DIOCÈSE DE QUÉBEC
La vUle de Québec (80,000 habitants environ) qui du haut de son rocher domine le fleuve géant étalé à ses pieds, porte le titre superbe de Gibraltar américain ; mais ses remparts ont subi les atteintes de l'âge ; sa citadelle est aujourd'hui plus pittoresque que redoutable. Chaque année, la foule des touristes, en quête de vieilles choses et de romantiques souvenirs, y accourt de la république voisine où tout est neuf et vulgaire. Et elle n'est point déçue, car le spectacle qui, de ses bastions, s'offre aux regards émerveillés est l'un des plus grandioses qui soient au monde.
C'est une ville de lettres et d'administration, où vibre, toujours ardent, le cœur d'un peuple français et catholique qui prétend bien ne se laisser jamais noyer dans l'océan des races anglo-saxonnes.
Qu'on ne lui demande pas, après cela, le génie des affaires. Elle laisse à d'autres cités plus modernes et plus riches le don d'exceller dans les arts du commerce et de l'industrie.
Ajoutons cependant pour être juste que, depuis quelques années, Québec subit une véritable transformation.
D'immenses travaux entrepris par le Gouvernement et les Compagnies de chemin de fer qui traversent le continent américain rendent une nouvelle vie à son port endormi et font naître de vastes espoirs de prospérité commerciale.
Le territoire de la Province civile de Québec, exploré depuis longtemps et peuplé dans ses parties les plus accessibles, est destiné à demeurer l'apanage incontesté de la race française. Les bûcherons cana-
diens seuls ont le courage et la force de s'attaquer à la forêt qui recouvre encore les trois quarts du sol. Les colons européens trouvent leur avantage à gagner les prairies de l'Ouest dénudées et fertiles. C'est assez dire que la population de Québec s'accroît surtout par des voies régulières et par le surplus des naissances dans nos fécondes familles chrétiennes,