‹ L'église chrétienneChapitre 203 sur 371 · Lucien, Alexander · texte numérisé non relu

Lucien, Alexander

6. Actes de Polycarpe et des martyrs de Lyon. Cf. Eusôbe, //. E., III, 33; IV, 9.

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c*est avec les autorités seules qu'ils veulent argumenter*. Comme on sent bien que, le jour où le gouvernement se relâchera de ses rigueurs, le christianisme et lui s'entendront vite! Comme il est visible que le christianisme sera enchanté d'être la religion du gouvernement !

Chose singulière! la seule partie de la société païenne avec laquelle les chrétiens eussent quelque analogie d'opinion était le groupe des épicuriens. Le nom d'athées était également attribué aux disciples de Jésus et à ceux d'Épicure. Ils avaient, en effet, pour trait commun de nier, par des raisons fort différentes il est vrai, le surnaturel puéril, les merveilles ridicules auxquelles croyait le peuple *. Les épicuriens y voyaient des supercheries de prêtres; les chrétiens des supercheries du démon. Ce qui aggravait le cas des chrétiens, c'est qu'on les supposait capables par leurs exorcismes de faire cesser les prodiges locaux et d'imposer silence aux oracles qui faisaient la fortune et la célébrité d'une ville, d'un pays*.

4. Martyre de Polyc, 40. Cf. Mélilon, dans Eus.. H. E., IV, XXVI, 6.

2. Lucien, Alex,, â5, 38, 43, 44-45,46,47, 64 ; MVmè Aristide, II, p. 404 et suiv., Dindorf (Bernays, Lucian und die Kyniker, p. 38-39, 400 et suiv.). Koivcl t«v âicbv ircXt^iot. Arist., I, 423.

3. Fait d'Aslyrius à Panéas, Eus., H,E,^ VII, 47; épisode du corps de saint Babylas à Daphné, sous Julien (Ruûn, Sozom.,

310 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 13S]

Quand Alexandre d'Abonotique voit ses fraudes percées à jour : « Ce n'est pas surprenant, dit-il, lé Pont est plein d'athées et de chrétiens ! » Cela effraye le peuple, et retid à rimf)osteur un ttiomeril de popularité. Il brûle les livres d'Epicure, et il ordonne de lapider les partisans des deux sectes, Amastris, ville chrétienne* et épicurienne, lui était particulièrement odieuse. Au début de ses mystères, on criait : « S'il y a ici quelque athée, quelque chrétien, quelque épicurien, qu'il sorte ! » Lui-même disait : « A la porte les chrétiens ! » La foule répondait : « A la porte les épicuriens M » Le nom d'épicurien, dans les pays superli lieux, était synonyme de maudit. Comme celui de chrétien, il faisait courir risque de la vie, ou du moins mettait un homme au ban de la société*.

Les chrétiens se servaient des arguments des libres penseurs, des incrédules, pour tourner en dérision les croyances populaires et combattre le fatalisme*. Les oracles étaient l'objet des raille-

Théoiloret). Cf. Arnobe, I, 4o; Lactance, De morl. pcrsec, 40; Eusèbe, Vila ConsL, II, 50-51 .

h. Voir les Évangiles^ p. 476.

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