Eus., H. E., IV, li; saint Jér., De tnris ilL, c
366 ORIGINES DU CUHISTlÀNISME. (An 140]
et de s*arrôtejr à temps, de façon à n'être qu'à moitié absurde. Son traité général contre les hérésies, ses écrits particuliers contre les valentiniens et les marcionites se sont perdus ^ ; mais ses ouvrages pour la défense générale du christianisme eurent parmi les fidèles un succès extraordinaire * ; on les copia, on les imita; Justin fut de la sorte le premier docteur chrétien, dans le sens classique du mot, dont les œuvres relativement complètes nous aient été conservées.
lustin» nous Tavons dit, était un esprit faible; mais c'était un noble et bon cœur. Sa grande démonstration du christianisme, c'était la persécution dont cette doctrine, à ses yeux toute bienfaisante, ne cessait d'être l'objet. Ce fait que les autres sectes, les juifs en particulier, n'étaient point poursuivis, la joie que montraient les chrétiens dans les supplices, la monstruosité de ces supplices, les calomnies ré* pandues sur le compte des fidèles, le nombre des délateurs, la haine particulière que les princes du monde témoignaient envers la religion de Jésus» haine que Justin ne pouvait expliquer que par la
4. ApoL I, S6; Irénëe, If, vi, S; V, xxvi, 9; TertoIlieD, In Val., ch. 5; Eus., H. E., IV, xi, 40; xvui, 9; saint Jér., De viris m., ch. 23; Théodoret, I, ch. 2; II, 2; Photius, Cod. cxxv. Cf. Lipsius, Die Quellen der œlt, Kelzergeschichie (Leipzig, 4 876).
% Irénée, 1, xxviu, 4,
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rag€ des mauvais esprits \ tout cela lui paraissait constituer en faveur de l'Église un signe «^datant de vérité divine *. Cette préoccupation lui inspira une démarche hardie, à laquelle il dut être encouragé par l'exemple antérieur de Quadratus et d'Aristide *. Ce fut de s'adresser à l'empereur Antonin et à ses deux associés, Marc-Aurèle et Lucîus Verus, pour obtenir le redressement d'une situation qu'il jugeait avec raison inique et en contradiction avec les principes libéraux du gouvernement. La sagesse accomplie de l'empereur, les goûts philosophiques de l'un au moins de ses associés, Marc-Aurèle, âgé alors de vingt-neuf ans, lui donnaient l'espérance qu'une si grande injustice serait réparée. Telle fut l'occasion de la supplique éloquente^ qui débute ainsi :