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Hinucitis Félix, S6 et suiv

2. Eusèbe, Prœp. evang,, V, <8-36; Vï, 6, t; Chronique, an 3 d'Adrien; Tliéodoret, De cur. Grœc aff., serrti. Vi, J). 564, oOI; X, p. 634; Tiilemont, Emp., II, p. 279; Fragm. philos, grœc. (Muliach), II, p. 359 et suiv.

3. Dereschith râbbâ, cli. 65; Schemoth rabba, ch. 43; Rulh rabba, i, S; Ta!m. de Bab., Aboda zara, 3 a; Chagiga, 45 b. Cf. Grœlz, iV, p. 492, 469-470.

4. C'est bien plus tard que le Manuel d'Épictèl^ fut adopté par les moines chrétiens.

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de dédain pour le culte public. Le courage des martyrs chrétiens leur paraissait une folle obstination, une affectation d'héroïsme tragique, un parti pris de mourir, qui ne méritait que le blâme*. Ces troupes d'affolés d'Asie, qui venaient demander la mort, les irritaient*. Ils les confondaient avec ces cyniques, vains et orgueilleux, qui recherchaient des morts théâtrales et se brûlaient vifs pour faire parler d'eux*. Certes il y avait plus d'une ressemblance extérieure entre le philosophe chrétien et le cynique : vêtement austère, perpétuelle déclamation contre le siècle, vie détachée, résistance ouverte aux autorités. Les cyniques, outre un costume analogue à celui des moines mendiants du moyen âge, avaient une certaine organisation, des novices, des supérieurs*. C'étaient des professeurs publics de vertu, des censeurs, des évoques, « des anges des dieux », à leur manière; on leur attribuait une vocation pastorale,

4. Ëpictète (Àrrien}, Dissert,, IV, vu, 6 (comp. II, ix, 20-21); Marc-Âurèle, XI, 3 (voir cependant les Apôtres, p. 233). Comp. moriendi contempluSj Tacite, V, 5 ; Tertullien, De spect,, 1 ; Ad nat,, 1,17, 18; De patientia, %\ Min. Félix, 8; ÊpKre à DiogDèle, 1; Lucien, Peregr,, 13 (voir ci-après, p. 466-466).

%, Tertullien, Ad Scap., 5; Justin, Apol, II, 4.

3. Voir surtout la Mort de Peregrinus de Lucien. Ci-après, p. 464 et suiv.

4. Lucien, Peregr,, 15, 36, 44. Comparez Ta rùn tûv xuv»v (36) à ol tv WXei xpiffTiavwv (12), signiGant le clergé.

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une mission du ciel pour prêcher et donner des conseils, mission exigeant le célibat et un parfait renoncement \ Chrétiens et cyniques excitaient chez les esprits modérés la même antipathie, à cause de leur commun mépris de la mort. Celse reproche à Jésus, comme Lucien reproche à Peregrinus, d'avoir répandu cette erreur funeste*. « Que deviendra la société, se disait-on, si cet esprit l'emporte, si les scélérats se mettent à ne plus craindre le supplice * ! » Mais l'immoralité, la grossière impudence des cyniques ne permettaient une telle confusion qu'à des observateurs bien superficiels. Rien de ce qu'on sait des cyniques n'autorise à croire qu'ils aient été autre chose que des poseurs et de vilaines gens*.

Il n'est pas douteux que, dans un très-grand nombre de cas, la provocation ne soit venue des martyrs. Mais la société civile a tort de se laisser

4. Lire le très-curieux chapitre d'Épictète sur le parfait cynique (Arrien, Diss.j III, xxn; cf. IV, vu, 30 et suiv.}. On croirait lire un traité chrétien sur le ministère pastoral, ou une lettre adressée, vers 1230, à un jeune clerc voulant se faire franciscain.

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