurs deniers à l'entretien des écoles publiques qui sont neutres, ils soutiennent à grands frais les leurs propres.

Ce qui console Monseigneur Langevin, archevêque de St-Boniface, dans le bon combat qu'il livre depuis si longtemps et avec tant d'énergie c'est qu'il se sent soutenu par son clergé et son peuple et qu'il a une foi invincible dans le triomphe final de la justice.

Nous possédons un recencement, dressé par le clergé en 1911, de la population catholique du diocèse de St-Boniface. Le voici :

Catholiques de langue française. .

anglaise. . .

polonaise. , allemande, hongroise, ruthène. . .

indienne. .

divers

Total.

Il concorde assez bien avec le recensement officiel publié plus loin, sauf pour les Ruthènes que les officiers du Gouvernement ont confondu avec les Russes.

Nous nous réservons de traiter ultérieurement la question de ces catholiques du rite grec connus sous le nom de Ruthènes. Ces braves gens possèdent maintenant un évêque de leur nationalité dont la juridiction s'étend sur tout le Dominion canadien.

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