Protév., 40; Ascens. dis,, xi
(An 160] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 513
au ciel. L'Assomption naissait, comme tant d'autres fêtes, du cycle des apocryphes*.
Uu accent de vive piété distingue toutes les compositions dont il vient d'être parlé, tandis qu'on ne
peut lire sans dégoût l'Evangile de Thomas^ insipide ouvrage, qui fait aussi peu d'honneur que possible à la famille chrétienne, très ancienne cependant*, qui l'a produit. C'est le point de départ de ces plates merveilles sur l'enfance de Jésus qui, par leur platitude même, eurent un succès si fâcheux en Orient. Jésus y figure comme une sorte d'enfant terrible, méchant, rancunier, faisant peur à ses parents et h tout le monde ^. Il tue ses camarades, les change en
4. Enger, De transitu B. M. V., Elberfeld, 4854; Tischendorf, ApocaL apocr., p. xxiv et suiv., 95 et suiv.; Migne, Dici, des apocr., II, col. 503-537, 587-598; W. Wright, Confnô. to the apocr. lit., Londres, 4865; Journal of sacred lit., janv. et avril 4865; Dulaurier, Rëvél. de saint Barth., p. 20 et suiv.; Reviiloul, Apocrypiies coptes, I, p. x-xii.
2. Justin, /)ia/.^ 88, comp. à Évang. selon Thomas, 43; Irénée, I, XX, 4, 2, corap. à Évang. selon Thomas, 6, 44: Origène, homél. I in Luc (III, 933); Philosoph., V, 7; Eus., //. E., III, XXV, 6; Tischendorf, Evang. apocr., p. xxxviii et suiv., 434 et suiv.; Apocal. apocr., p. liii-lvi, lxi ; Slichométrie de Nicéph., etc., dansCredner, Gesch. des neut, Kan., p. 244, 250, 256; Bleek, p. 348-349.
3. Chap. 3, 4, 5, 8, 44, 45, 46. Comparez certains traits de Marc {les Évangiles j p. 447 et suiv.}. Les miracles de Jésus font peur. Notez surtout le miracle de Gergésa.
5U ORIGINES DU CHRISTIANISME. (Ab idO|
boucs, aveugle leurs parents, confond ses maîtres, leur démontre qu'ils n'entendent rien aux mystères de l'alphabet S les force à lui demander pardon. On le fuit comme la peste ; Joseph le supplie en vain de rester tranquille*. Cette image grotesque d'un gamin omnipotent et omniscient est une des plus fortes caricatures qu'on ait jamais inventées, et certes ceux qui l'ont écrite avaient trop peu d'esprit pour qu'on puisse leur prêter l'intention d'y avoir mis de l'ironie. Ce n'était pas sans intention théologique que, contrairement au système plein de tact des anciens évan^ gélisles sur les trente ans de vie obscure, on ch(?rchait à montrer que la nature divine en Jésus ne fui jamais oisive, que le miracle sortait sans cesse de lui. Tout ce qui faisait de la vie de Jésus une vie humaine devenait importun. « Cet enfant n'est pas un être terrestre, dit de lui Zachée; il peut dompter le feu ; peut-être a-t-il été fait avant la création du monde. Il est quelque chose de grand, ou un dieu, ou un ange, ou un je ne sais trop quoi *.» Ce déplorable Évangile paraît l'ouvrage des marcosiens*. Les