V. i* Antéchrist, p. 39 et suiv
483 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 159]
procès auxquels ces accusations donnèrent lieu, on mit à la question quelques esclaves des maisons chrétiennes, des femmes, des jeunes garçons, qui, vaincus par les tourments, dirent tout ce que Ton voulut et prêtèrent un fondement juridique à des inventions odieuses*.
Les calomnies, du reste, étaient réciproques, et les chrétiens rétorquaient contre leurs adversaires les mensonges inventés contre eux. Ces repas sanglants, ces orgies, c^étaient les païens qui les pratiquaient. Leurs dieux ne leur avaient-ils pas donné l'exemple de tous les vices ? Dans quelques-uns des rites les plus solennels du culte romain, dans les sacrifices à Jupiter Latiarîs, ne faisait-on pas des aspersions de sang humain • ? Le fait était inexact ; il n'en devint pas moins une des bases de l'apologétique chrétienne*. L'immoralité des dieux du vieil Olympe offrait aux controversistes un facile triomphe *. Quand Jupiter n'était que le ciel bleu, il était immoral