‹ L'église chrétienneChapitre 208 sur 371 · Origène, Contre Celse, II · texte numérisé non relu

Origène, Contre Celse, II

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qu'elles ne sont pas privées de ce critérium suprême de vérité. Les gnostiques sont mis au ban de toutes les Eglises, surtout parce qu'ils professent l'inutilité du martyre. C'est qu*en effet la persécution était bien alors, comme le veut Tertullien S l'état naturel au chrétien. Les détails des Actes des martyrs peuvent être faux pour la plus grande partie ; l'effroyable tableau qu'ils déroulent devant nous n'en fut pas moins une réalité. On s'est souvent fait de trompeuses images de cette lutte terrible, qui a entouré les origines chrétiennes d'une brillante auréole et imprimé aux plus beaux siècles de Pempire une hideuse tache de sang; on n'en a pas exagéré la gravité. Les persécutions ont été un élément de premier ordre dans la formation de cette grande association d'hommes qui la première fit triompher son droit contre les prétentions tyranniques de l*Ëtat.

On meurt en effet pour des opinions, non pour des certitudes, pour ce qu'on croit et non pour ce qu'on sait. Le savant qui a trouvé un théorème n'a pas besoin de mourir pour attester la vérité de ce théorème. Il donne sa démonstration, et cela suffit. Au contraire, dès qu'il s'agit de croyances, le grand signe et la plus efficace démonstration est de

^. De fuga in persec, 8, 9.

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mourir pour elles. Là est rexplîcation des succès extraordinaires qu'ont obtenus quelques-unes des tentatives religieuses de l'Orient, a Vous autres, Européens, vous n'entendrez jamais rien aux religions, me disait le plus intelligent des Asiatiques; car vous n'en avez jamais vu se faire chez vous; nous, au contraire, nous en voyons tous les jours se faire. J'étais là quand des gens hachés en morceaux, brûlés, enduraient pendant des journées des supplices horribles, dansaient, sautaient de joie de mourir pour un homme qu'ils n'avaient jamais connu (le Bâb) , et c'étaient les hommes les plus considérables de la Perse. Moi, qui vous parle, j'étais obligé d'arrêter ma légende, qui courait en quelque sorte devant moi, d'empêcher les gens de se faire tuer

pour moi » Le martyre ne prouve nullement la

vérité d'une doctrine; mais il prouve l'impression qu'elle fait sur les âmes, et c'est là tout ce qui importe pour le succès. Les plus belles conquêtes du christianisme, la conversion d'un Justin, d'un TertuUien furent amenées par le spectacle du courage des martyrs, de leur joie dans les supplices et de l'espèce de rage infernale qui poussait le monde à les persécuter.

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