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Ennéades, II, ix entier

2. Rabbi Siméon ben Azaï (première moitié du ii* siècle] est dcî^jà un cabbaliste. Mischna, Hagiga, «.Voir les Évangiles,^. h6.

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Philon de Byblos, présentait les vieilles théogonies de la Phénicie, mêlées, ce semble, de cabbale hébraïque, sous la forme de généalogies divines fort analogues à celles des premiers gnostiques. La religion égyptienne, très-florissante encore, avec ses cérémonies mystérieuses et ses symboles frappants, les mystères grecs et le polythéisme classique, interprétés dans un sens allégorique, Torphisme et ses vides formules, le brahmanisme devenu une théorie d'émanations sans fin, le bouddhisme \ opprimé par le rêve des existences expiatoires et par ses myriades de bouddhas, le dualisme persan, si contagieux, et auquel le messianisme et le millénarisme juifs devaient peut-être leur première existence, paraissaient tour à tour des dogmes profonds et séduisants à des imaginations affolées d'espérances et de terreurs. L'Inde et surtout le bouddhisme étaient connus à Alexandrie*. On leur empruntait la métempsychose, la façon d'envisager la vie comme l'emprisonnement de l'âme dans un corps, la théorie des délivrances successives '. Gnosticos n'a-t-il pas le

h, V. Vie de Jésus, ^. 402.

«. Clém. d'Alex., Slrom , I, 45; VI, 4. Voir Weber, Indischo Skizzen, p. 63 et suiv., 91 et suiv.

3. Plotin (Ennéades, II, ix, 6), par suite d'une exagération systématique, ne veut voir en tout cela que des emprunts faits à Platon.

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même sens que Bouddha ^ a celui qui sait » ? Ala Perse, on prenait le dogme des deux principes indépendants Tun de Tautre, l'identification de ia matière et du mal, la croyance que les passions qui corrompent l'&me sont des émanations des corps, la division du monde en ministères ou administrations confiées à des génies^ Le judaïsme et le christianisme se mêlaîmt à ce galimatias : plus d'un fidèle de Jésus s'imaginait pou-

voir greffer l'Evangile sur une théologie amphigourique, ayant l'air de dire quelque chose, sans rien expliquer en réalité; plus d*un Israélite préludait déjà aux folies de la cabbale, qui n'est à vrai dire que le gnosticisme des juifs'.

L'Église d'Alexandrie, comme nous l'avons dit, fut de bonne heure atteinte par ces chimères. Philon et Platon avaient déjà beaucoup de lecteurs parmi les fidèles instruits. Plusieurs entraient dans TÉglise imbus de philosophie, et trouvaient l'enseignement chrétien maigre et pauvre; la Bible juive leur paraissait plus faible encore. A l'imitation de Philon, ils n'y voyaient qu'allégorie. Ils appliquaient la même méthode à l'Évangile. Ils le refirent en quelque sorte.

4. Voir J. Darmesteter, Haurvalât et Ameretât, Paris, 1875; l'Antéchrist, p. 362-363, note.

2. Sur le juif gnoslique Elisa bea Aboayah Aker, voir les Évangiles, p. 535; Derenbourg, dans les Mél. de l'École des hautes éludes, 4878, p. 472-473.

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Molle et non fixée, la matière évangélique se prêtait encore aux transformations. Toutes les particularités de la vie de Jésus recouvrirent, selon ces évan* gélistes nouveaux, quelque chose de sublime; tous les miracles devinrent symboliques; les folies de la gkematria juive furent relevées et aggravées \ Comme Cérintbe, les nouveaux docteurs traitaient r Ancien Testament de révélation secondaire, et ne comprenaient pas que le christianisme conservât un lien quelconque avec la religion de ce dieu particulier, Jéhovah, qui n'est en rien l'être absolu. Y avait-il une meilleure preuve de la faiblesse de ce Dieu que l'état de ruine et d'abandon où il laissait sa ville, Jérusalem'? Jésus certes, disaient-ils, sut voir plus loin et plus haut que les fondateurs du judaïsme; mais ses apôtres ne le comprirent pas; les textes qui prétendent représenter sa doctrine sont altérés. La gnose ^ule, grâce à une tradition secrète, est en possession de la vérité. Un vaste système d'émanations successives renferme tout le secret de la philosophie et de i'histoire. Le christianisme, qui est l'acte le plus récent de la tragédie que joue Tunivers, est l'œuvre de Téon Christos, qui, par son union intime avec l'homme Jésus, a sauvé ce qui est sauvable dans l'humanité.

4. Irénée, I, m, 3; viii, 2, 4; xiv, 6; II, ch. xx et saiv. t. Irénée, IV, iv,4.

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Le christianisme de ces sectaires était, on le voit, cCiui que nous avons trouvé chez Cérinthe et chez les ébionites. Leur Evangile était conforme à TËvangile hébreu S Ils racontaient la scène du baptême de Jésus comme elle était rapportée dans cet Evangile, et croyaient, avec tous les docètes, que Jésus n'avait eu d'un homme que Tapparence*. Les récits de Galilée leur semblaient un enfantillage, indigne de la divinité, et que l'on devait expliquer allégoriquement. L'homme Jésus pour ces sectaires n'était rien ; l'éon Christos était tout, et sa vie terrestre, loin d'être la base de la doctrine, n'était qu'une difficulté dont il fallait se débarrasser à tout prix.

Les idées des premiers chrétiens sur l'apparition messianique dans les nues, sur la résurrection, sur le jugement dernier, étaient aussi tenues pour arriérées. La résurrection se faisait pour chacun au moment où il devenait gnosticos*. Un certain relâchement des mœurs était la conséquence de ces idées faussement aristocratiques; le mysticisme a toujours été un danger moral ; car il laisse trop facilement entendre que par l'initiation on est dispensé des devoirs ordinaires. « L'or, disaient ces faux chrétiens, peut traîner dans

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