‹ L'église chrétienneChapitre 287 sur 371 · V. Saint Paul, p. 354 et suiv.; Wagener, l, c · texte numérisé non relu

V. Saint Paul, p. 354 et suiv.; Wagener, l, c

4. Josèphe, Ant,, XII, m, 4 ; Wagener, Inscr. gr. recueillies en Asie Mineure, p. 4 8-1 9.

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loppées. On y trouvait des crèches, des établissements d'enfants trouvés*. L'ouvrier, si dédaigné dans l'antiquité*, arrivait par l'association à la dignité de l'existence et au bonheur.

Cette vie intérieure, d'autant plus active que la politique ne la troublait pas, faisait de l'Asie Mineure le champ clos de toutes les luttes religieuses du temps. Les directions qui se partageaient l'Eglise y étaient singulièrement visibles; car nulle part ailleurs l'Église ne fermentait davantage et ne témoignait avec plus de franchise son travail intérieur. Conservateurs et progressistes, judéo-chrétiens et ennemis du judaïsme, millénaires et spiritualistes s'y opposaient comme deux armées qui, après s'être combattues, finissaient par rompre les rangs et se mêler. Là avait vécu ou vivait encore tout un monde chrétien qui ignorait saint Paul : Papias, le plus borné des Pères de son temps, Méliton, presque aussi matérialiste que lui, l'ultraconservateur Polycarpe, les presbyteri qui enseignèrent à Irénée son grossier chiliasme, les chefs du mouvement montaniste ', qui prétendaient revenir aux scènes du premier cénacle de Jérusalem. Là se trouvaient ou

4. epiEi^AToc, è^oota ^^t^i^emxn, Wagener, Bévue, 1. c; Corpus inscr. gr,, n<»3348.

%, Aristote, Polit, , III, 3; Plutarque, Périclés, î. 3. Voir notre livre VII.

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de là venaient les hommes qui se lançaient le plus hardiment dans les nouveautés : Tauteur du quatrième Évangile, Cerdon, Marcion, Praxéas, Noétus, Apollinaire d'HiérapoIis, les aloges, qui, pleins d'aversion pour l'Apocalypse, le millénarisme, le montanîsme, donnaient la main au gnosticisme et à la philosophie. Des exercices spirituels, disparus ailleurs, continuaient de vivre en Asie. On y possédait des prophètes, un certain Quadratus, une Ammia de Philadelphie*.

On se glorifiait surtout d'un nombre considérable de martyrs et de confesseurs*. L*Asie Mineure vit de nombreuses exécutions, en particulier des crucifiements. Les différentes Églises s'en faisaient gloire, prétendant que la persécution est le privilège de la vérité; ce qui était contestable, puisque toutes les sectes avaient des martyrs •. Par moments les marcionites et les montanistes en eurent plus que les orthodoxes. Aucune calomnie alors ne coûtait à

i. Eusèbe, lî.E,, lïl, 37; V, 17.

2. Mélilon, dans Eusèbe, H. E,, IV, xxti, 3, 5, etc.; Polycrnte, dans Eus., //. E,, Y, ch. xxv (notez le nombre des évoques qualifiés martyrs). Cf. Eusèbe, H. E., V, xix, 3.

3. Anonyme contre les calaphryges, cité par Eus., V, xvi, 12, 20, 24, 22; Apollonius, dans Eus., V, xviii, 5, 6 et suiv.; Eusèbe, De mari, PaL,Xy 2 ; Actes de saint Pione, 44 {Âcla sine, p. 445); Conc. de Laodicée, ch. ix, etc. Voir ci-dessus, p. 355, et, dans noire livre YII, les chapitres consacrés au montanisme.

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ceux-ci pour rabaisser les martyrs de leurs rivaux*. Les divisions duraient jusqu'à la mort. On voyait des confesseurs expirant pour le même Christ se tourner le dos et éviter tout ce qui pouvait ressembler à une marque de communion. Deux martyrs nés à Euménie, Caïus et Alexandre, qui furent suppliciés à Apamée Kibotos, prirent jusqu'au bout les précautions les plus minutieuses pour qu'on ne crût pas qu'ils adhéraient aux inspirations de Montan et de ses femmes ' Gela nous choque, mais il faut se souvenir que, selon les opinions du temps, les dernières paroles et les derniers actes des martyrs avaient une haute jportée. On les consultait sur les questions d'orthodoxie; du fond de leurs cachots, ils réconciliaient les dissidents,Jdonnaient des billets d'absolution'. On les regardait comme chargés dans l'Eglise d'un rôle de pacificateurs et d'une sorte de mission doctrinale*.

Loin de nuire à la propagande, ces diversités y

servaient. Les Eglises étaient riches, nombreuses L'épiscopat, nulle part ailleurs, ne comptait autant d'hommes capables, modérés, courageux. On citait

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