Marc Aurèle, Pensées, X, 27. Cf. IX
294 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 138]
qui sut goûter les plaisirs délicats *. Les choses humaines sont si frivoles, qu'il y faut faire une part au brillant, à Téclat. Un monde ne tient pas sans cela; Louis XIV le savait; on a vécu, on vit encore de son soleil en cuivre doré. Adrien, à sa manière, marqua un sommet, après lequel commença une descente rapide. Certes Antonin et Marc-Aurèle le surpassèrent infiniment en vertu ; mais sous eux le monde s'attriste, perd sa gaieté, s'encapuchonne, se fait chrétien * ; la superstition augmente '. L'art d'Adrien, bien qu'il ait son ver rongeur, tient encore aux principes; c'est un art habile et savant; puis la décadence se produit avec une force irrésistible. La société antique s^aperçoit que tout est vain ; or, le jour où Ton fait cette découverte, on est près de mourir. Les deux sages accomplis qui vont régner sont deux ascètes à leur manière. Lucius Verus, Faustîne vont être les survivants déclassés de l'élégance antique. C'est vraiment à cette date que le monde dit adieu à la joie, traite les muses de séductrices, ne veut plus entendre parler que de ce qui entretient sa mélancolie, se change en un vaste hôpital.