‹ L'église chrétienneChapitre 324 sur 371 · Apol. II · texte numérisé non relu

Apol. II

3. Apol, II, 3, 44 ; Tatien, Adv, Grœc, 49; Irénée, I. xxvili, 4;

i92 OniGINES DU CHRISTIANISME. [An 160]

Tatien échappa aux embûches du cynique. On ne peut assez regretter, pour la mémoire d'Anlonin (ou, si l'on veut, de Marc-Aurèle), que l'avocat courageux d'une cause qui était alors celle de la liberté de conscience ait souffert le martyre sous son règne. Si Justin appela son rival « imposteur » ou « écornifleur », comme nous l'apprend Tatien, il méritait la peine correctionnelle qu'entraîne le délit d'injures proférées en public. Mais Crescent ne fut peut-être pas moins injurieux, et le fut impunément. Justin se vit donc frappé comme chrétien. La loi était formelle et les conservateurs de la chose romaine hésitaient à l'abroger. Combien de précurseurs de l'avenir ont souffert également sous le règne du juste et pieux saint Louis !

Les attaques de Crescent n'étaient pas un fait

Eusèbe, H. E,, IV, 4 6 ; Chronique, p. 4 70, i 74 , Schœne; Chronique d'Alex.j à Tan 4 65. TalieD, IréDée, Tertullien dous assurent que Justin mourut martyr. Quant aux Actes de son martyre, ils sont de seconde main et sans valeur. Il est môme douteux sMls s'appliquent à notre docteur. Junius Rusticus n'est mêlé à cette affaire que par les Actes et par saint Épiphane (xlvi, 4),qui copie en cela les Actes. La mort de Justin dut suivre de près la dispute avec Crescent et la composition de la deuxième apologie. (ApoL U, 3 ; Ëusèbe, L c.) On ignore si ce fut dans les dernie*^ mois d'Antonin ou dans les premiers de Marc-Aurèle. Voir Pearson, cité cidessus, p. 453, noie. Nous avons vu, à propos de Polycarpe, qu*Eusèbe a une certaine tendance à placer sous Mar&-Aurèle des martyres qui eurent lieu sous Antonin.

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isolé. Au I*' siècle, des hommes très-instruits purent ignorer le christianisme; maintenant, cela n'est plus possible. Tout le monde a un avis dans la question. Le premier rhéteur du temps, L. Cornélius Fronton, écrivit certainement une invective contre les chrétiens*. Ce discours est perdu; nous ignorons dans quelles circonstances il fut composé ; mais on peut s'en faire quelque idée par celui que Minucius Félix met dans la bouche de son Csecilius. L'ouvrage n'était pas, comme celui de Celse, consacré à la discussion exégétique ; ce n'était pas non plus un écrit de philosophie. C'étaient des considérations d'homme du monde et de politique '. Fronton admettait sans examen les bruits les plus calomnieux contre les chrétiens, il croyait ou affectait de croire ce que l'on racontait de leurs mystères nocturnes, de leurs repas sanglants •. Très-honnête homme, mais homme officiel, il avait horreur d'une secte de déclassés. Satisfait d'une sorte de croyance vague à la Providence,

4 . Minucius Félix, 9, 34 . C'est lui qui est désigné par l'expression Cirlhe?isis nosler. Fronlon était né à Thibilis. De nombreuses inscriptions attestent encore aujourd'hui l'importance que la famille des Frontons eut dans la région de Cirtha. L. Renier, Journal officiel, 26 juin 4878; ïmcr. rom, de l'Alg., d^ 2747 ; Orelli, nM176.

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