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Corap. le marlyre de saint Pione, $ S

2. L'indication de l'heure (§ ^4 ) donne lieu à beaucoup de doutes.

460 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 155]

corps du martyr et présenter Taspect d'une voile de navire gonflée par le vent. Le vieillard, placé au centre de cette chapelle ardente, leur apparaissait non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit, ou comme une masse d'or et d'argent dans la fournaise. Ils s'imaginèrent .sentir une odeur délicieuse comme celle de l'encens ou des plus précieux parfums (peut-être les sarments et bois légers du bûcher y furent-ils pour quelque chose) *. Ils assurèrent même plus tard que Polycarpe n'avait pas été brûlé, que le confector fut obh'gé de lui donner un coup de poignard *, qu'il coula de la blessure tant de sang que le feu en fut éteint'.

Les chrétiens attachaient naturellement le plus

4 . La même circonstance se retrouve dans les martvres de Lvon, Eus., //. E,j V, I, 35. Comparez Lucien» Peregrinus^ 3.

î. § 46 (contredisant § 5). La leçon izi^ian^d est sûrement une faute. Comparez cependant Lucien, Peregr., 39, 40.

3. Déjà riraagination se refusait à laisser consumer entièrement le corps des martyrs, par suite des craintes matérialistes qu'on avait pour la résurrection des corps totalement détruits. V. Le Blant, mémoire sur les supplices destructeurs du corps, dans la Revue archéoL^sepU \ 874 (cf. Afém, de l'Acad. des inscr.,XXVIIl, 2* part., p. 77, 94-95). Comp. les Actes de saint Pione (saint Pione meurt dans les flammes ; mais son corps est trouvé intact) et de saint Fructueux (Ruinart, p. 150, tt\). Lettre des Églises de Lyon et de Vienne, dans Eusèbe, //. E., V, i, 62, 63; Celse, dans Orig., VIII, 53. Comparez surtout Ign., ad Rom,, 5; Actes de Thecla, 22, 27 et suiv.

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grand prix à posséder le corps du martyr. Mais Taulorité hésitait à le leur donner, craignant de voir ce supplicié devenir l'objet d'un nouveau culte. « Ils seraient capables, disaient-ils en riant, d'abandonner pour lui le crucifié. » Les juifs montaient la garde auprès du bûcher pour épier ce qu'on allait faire. Le centurion de service se montra favorable aux chrétiens et les laissa prendre ces os, « plus précieux que les pierres précieuses et que l'or le plus pur». Ils étaient calcinés ; pour concilier ce fait avec le récit merveilleux, on prétendit que c'était le centurion qui avait brûlé le corps. On mit les cendres dans un lieu consacré, où l'on vint chaque année célébrer l'anniversaire du martyre et s'exciter à marcher sur les traces du saint vieillard.

Le courage de Polycarpe frappa beaucoup les païens eux-mêmes. L'autorité, ne voulant pas que de pareilles scènes se renouvelassent, arrêta les supplices*. Le nom de Polycarpe resta célèbre à Smyrne, tandis qu'on oublia vite les onze ou douze Smyrniotes ou Philadelphiens qui avaient souffert avant lui. Les Églises d'Asie et de Galatie, à la nouvelle de la mort de ce grand pasteur, demandèrent aux Smyrniotes des détails sur ce qui s'était passé. Ceux de

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