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LeUre

[An 158] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 477

exprès pour ces poètes, ces peintres, ces penseurs, tous originaux, tous idéalistes, s'imaginant ne peindre que l'âme, et en réalité dupes du corps. Epictète se portait mieux; il a montré dans la lutte de la vie autant d'héroïsme qu'Attale et que Sanctus ; mais il n'a pas de légende. V liégémonikon seul ne dit rien à l'humanité. L'homme est chose très-complexe. On n'a jamais charmé ou passionné les foules avec la vérité pure ; on n'a jamais fait un grand homme avec un eunuque, ni un roman sans amour.

Nous verrons bientôt les plus dangereuses chimères du gnosticisme trouver à Lyon un prompt accueil et, presque à côté de Blandine, les victimes des séductions de Marcus fuir l'Eglise ou venir y avouer leur faute en habits de deuiP. Le charme de la Lyonnaise, résidant en une sorte de décence tendre et de chasteté voluptueuse, sa séduisante réserve, impliquant l'idée secrète que la beauté est chose sainte «, son étrange facilité à se laisser prendre aux apparences du mysticisme et de la piété, produiront, sous Maro-Aurèle, des scènes qu'on se figurerait s'être passées de nos jours.

4. Irénée, I, xiii. L'ouvrage entier d'Irenée est la preuve de rimporlance qu'eut le gnosticisme dans la vallée du Hhône.

2. Voir une page, très-bien étuiiée, de Lamartine, Girondins, XLix, 43.

478 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Ad ihî]

Marseille, Arles et les environs purent également recevoir sous Àntonin une première prédication chrétienne *. Nîmes, au contraire, paraît être restée fermée aussi longtemps que possible au culte venu d'Orient*.

C'est vers le même temps que l'Afrique vit se former de solides Églises qui devaient bientôt constituer une des parties les plus originales du nouveau monde religieux. Chez ces premiers fondateurs du christianisme africain, la teinte mystique qui. dans quelques années, s'appellera monlaniste n'est pas moins forte que chez les chrétiens de Lyon. Il est probable cependant que le levain du royaume de Dieu fut ici apporté de Rome et non d'Asie. Les Actes de sainte Perpétue et en général les Actes des martyrs d'Afrique, Tertullien et les autres types du christianisme africain ont un air de fraternité avec le Pasleur (THermas. Sûrement les premiers porteurs de la bonne nouvelle parlaient grec à Carthage comme partout ailleurs. Le grec était presque aussi répandu dans pette ville que le latin*; la communauté chrétienne se servit d'abord des deui^

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