Ibid
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melles de Paul, dans Tépître aux Galates, Pierre et Paul étaient censés se rencontrer pour la première fois à Rome*. D'autres opinions singulières firent bientôt condamner cette ancienne rédaction par les docteurs orthodoxes *. Le Cérygme de Pierre et de Paul n'eut parmi les écrits canoniques qu'une place mal assurée. Le roman de Pierre avait contracté dès l'origine une sorte de pli sectaire, qui devait l'empêcher d'entrer, même après correction, dans les cadres du dogme imposé*.
Le récit de la mort des deux apôtres, comme le récit de leur prédication et de leurs voyages, fut ainsi livré au caprice, du moins pour la forme. Ce qui assure la fortune éternelle d'un texte narratif, la simplicité du style, quelque chose d'arrêté dans le
4. Sermon, dans saint Gyprien, Rigault, p. 439, en remarquant bien que les mots post conlationem Evangelii in Hierusaiem et muiu4xm altercationem et rerum agendarum disposiiionem sont une réflexion, une parenthèse de l'auteur du sermon.
2. Origène, De princ.,l, prœf., 8; l'auteur du Sermon sur la réitération du baptême, à la suite des Œuvres de saint Cyprien, édit. Rigault, p. 439; Eusèbe et saint Jérôme, l. c.
3. Sticbom. du Codex Claromont.j de Nicépbore, la Synopse, index d'Anastase le Sinaïte (Credner, p. 244, 244, 249} ; Clém. d'Alex., Strom., VIÎ, xi^ 63; Origène, De princ, I, ii, 3 ; In Joh,, tom. XX, 42; Eusèbe, H. E*, III, m, 2, 5; xxv, 4; saint Jérôme, De vir, ilL, 4 ; décret de Gélase, vi, 5 ; Isid. de Péluse, II, epist 99; Nicépbore Galliste, dans Credner, p. 256.
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contour, qui fait croire au lecteur que les choses n'ont pas pu se passer autrement, toutes ces qualités, qui constituent la beauté des Evangiles et des Actes canoniques, manquèrent à la légende de la mort de Pierre et de Paul. Il en exista des rédactions anciennes qui ont disparu, mais qui ne différaient pas essentiellement de celles qui nous ont été conservées* et qui ont fixé la tradition sur ce sujet important. Le travail de la légende fut riche et rapide. Rome et tous ses environs, surtout la Voie d'Ostie, furent comme remplis des souvenirs qu'on prétendait se rapporter aux derniers jours des deux apôtres. Une foule de circonstances touchantes, la fuite de Pierre, la vision de Jésus portant sa croix, Yitei^m crucifigi, le dernier adieu de Pierre et de Paul, la rencontre de Pierre et de sa femme, Paul aux eaux Salvicnnes, PlautilJa envoyant le mouchoir qui retenait ses cheveux pour bander les yeux de Paul, tout cela fit un bel ensemble, auquel il ne manqua qu'un rédacteur à la fois habile et naïf. Il était trop tard : la veine
i . Acla Pétri et Pauli, dans Tliilo, Acta S5. apost. Pétri et Pauli (Halle, 4837, 4 838); Tischendorf, Acl. apost. apocr , p. 1 et suiv. Les différences des deux textes ne sont pas aussi considérables qu'on a voulu le croire. Baur, Paulus, I p. 260- 261, 2* édit. Tcû vo'ji&u est sûrement une faute. Cf. Tischendorf, p. 26. Voir Eiisèbp, //. E., Ilï, m, 2; Origène, In Joh», t. XX, 12, De principiis, I, ii, 3.
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de la première littérature chrétienne était épuisée; la sérénité du narrateur des Actes était perdue ; le ton ne s'élevait plus au-dessus du conte et du roman. On ne sut pas choisir entre une foule de rédactions également apocryphes; en vain chercha-t-on à couvrir ces faibles récits des noms les plus vénérés (Pseudo-Linus, Pseudo-Marcel*); la légende romaine de Pierre et Paul resta toujours à l'état sporadique. Elle fut plus racontée par les guides pieux que sérieusement lue. Ce fut une affaire toute locale; aucun texte ne se vit consacré pour la lecture dans les églises et ne fit autorité*.
La veine créatrice en fait de littérature évangélique s'affaiblissait aussi chaque jour; elle n'était pourtant pas absolument tarie. L'Evangile des nazaréens, ou des Hébreux, ou des ébionites, se diversifiait en presque autant de textes qu'il y avait de manuscrits*. L'Egypte en tirait son « Evangile des Egyptiens* », où Texal-
4. Dans Fabricius, Cod. apocr. 2V. T., t. I, p. 775 et suiv., 778; m, 636, 63Î-653; Biblioih. max. Vatrum (Lugd.J, II, 67 et suiv. (4687); édit. de Paris, 4644, t. VII, p. 451. Pour les monuments flguréd, voir de Rossi, BulletlinOj 4867, p. 74.