Séder olam
fAn 134] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 207
Quant à son rôle de Messie, il paraît que, pour le soutenir, il ne reculait pas devant de grossièies impostures\ Le refus des chrétiens de reconnaître son caractère messianique et de faire cause commune avec lui l'irritait. Il en vînt contre eux aux plus cruelles persécutions. La messianité de Jésus était la négation de la sienne et un capital obstacle à ses plans. Ceux qui réfugiaient de renier et de blasphémer le nom de Jésus étaient mis à mort, flagellés, torturés*. Juda, qui semble avoir été alors évéque de Jérusalem, peut avoir été du nombre des victimes'. L'indifférence politique des chrétiens, leur fidélité loyale à l'empire devaient être prises par les exaltes comme des manques de patriotisme. Il paraît, du reste, que les juifs sensés témoignaient aussi avec franchise leur mécontentement. Un jour qu'Aquiba, à la vue de Bar-Coziba, s'écriait : « Voilà le Messie ! » — « Aquiba, lui répondit Rabbi Johaiian ben Torta, l'herbe aura poussé entre tes mâchoires avant que vienne le fils de David*. »
Rome, comme toujours, finissait par avoir raison. Chaque centre de résistance tombait à son
4. Saint Jérôme, In Ruf., U, 8. Cf. ci-dessas, p. 498, note 3.