IIpuTcxaee^pia. Hermas, mand. xi
3. Marc, |x, 33 et suiv.; K, li% et suiv. ; Matlh., xviu, 4 et 8uiv. ; Luc, XXH, 24 et suiv.
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Mais cela ne suffisait pas, et Tassociation chrétienne était menacée d'un grand péril, si une institution salutaire ne venait la sauver de ses propres abus.
Toute ecclesia suppose une petite hiérarchie, un bureau, comme Ton dit aujourd'hui, un président, des assesseurs et un petit personnel de serviteurs. Les clubs démocratiques ont soin que ces fonctions soient aussi limitées que possible quant au temps et aux attributions ; mais il résulte de là quelque chose de précaire, qui fait que jamais club n'a duré au delà des circonstances qui l'ont créé. Les synagogues ont eu beaucoup plus de continuité, bien que le personnel synagogal ne soit jamais arrivé à être un clergé. Cela tient à la situation subordonnée que le judaïsme a eue durant des siècles ; la pression du dehors combattait les effets délétères des divisions intérieures. Livrée à la même absence de direction, l'Église chrétienne aurait sans doute manqué ses destinées. Si Ton eût continué à envisager les pouvoirs ecclésiastiques comme émanant de l'Eglise même S celle-ci eût perdu tout son caractère hiératique et théocratîque. Il était écrit, à l'inverse, qu'un clergé accaparerait l'Église chrétienne, se sub-
4. Certaines paroles do Jésus (Malth., xviii, 47.20), semblaient impliquer une pareille idée. Mais il faut se rappeler que Matlhiou seul met dans la bouche de Jésus le mot çcclesia*
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stituerait à elle. Portant la parole en son nom, se présentant en toute chose comme son unique fondé de pouvoir, ce clergé sera sa force, mais en même temps son ver rongeur, la cause principale de ses futurs écroulements.
1/histoire, je le répète, n'a pas d'exemple d'une transformation plus profonde. Il est arrivé dans l'Eglise chrétienne ce qui arriverait dans un club où les assistants abdiqueraient entre les mains du bureau, et où le bureau abdiquerait à son tour entre les mains du président, si bien qu'après cela les assistants ni même les anciens n'auraient nulle voix délibérative, nulle influence, nul contrôle sur le maniement des fonds, et que le président pourrait dire : « A moi seul, je suis le club. » Les presbyteri (anciens) ou episcopi (officiers, surveillants) devinrent très-vite les uniques représentants
de TEglise, et, presque immédiatement après, une autre révolution plus importante encore s'opéra. Entre les presbyteri ou episcopi^ il y en eut un qui, par l'habitude de s'asseoir sur le premier siège, absorba les pouvoirs des autres et devint Vépiscopos ou le presbytéros par excellence. Le culte contribua puissamment à établir celte unité. L'acte eucharistique ne pouvait être célébré que par un seul, et donnait à celui qui le célébrait une extrême impor-
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tance*. Cet épiscopos^ avec une rapidité dont on est surpris, devint le chef du presbytérat et par consé-
quent de l'Eglise entière. Sa cathedra, placée hors rang et ayant la forme d'un fauteuil, devint un siège d'honneur, le signe de la primauté*. Chaque Église n'a plus dès lors qu'un presbytéros en chef, qui s'appelle à l'exclusion des autres épiscopos^. A côté de cet évêque, on voit des diacres, des veuves, un conseil de presbyteri\ mais le grand pas est franchi ; l'évêque est seul successeur des apôtres ; le fidèle a totalement disparu*. L'autorité apostolique, censée transmise par l'imposition des mains*, a étouffé l'autorité de la communauté '. Puis les évêques des différentes
4. Lettre d'irénée à Victor, dans Eusèbe^ H. £., V, xxiv, 47.
5. £p. Pétri ad Jac, 4 ; Epist. Clem. ad Jac, 2, 3, 6, 42, 46, 47, 49; Ignace ad Philad., 3.
3. Comp. I Tim., m, 4 et sui? ; y, 47-49, et surtout Tit., i, 5, 6, 7. Cf. PhiK, I, 4 , et saint Paul, p. 238-239. Dans Clément Romain, il n*y a non plus que des prêtres et des diacres (ch. 42).
4. noXuxapiroc xal ot oi>v oùtôi irpto€uT«po(. SuscriptioD de Tépltre de Polycarpe.
5. n?&ff7àrrîç,... Tpcçiina;, Oiaaapx^)?, ÇovaPYu'yibç xal iràvTA p.o'voç
oÙToç ©V. Lucien, Peregr,, 14.
6. È;;î6e(nç tûv •jjiùh-^^ qui n*a rien à faire avec la xetpoTovtot.
7. I Tim., IV, 44. Paul a ordonné Timothée et Titus; Timothée et Titus ordonnent les presbyteri ou episcopi des Églises qu'ils fondent. Tit. i, 3. Ces délégués apostoliques ont pouvoir sur les presbyteri, I Tim., y, 47-49.
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Eglises, se mettant en rapport les uns avec les autres, constitueront TEglise universelle en une espèce d'oligarchie, laquelle tiendra des assemblées, censurera ses propres membres, décidera des questions de foi et h elle seule formera un vrai pouvoir souverain.
En cent ans, le changement était presque accompli. Quand Hégésippe fait son voyage à travers toute la chrétienté, dans la seconde moitié du ii' siècle, il ne voit plus que les évêques; tout est pour lui une question de succession canonique; le sentiment vivant des Églises n'existe plus\ Nous montrerons que celte révolution ne s'acheva pas sans protestation i et que l'auteur du Pasteur^ par exemple, essaye encore de maintenir, contre l'autorité grandissante des prélats *, l'égalité primitive des presbyteri. Mais la tendance aristocratique finit par l'emporter. D'un côté, les pasteurs ; de l'autre, le troupeau. L'égalité primitive n'existe plus; l'Eglise n'est désormais qu'un instrument entre les mains de ceux qui la dirigent, et ceux-ci tiennent leur pouvoir non de la communauté, mais d'une hérédité spirituelle', d'une transmis-