‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 110 sur 364 · I. Art., ai · texte numérisé non relu

I. Art., ai

a. MM. \ndruMix, supérieur du Srmînaîro de Sainl-Nirn]a> (art. 9r»-ij8) ; Pierro (îiu'rin du Kcichcr, supérieur des Nouveaux-

LES MASSACRES 3oi

Près de la moitié des 3oo prêtres incarcérés étaient étrangers à la capitale ; c'étaient de. pauvres curés (Je pro\ince chassés de leurs paroisses, menacés do mort par leurs compatriotes, et qui étaient Venus se cadier dans la grande ville et y demander le passepcïrt leur permettant de s'expatrier. Dépaysés, faciles à reconnaître sous leurs déguisements maladroits, ils altiraienl l'attention, quand ils croyaient la détourner, ils éveillaient les soupçons des espions et des délateurs et amenaient l'arrestation des prêtres charitables chez qui ils étaient venus se réfugier.

Les massacres.

\ la fin d'août, les prisons étaient pleines, ce n'étaient jjas seulement les prêtres qui les remplissaient .

0>n\tTUs (art. i5i-i53) et son frère Holxîrt (art. ao-V) ; I^iifaiit, prinlicalcur ci'îlèbre (art. 2o5 yoy) ; Le Gnu. prédicateur (art, a 12) ; FriU'yre- Barbé, chanoine de Sainl-Pa«l-derEstrée à Saint-Denis 'art, 201-202); Thomas-Bonnotte, confesseur des Lrsulinos «art. iGi); Le Livec, aumônier des Filles du Calvaire (art. iC3) ; Le Rousseau, aumônier de la Visitation delà rue du Bac(art. lOV); ^er^on, directeur des Sœurs de Sainte-Auro (art, i63) ; de Villorrohain, confesseur des Bénédictines de la rue de Beliecbassc iarl. iO(i); Charton-Millon, directeur des Bénédictines du Saintî^cremenl, rue Cassette (art. 200); Gauthier, chapelain des Incurables (art. 170); du Kourc, chapelain des Enfants-Trou véb (art. 174); S<x»iid, aumônier de la l'ilié (art. i7«j); Balmain <arl. i(j5;, Benoil-Vourlet (art. 19O), Béraud du Pérou (art. 197), t'Mis trois pensionnaires chez les Eudistcs; Cay\-Dumas (art. 'l»*'*"y«j)» Gagnier des Granges (art. 90-4), Laugier de Lamanon tari. 3oi); Vareille-Duloil (arl. 211), retirés tous les quatre à "^ainl-François-de-Sales d*Issy ; Bonnaud, de Lyon (art. 381-28:^); Uporte, do Quimpcr (art. 3oo).

3oa LES MVSSACUES

mais des suspects de toute condition : magistrats officiers, fonctionnaires, grands seigneurs et bourgeois, et aussi des soldats qui avaient déserté devant rcnnenii, des malfaiteurs qui avaient essayé de profiter de la confusion générale pour commettre quelque mau\ais coup, des niallieureuv que la misère avait poussés au vagabondage...

Que \oulait-on faire de tous ces prisonniers? Kii particulier, quel sort réservait-on aux prêtres réfraclaires? S'agissait-il simplement de les conduire à la frontière, comme l'édictait une loi impitoyable ? ou \oulait-on les faire périr? Et cette résolution barbare, de noyer dans le sang leur héroïque résistance, quand a-t-elle été prise? Par (pii? Sous la pression de quels événements?

V la fin d'août, de sinistres nouvelles arrivaient à Paris ; le duc de Brunswick avait passé la frontière, à la tète de 80.000 hommes; le 31 la place de Longwy a>ait capitulé ; la nouvelle arri\a le aC, et dans Penthousiasme patriotique, tous voulaient marcher a l'ennemi. Les fédérés reçurent l'ordre de s'avancer vers Soissons. « Gardez-vous en bien, écrivait Marat, on vous trahit : (( en vous éloignant de Paris, on Neut laisser l'Assem- (( blée sans défense, les ennemis du dedans en profilc- « ront pour délivrer le prisonnier du Temple, et ce (( sera le triomplic de la contre-révolution. Débarras- « sons-nous d'abord de ces ennemis du dedans, et, « quand nous les aurons mis hors d'état de nuire, alors (( nous courrons au devant des Prussiens. »

Sous ces excitations, l'Assemblée décréta qu'une perquisition générale serait faite pour découvrir les

LE"* MAS5.VCIIES 3o3

suspects. Du 39 au 3o août, les barrières do Paris furent fermées et des palrouilles allèrent de maison en maison pour y saisir les aristocrates, les réfractaires, les conspirateurs, tous complices de Télranger. Des milliers (l'arresialions furent failes, mais l'ennemi avançait toujours. Le r*^ septembre, on apprenait que les Prussiens étaient entrés à Verdun.

Le bûcher était préparé, bourré de matières incendiaires, il n'y avait qu'un brandon h y jeter pour allumer l'incendie. Le 2 septembre, des bandes de forcenés se ruèrent sur les prisons ; des milliers d'innocents furent odieusement exécutés... et dans ce nombre plus de 200 prêtres K

Est-ce à dire, comme on l'a prétendu, que ces prêtres nut été victimes de vengeances politiques, que c'est en qualité de royalistes, pactisant avec les envahisseurs, qu'ils ont été sacrifiés sur l'autel de la Patrie '^ 11 faudrait on conclure, — et on l'a fait — que c'est à tort (pie l'Eglise poursuit leur béatification et qu'ils ne sont pas morts en témoignant de leur foi.

Tout ce que nous avons vu jusqu'à présent montre combien est fausse une pareille thèse. C'est comme prêtres que nous les avons >u poursuivre, et l'immunité complète du clergé constitutionnel prouve de plus

i. La liste dressée par les soins de Mfçr de Tcil, vice-posliilatcur lie la cause, comprend 317 noms. \jo» fiévoUUions de Paris (n* i05) donnent des journées de septembre un récit très abrégé; elles expliquent qu'on allait ouvrir les prisons pour organiser un massacre général des bons citoyens : il a fallu prévenir ce malheur. ^" > vante \a justice du peuple, de ce peuple humain, équitable... ^oici la conclusion : Il reste encore une prison à vider. 11 s'agit de celle du Temple !

3o4 LES MASSACRES

que c'est comme prêtres insermentés qu'on les a immolés. Us avaient refusé un serment que leur soumission à l'Eglise leur présentait comme un parjure, et l'engagement qu'ils avaient pris de rester fidèles à leur Foi, ils l'ont signé de leur sang. Morientes pro Chris ti nomme ! Us ont donc véritablement conquis la palme du martyre... L l heredes Jîcrent in domo Domini!

Page 1